Joseph Deiss : Il est temps de réformer le Conseil de sécurité de l’ONU

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Si les Nations unies veulent conserver leur crédibilité, les pays doivent arrêter de palabrer et entamer des négociations pour réformer le Conseil de sécurité afin qu'il reflète les nouvelles réalités politiques. C'est ce qu'a déclaré Joseph Deiss, le président de l'Assemblée générale de l'ONU, lors d'un entretien exclusif accordé à EURACTIV.

« La réforme du Conseil de sécurité de l'ONU est sur la table depuis vingt ans déjà, mais aucun progrès significatif n'a été fait. Nous devons à présent entamer les négociations », a expliqué l'économiste et homme politique suisse.

Selon M. Deiss, la solution devra être simple, efficace, flexible, être soutenue par le plus grand nombre et respecter les valeurs fondamentales de l'ONU : la démocratie, la responsabilité et la subsidiarité.

« Nous ne voulons pas nous enfermer dans un modèle qui risquerait de devenir obsolète d'ici quelques années », a précisé M. Deiss.

Commentant les nouveaux modèles de gouvernance économique à la lumière de la crise, M. Deiss a souligné que le G20 avait été utile pour régler la situation rapidement, de manière concertée et coordonnée. « Mais efficacité ne rime pas toujours avec légitimité », a-t-il ajouté.

Le G20 ne peut pas devenir la norme, a-t-il expliqué. « Je pense que la montée en puissance du G20 sur la scène internationale a été un signal d'alarme nécessaire : nous avons absolument besoin d'une gouvernance mondiale pour relever les défis internationaux, mais ce système doit être efficace et représentatif. Il doit combiner leadership, légitimité et expertise », a-t-il déclaré.

Si le G20 peut se targuer d'un avantage relatif concernant le leadership, la légitimité revient à l'Organisation des Nations unies et à son Assemblée générale, a noté le Suisse.

« Avec 192 Etats membres, l'Assemblée générale est presque universelle et représente toute la diversité des intérêts en jeu », a-t-il ajouté.

Même s'il souhaiterait qu'un rôle plus important soit accordé aux puissances économiques émergentes sur la scène internationale, M. Deiss a toutefois souligné qu'un tel rôle s'accompagnerait de droits et de responsabilités.

« Il faut que la Chine et l'Inde soient des partenaires fiables. Elles ont un rôle crucial et constructif à jouer dans les défis du monde d'aujourd'hui, comme le développement des pays pauvres ou le changement climatique. En outre, leur soutien peut être décisif pour les réformes en cours aux Nations unies », a-t-il expliqué, soulignant leur rôle dans la réforme du Conseil de sécurité.

L'UE est un « animal à part »

En réponse à une question sur la gouvernance à l'échelle d'un continent, il a affirmé que le modèle de l'UE ne pouvait pas être exporté tel quel dans d'autres régions. « L'intégration régionale doit prendre en compte les spécificités locales, et sa vitesse ainsi que son ampleur varient d'une région à l'autre », a-t-il déclaré.

Selon M. Deiss, l'Union européenne est « un animal à part » dans le monde d'aujourd'hui.

« D'une certaine manière, la construction européenne va au-delà de la conception westphalienne des Etats souverains et établit une autorité supranationale », a-t-il expliqué.

M. Deiss considère l'UE comme un exemple éclairant de ce à quoi la gouvernance multilatérale moderne peut aboutir au niveau régional. « Il va sans dire que les autres modèles d'intégration devraient, comme l'UE, être fondés sur des valeurs universelles comme la démocratie et les droits de l'Homme », a-t-il ajouté.

Pour lire l'entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

 

 

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