Le Kazakhstan mise sur l’investissement étranger

Beibut Atamkulov, nouveau ministre des Affaires étrangères kazakh. [Inform.kz]

Le président kazakh a remanié son gouvernement.  Le nouveau ministre des Affaires étrangères se voit confier la tâche d’attirer les investissements étrangers.

En décembre, Nursultan Nazarbayev, le président du Kazakhstan, a réorganisé  trois ministères et nommé de nouveaux ministres via une série de décrets présidentiels.  Le ministère des Affaires étrangères en ressort considérablement renforcé. Il bénéficiera à présent de plus de pouvoirs économiques. L’objectif est clairement d’attirer des investissements étrangers et de promouvoir les exportations du pays. Le ministère de l’Investissement et du Développement ne se penchera donc plus sur ces questions.

Le poste a échu à Beibut Atamkulov, un ingénieur ayant travaillé dans le secteur privé et public, diplomate depuis 2006.

Le vice-ministre des Affaires étrangères Roman Vassilenko assure que le remaniement du ministère vise à attirer les investissements et à promouvoir les exportations. Selon lui, l’importante carrière du nouveau ministre lui permettra d’insuffler « une nouvelle énergie et une nouvelle vision » au département.

« Pour les Européens, il est aussi intéressant de savoir que [Beibut Atamkulov] a été consul général du Kazakhstan  à Francfort, où il s’occupait principalement de coopérer avec des entreprises allemandes et européennes », souligne-t-il.

Interrogé sur la raison pour laquelle il fallait mettre davantage l’accent sur l’investissement direct étranger, le vice-ministre a expliqué qu’à l’échelle mondiale, l’investissement étranger diminuait (de 23 % pour 2017, selon la CNUCED) et qu’il était donc important de se concentrer sur un investissement de qualité, associé à des technologies avancées.

En 27 années d’existence en tant qu’État indépendant, le Kazakhstan a attiré 300 milliards de dollars (262 milliards d’euros) d’investissements étrangers. La plupart de ces investissements est injectée dans les industries extractives, principalement le pétrole et le gaz.

« Nous cherchons à moderniser davantage notre économie afin d’atteindre notre objectif de rejoindre les 30 pays les plus développés d’ici 2050. Nous devons donc naturellement intensifier nos efforts pour attirer une gamme diversifiée d’investissements étrangers et de technologies dans le cadre de partenariats mutuellement avantageux », ajoute Roman Vassilenko.

L’agro-industrie, la production de machines, d’équipements et de véhicules à moteur, ainsi que les industries chimique, pharmaceutique, métallurgique et la construction ont été classées parmi les secteurs les plus prioritaires pour attirer les investisseurs. Ce sont les secteurs dont le Kazakhstan bénéficie le plus.

Des préférences fiscales sont offertes pendant dix ans pour l’impôt sur les sociétés et l’impôt foncier, ainsi que pendant huit ans pour l’impôt sur la propriété. Les entreprises peuvent en outre bénéficier d’une subvention à l’investissement, qui prendrait la forme d’un remboursement monétaire pouvant aller jusqu’à 30 % des coûts de construction, d’installation et d’équipement.

Il est également possible de recevoir des subventions en nature de l’État sous la forme de biens publics, y compris l’utilisation gratuite des terres de manière temporaire.

Le Kazakhstan rêve de se faire une place sur la scène internationale

Le Kazakhstan souhaite organiser un sommet réunissant UE, États-Unis, Chine et Russie afin de calmer les tensions de la scène internationale. L’UE semble intéressée.

 

 

Relation stratégique avec l’UE

L’UE est de loin le principal partenaire du Kazakhstan : elle représente près de la moitié de son commerce extérieur et de ses investissements.

« Nous avons l’intention de continuer à renforcer les fondements de cette réussite économique, notamment par l’entrée en vigueur intégrale de l’accord de partenariat et de coopération renforcée (EPCA) entre le Kazakhstan et l’UE et ses États membres », ajoute le vice-ministre.

Le diplomate évoque la coopération industrielle avec des entreprises françaises comme Alstom pour l’assemblage de locomotives électriques au Kazakhstan et la production d’entraînements électriques d’aiguillages pour les chemins de fer, pour un investissement total de 1,2 milliard de dollars (1 milliard d’euros) en 20 ans. Une autre société française, Auber & Duval, aurait investi 70 millions de dollars (61 millions d’euros) dans la production de pièces en titane pour les Airbus européens.

Il existe d’autres exemples, comme la production de wagons de train avec l’entreprise espagnole Talgo. Pour leur part, des entreprises allemandes telles que Knauf, Heidelberg Cement et Bayer mettent en œuvre des projets axés sur la production de matériaux de construction et de produits pharmaceutiques. Dans l’agro-industrie, les multinationales laitières Danone et Lactalis sont également actives au Kazakhstan.

« De plus en plus d’investisseurs européens reconnaissent le potentiel de maximisation de leurs revenus au Kazakhstan, ainsi que les portes ouvertes par une implantation en Asie centrale et à un accès à l’Union économique eurasienne – un marché de plus de 180 millions de consommateurs », souligne Roman Vassilenko.

L’Union économique eurasienne, dirigée par la Russie et composée du Kazakhstan, de la Biélorussie, du Kirghizstan et de l’Arménie, est une union politique et économique d’États d’Europe et d’Asie, fondée sur le même modèle que celui de l’UE.

Autre facteur important à prendre en compte en termes de potentiel d’investissement étranger : la proximité du Kazakhstan avec la Chine et la participation du pays au développement de la Route de la soie du 21e siècle, notamment par le biais de son propre programme de développement des infrastructures Nurly Zhol et de la coopération au sein de l’Initiative Belt and Road.

« Il faut un projet d'intégration unique de la Grande Eurasie »

En amont de la rencontre Asie-Europe (ASEM) qui réunira 51 pays européens et asiatiques, le Président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, appelle à la création d’un large partenariat Asie-Europe.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.