Shinzo Abe craint un Brexit désordonné

Rencontre entre le Premier ministre Japonais, Shinzo Abe, le président du Conseil européen, Donald Tusk et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à Bruxelles, le 25 avril.

Le Premier ministre japonais a enjoint aux dirigeants européens d’éviter à tout prix un Brexit sans accord, lors d’une rencontre sur le renforcement des liens économiques UE-Japon.

Le Brexit inquiète le Japon depuis que les Britanniques ont décidé de quitter l’UE mi-2016. La question a été soulevée une fois de plus lors d’un sommet UE-Japon organisé le 25 avril à Bruxelles.

« Pour le Japon, le Royaume-Uni est la porte d’entrée en Europe », a rappelé Shinzo Abe à Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, les présidents du Conseil et de la Commission. Un message qu’il assure avoir également transmis à la Première ministre britannique, Theresa May.

Malgré les tensions actuelles, le Premier ministre japonais espère un Brexit « en douceur », afin de minimiser l’impact sur l’économie mondiale. « Nous devons éviter par tous les moyens un Brexit sans accord », a-t-il insisté. Les entreprises japonaises ont beaucoup investi dans l’UE et elles ont besoin de « stabilité juridique » afin de poursuivre leurs activités commerciales en Grande-Bretagne.

La rencontre UE-Japon s’est tenue deux mois après l’entrée en vigueur d’un accord de partenariat économique entre les deux puissances. Une fois cet accord pleinement mis en œuvre, presque tous les droits de douane sur les produits industriels seront éliminés des échanges bilatéraux.

« Notre partenariat stratégique n’a jamais été aussi fort. Il repose sur des valeurs communes de démocratie libérale et de droits humains, ainsi que sur notre engagement envers l’ouverture, la coopération et le commerce libre et équitable », a déclaré Donald Tusk.

Des défis anciens et nouveaux, notamment le libre-échange, les changements climatiques, la cybersécurité et la stabilité de la péninsule coréenne, ont rapproché les deux parties ces dernières années.

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Menace chinoise

UE et Japon sont désireux de faire preuve d’unité. L’Europe a besoin de partenaires fiables pour maintenir l’ordre multilatéral contre les attaques des États-Unis et d’une Chine de plus en plus affirmée. Le Japon, quant à lui, cherche des alliés pour le soutenir à l’occasion de sa présidence du G20 cette année.

La Chine est devenue une source d’inquiétude tant pour le Japon que pour les Européens, qui ont qualifié Pékin de « rival systémique ».

Jean-Claude Juncker a insisté une fois de plus sur le fait que la Chine doit « accepter l’idée » de la fin des subventions publiques à l’exportation, tout en exhortant Pékin à reconsidérer le transfert forcé de technologie qu’elle impose aux entreprises étrangères opérant sur son territoire.

Pour sa part, Shinzo Abe a ajouté que « la communauté internationale devrait encourager la Chine à jouer un rôle constructif » dans les affaires régionales et internationales. Tokyo est de plus en plus préoccupé par la position affirmée de la Chine et ses ambitions croissantes dans le Pacifique.

Donald Tusk a pour sa part souligné les liens bilatéraux forts entre l’UE et le Japon, affirmant que les deux parties resteraient « loyales l’une envers l’autre, sans aucun doute ». « Le Japon restera notre partenaire le plus proche en Asie », a-t-il assuré.

Réforme de l’OMC

Pourtant, en dépit des manifestations publiques de compréhension mutuelle, l’UE et le Japon n’ont guère progressé sur des questions clés telles que la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui est une priorité absolue pour les Européens, pour faire face aux tensions dans le système multilatéral.

L’UE et les États-Unis ne s’entendent pas sur la manière de réformer l’OMC, et en particulier son organe d’appel, une question controversée qui devrait être soulevée lors du sommet du G20 en juin à Osaka.

Le Premier ministre japonais, qui fait face aux pressions des deux camps, a tenté de rassurer les Européens en disant que la réunion du G20 enverra un « message fort » à la communauté internationale sur la réforme de l’organisation. Il a toutefois repris à son compte les plaintes américaines, y compris sur les délais des procédures de l’instance d’appel.

« Nous aimerions engager des discussions avec l’UE et les États-Unis », a déclaré Shinzo Abe, ajoutant qu’il attendait avec impatience un « dialogue constructif » entre Bruxelles et Washington au cours des prochains mois.

L’UE craint que si les pays ne parviennent pas à un accord sur la réforme d’ici la fin de cette année, débloquant ainsi la nomination de nouveaux juges à l’organe d’appel, l’OMC ne soit plus en mesure de jouer son rôle d’arbitre du commerce international.

La déclaration commune adoptée le 25 avril indique que « l’UE et le Japon travailleront ensemble pour améliorer les règles actuelles de l’OMC afin de relever les défis du commerce mondial, notamment en ce qui concerne l’élaboration de règles dans des domaines clés, pour des conditions de concurrence égales ».

Dans une référence voilée à la Chine, l’UE et le Japon se sont également engagés à entamer des négociations avec « d’autres membres clés de l’OMC » sur le renforcement des disciplines relatives aux subventions industrielles et à intensifier la coopération pour lutter contre les transferts forcés de technologie.

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Cybersécurité

Par ailleurs, la présidence japonaise du G20 entend mettre l’accent sur les transferts de données, défendant le concept de l’initiative « Data Free Flow with Trust » (« Libre flux de données en confiance », DFFT). Bruxelles et Tokyo soutiennent un « cyberespace ouvert, libre, stable, accessible, interopérable, fiable et sûr ».

Cette question devient critique, car des pays du monde entier, en particulier les États-Unis, ont exprimé leur inquiétude quant à la participation de la société chinoise Huawei au déploiement de la prochaine génération de réseaux de communication (5G).

Bien que les dirigeants n’aient pas parlé d’entreprises spécifiques, Shinzo Abe a insisté sur le fait qu’il est très important d’agir « collectivement » sur ce front, et a rappelé que le G20 avait déjà reconnu l’importance de la sécurité des infrastructures réseau.

Contrairement aux États-Unis et à d’autres pays qui excluent Huawei de la 5G, « l’UE est un marché ouvert », a déclaré Jean-Claude Juncker, ajoutant que tous ceux qui respectaient les règles y étaient les bienvenus et ne seraient pas exclus sur la seule base de leur origine chinoise.

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