Josep Borrell : L’UE veut rester engagée au Sahel « mais pas à n’importe quel prix »

Josep Borrell dit avoir « demandé des garanties concrètes pour assurer l'efficacité de nos missions d'appui aux forces de sécurité » au Sahel. [STEPHANIE LECOCQ/epa]

L’UE veut rester engagée au Mali et au Sahel « mais pas à n’importe quel prix », a averti mercredi (26 janvier) le chef de la diplomatie européenne à l’issue d’entretiens à Bruxelles avec les ministres des Affaires étrangères du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad.

Une réunion entre l’UE et les pays du G5 Sahel a été reportée à cause du coup d’État au Burkina Faso.

« La présidence tchadienne (du G5 Sahel), après avoir consulté avec ses homologues et en accord avec nous, a décidé de reporter la plénière jusqu’à ce que les conditions seront à nouveau réunies », a précisé Josep Borrell.

Il a toutefois reçu pour des entretiens bilatéraux les ministres du Mali, Abdoulaye Diop, de la Mauritanie, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, du Niger, Hassoumi Massoudou, et du Tchad, Chérif Mahamat Zene.

« Cette série de rencontres m’a permis de faire le point sur la situation très préoccupante au Sahel, et notamment sur les derniers événements au Burkina Faso et au Mali. Et sur l’extension de la menace vers les pays voisins », a indiqué le chef de la diplomatie européenne.

« J’ai rappelé notre préoccupation majeure suite au déploiement avéré de mercenaires russes au Mali et des risques importants que ceci fait peser sur les populations civiles », a-t-il dit. « Les méthodes de ce groupe sont incompatibles avec nos efforts collectifs en faveur de la sécurité et du développement ».

Il a rappelé à Abdoulaye Diop « que l’Union européenne souhaite rester engagée au Mali et au Sahel, mais pas à n’importe quel prix ». Il a souligné avoir « demandé des garanties concrètes pour assurer l’efficacité de nos missions d’appui aux forces de sécurité et de défense nécessaires à leur maintien ».

Josep Borrell a également averti « que tout changement dans les conditions de travail de Barkhane et Takuba aura inévitablement des conséquences ».

La France a engagé une « concertation approfondie » avec ses partenaires européens participant au groupement de forces spéciales Takuba au Mali.

Sur les quatre pays du Sahel où est déployée la force antijihadiste Barkhane, trois (Tchad, Mali, Burkina) sont désormais dirigés par une junte militaire.

« L’Union européenne est unie dans sa position d’imposer des sanctions individuelles envers ceux qui entravent le processus de transition au Mali », a encore mis en garde Josep Borrell.

Le chef de la diplomatie européenne a par ailleurs réitéré la condamnation du renversement par la force du président Roch Kaboré du Burkina Faso. Il a réclamé le retour rapide de l’ordre constitutionnel et la libération immédiate de toutes les personnes illégalement détenues, à commencer par le président Kaboré.

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