Iran : Pompeo accuse les Européens de ne pas « lever le petit doigt »

Déjà en février 2020, des manifestations se sont tenues, alors que Mike Pompeo arrive pour témoigner devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants lors de l'audition sur « l'évaluation des politiques de l'administration Trump sur l'Iran, l'Irak et l'utilisation de la force », au Capitole à Washington. [EPA-EFE/MICHAEL REYNOLDS]

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a accusé dimanche les Européens de « ne pas lever le petit doigt » pour empêcher le commerce d’armes avec l’Iran. Ces derniers ont refusé de soutenir le rétablissement, décidé unilatéralement par Washington, des sanctions des Nations unies contre Téhéran.

« Beaucoup de choses se seraient passées si les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies n’avaient pas été rétablies hier soir », a défendu sur Fox News le chef de la diplomatie américaine.

Les États-Unis ont unilatéralement proclamé dans la nuit de samedi à dimanche le retour aux sanctions internationales contre l’Iran, levées en 2015 en contrepartie de l’engagement iranien à ne pas se doter de l’arme atomique.

Cette position a immédiatement été dénoncée par Moscou et les Européens parties prenantes de l’accord sur le nucléaire.

« Ils savent que nous avons raison »

Mike Pompeo a assuré que sans cette initiative, « armes, chars, systèmes de défense aérienne », auraient été acquis par Téhéran « en quelques semaines ».

« Et les Européens ne se sont pas joints à nous dans cette affaire », a déploré le secrétaire d’État, assurant qu’en « privé » les Européens apportent pourtant leur soutien à Washington. « Ils savent que nous avons raison. » Avant de regretter : « Mais ils n’ont pas levé le petit doigt. »

Le responsable américain a dénoncé l’impact de la décision européenne, en prenant pour exemple la situation du Liban.

« Tout le monde veut que le Liban aille mieux », a dit M. Pompeo, à propos du pays meurtri par une explosion tragique il y a un mois et plongé dans une crise politique.

Mais, a-t-il mis en garde, « ces armes que l’Iran va vendre vont atterrir dans les mains du Hezbollah et rendront la vie tragiquement plus mauvaise pour les Libanais ».

Le président français pointé du doigt

Le responsable américain a notamment montré du doigt le président français Emmanuel Macron.

« Le président Macron mène là-bas une initiative et pourtant les Européens ne se sont pas joints à nous pour mettre fin au trafic d’armes », a dénoncé M. Pompeo.

Le geste de défi des Américains au reste du monde risque d’accroître les tensions internationales, surtout que le gouvernement de Donald Trump menace clairement de mettre en place un système de sanctions dites secondaires pour punir tout pays ou entité qui violerait ces sanctions.

Également dimanche matin, lors d’une intervention dans une église au Texas, Mike Pompeo a appelé à des changements politiques en Iran.

« Nous prions pour le peuple iranien, pour qu’il ait le gouvernement qu’il mérite, respectueux de la vie des Iraniens », a-t-il dit.

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