Hong Kong appelle au soutien de l’Europe

[EPA-EFE/JEROME FAVRE]

« Hong Kong lance un appel à l’aide à l’Europe pour que la Chine accepte les réclamations du peuple hongkongais au plus vite », a déclaré Joshua Wong, l’une des figures de proue des manifestations prodémocratie qui traversent la perle de l’Orient.

Le 21 juillet, des violences ont éclaté dans une gare du district de Yuen Long, au nord-ouest de Hong Kong. Des hommes masqués, armés et vêtus de t-shirts blancs s’en sont pris à des citoyens, des manifestants et des journalistes, faisant au moins 46 blessés, dont un dans un état critique.

Le gouvernement de la RAS de Hong Kong a indiqué dans une déclaration que ces émeutes étaient « absolument inacceptables pour Hong Kong, où la société respecte l’état de droit », ajoutant qu’il « condamnait fermement toute violence et prendra des mesures répressives nécessaires ».

Plus tôt dans la journée, la police avait utilisé du gaz lacrymogène et tiré des balles en caoutchouc pour disperser un groupe de manifestants prodémocratie et avait également procédé à des arrestations. Selon les organisateurs du Front civil des droits de l’homme, quelque 430 000 personnes ont participé à la manifestation de ce dimanche 21 juillet.

La ville est frappée de plein fouet par une série d’émeutes car de nombreux militants prodémocratie craignent que l’autonomie de Hong Kong soit minée par Pékin.

Joshua Wong, militant prodémocratie et secrétaire général du parti Demosisto, a longtemps plaidé pour une réforme électorale et pour que Hong Kong soit plus autonome.

Selon lui, la tentative d’adopter un projet de loi qui permettrait aux autorités de Chine, Taiwan et Macao de réclamer l’extradition de criminels suspectés résidant à Hong Kong est l’exemple le plus récent qui illustre cette autonomie corrompue.

Récemment, la cheffe de l’exécutif à Hong Kong, Carrie Lam, avait déclaré ce projet comme étant « au point mort », après que les Hongkongais s’y étaient fermement opposés, par crainte de voir Pékin appliquer les nouvelles dispositions trop largement afin d’extrader des manifestants prodémocratie.

« Le projet est désormais en suspens, mais il existe toujours dans le programme législatif. Il n’est pas si mort que cela, comme l’avait pourtant annoncé Carrie Lam. Elle ne serait jamais exprimée à ce sujet si une guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ne s’était pas déclarée », a indiqué Joshua Wong. « Voilà qui prouve à quel point la communauté internationale joue un rôle important dans la crise que nous traversons ».

« Nous appelons de nos vœux à la dissolution, et non à la suspension, de ce projet. »

La semaine dernière au Parlement européen à Strasbourg, les eurodéputés ont adopté une motion pour soutenir les manifestants prodémocratie, réclamant au gouvernement de Hong Kong « d’abandonner les chefs d’accusations qui pèsent contre les manifestants pacifistes et de les libérer immédiatement » et exigeant « qu’une enquête soit ouverte sur les pratiques des policiers à l’égard des manifestants ».

Joshua Wong salue le soutien du Parlement européen, mais il espère que Strasbourg pourra œuvrer davantage afin de convaincre Pékin des réclamations du peuple hongkongais.

À ses yeux, la communauté internationale commence à se rendre compte du danger de ce projet d’extradition, pas seulement d’un point de vue moral, mais aussi, car il peut représenter une menace pour le milieu des affaires à Hong Kong, une ville connue pour sa politique économique libérale et ses marchés financiers internationaux. Joshua Wong affirme que la prise de conscience des risques du projet de loi sur l’extradition devrait s’accompagner d’une pression politique accrue sur la Chine.

À la suite de la motion du Parlement européen, c’est au tour des Américains d’exprimer leurs inquiétudes concernant la situation à Hong Kong.

Ce dimanche 21 juillet, le membre du Congrès, Jim McGovern (démocrate) a déclaré que « la violence orchestrée contre les manifestants pacifistes est inacceptable. Les autorités hongkongaises doivent protéger le droit de se rassembler et de manifester de façon pacifiste. Le monde a désormais les yeux rivés sur la perle de l’Orient ».

En revanche, certains pays occidentaux ont aussi été complices des violences perpétrées à Hong Kong. En effet, il est récemment apparu que le Royaume-Uni vendait du matériel de surveillance aux autorités hongkongaises et du gaz lacrymogène utilisé par la police. Jeremy Hunt, secrétaire d’État des Affaires étrangères et du Commonwealth, a depuis mis un terme aux licences d’exportation pour les équipements de maintien de l’ordre à Hong Kong.

En 1997, Hong Kong a été rétrocédé à la Chine, après 156 ans sous régime britannique et est depuis considéré comme une région semi-autonome de la Chine, sous le principe « un État, deux systèmes », donnant au peuple certaines libertés individuelles non autorisées en Chine.

Toutefois, d’après Joshua Wong, cet accord n’est pas respecté. « Pour le moment, nous avons un État et un système et demi. Ici, le gouvernement sert simplement les intérêts de Pékin », déplore-t-il.

« Les législateurs élus ont été renversés par le gouvernement chinois. Les manifestants prodémocratie ont été mis sur la touche après avoir essayé de se présenter aux élections locales. Certains de nos militants ont été emprisonnés. Les menaces sont monnaie courante. »

Joshua Wong, lui-même, a été libéré de prison en juin. Il était derrière les barreaux pour avoir participé aux émeutes du district de Mongko, associées à la « révolution des parapluies » — un mouvement apparu lors d’une campagne prodémocratie en 2014.

« Par rapport à ce qu’endurent les militants sur le continent chinois, je m’en tire bien », a-t-il dit. « J’ai seulement été incarcéré pendant quatre mois. S’ils avaient menacé de me laisser croupir en prison pendant 40 ans, je ne tiendrais probablement pas le même discours ».

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