L’UE appelée à réagir face aux violences en Ukraine

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Les affrontements entre les manifestants et le gouvernement en Ukraine ont fait 25 morts cette nuit.  Plusieurs voix s'élèvent en faveur de sanctions de la part de l'Union européenne. 

Ce sont 25 personnes ont trouvé la mort cette nuit à Kiev, dont neuf policiers, rapporte un communiqué du ministère ukrainien de la Santé. Des centaines d'autres ont été blessées, dont beaucoup par des tirs à balles réelles, ont indiqué la police et les opposants. Il s'agit de la journée la plus meurtrière depuis le début de la contestation en Ukraine.

Pour les responsables européen, l'escalade de violence appelle à une prise de décision rapide de l'UE, voire à des sanctions. 

La Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton a appelé à la tenue «d’une réunion extraordinaire ce matin du Comité politique et de sécurité de l'Union européenne (COPS). Toutes les possibilités seront explorées, y compris des mesures restrictives contre les responsables de violations des droits de l'homme et de la répression ».

François Hollande a annoncé aujourd'hui s'être entretenu avec le Premier ministre polonais, Donald Tusk, avec lequel le président a convenu "de la nécessité de sanctions européennes rapides et ciblées à l’encontre des principaux responsables de ces actes".

Le président a par ailleurs demandé à l’Union Européenne "d’engager très rapidement les décisions permettant la mise en œuvre de ces sanctions lors de la réunion du Conseil Affaires Etrangères le 20 février".

Réunis à Paris aujourd’hui à l’occasion d’un conseil franco-allemand, François Hollande et Angela Merkel  vont également exprimer une position commune face à la dégradation de la situation en Ukraine. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'exprimera également  pour appeler l'Union européenne à « donner suite » aux derniers évènements.

Son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, a déjà brandi la menace de sanctions contre les dirigeants ukrainiens.

Plus tôt dans la journée, Elisabeth Guigou, présidente (PS) de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, a recommandé la convocation d'un Conseil européen d'urgence au sujet de l'Ukraine. De son côté, le Président du Groupe PPE au Parlement européen, Joseph Daul, a également appelé les hauts responsables européennes "à organiser au plus vite une réunion extraordinaire, pour prendre les mesures nécessaires et soutenir le peuple ukrainien". 

« Comment peut-on discuter ? »

En Ukraine, les opposants ont appelé le pouvoir à retirer les forces de l'ordre des rues de la capitale pour permettre une désescalade de la situation.

« Le gouvernement doit retirer immédiatement ses troupes et mettre fin à ce conflit sanglant parce que des gens meurent », a déclaré Vitali Klitschko. 

Les violences ont gagné mardi soir au moins trois villes de l'ouest du pays, où des manifestants antigouvernementaux se sont emparés de bâtiments officiels et ont brûlé un commissariat.

Les affrontements ont éclaté quelques heures après un ultimatum de la Sûreté de l'État menaçant de « mesures sévères » les occupants de la place de l'Indépendance. Les manifestants ripostaiennt à l'aide de bombes incendiaires, de feux d'artifice et de pierres à la progression des forces de l'ordre.

Vitali Klitschko a assuré que les manifestants ne quitteraient pas la rue, tout en invitant les femmes et les enfants à quitter Maïdan pour « éviter de nouvelles victimes ».

La Russie, qui avait convaincu Viktor Ianoukovitch de renoncer à signer un accord d'association avec l'Union européenne, décision à l'origine du mouvement de contestation actuel, a mis en cause la responsabilité des pays occidentaux dans les derniers événements.

L’Allemagne évoque des sanctions

Selon Moscou, les violences sont la « conséquence directe de la connivence de responsables politiques occidentaux et des structures européennes qui ont fermé les yeux (…) sur les actions agressives de forces radicales ».

Les États-Unis et l'Union européenne, qui appuient les revendications de l'opposition, ont de leur côté mis en garde Viktor Ianoukovitch contre la tentation de réprimer davantage par la force ce mouvement de contestation.

Le vice-président américain, Joe Biden, a appelé le chef de l'État ukrainien mardi soir pour lui demander de retirer les forces de sécurité des rues de la capitale.

Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, qui a tenté à deux reprises une médiation en Ukraine, a invité le président à « s'attaquer aux racines de la crise ».

L'assaut contre la place de l'Indépendance a été lancé quelques heures après le versement par la Russie d'une nouvelle tranche d'aide de deux milliards de dollars (1,46 milliard d'euros) à l'Ukraine, dans le cadre d'un plan global de 15 milliards de dollars conclu en décembre.

Pour la Présidente de Lituanie, Dalia Grybauskaite, « la violence à Kiev a dépassé les limites. Cela doit cesser. L’usage de la force ne peut pas être une solution. Un accord entre le gouvernement et l’opposition doit intervenir immédiatement. Les autorités du pays doivent soutenir leur peuple, et non leur tirer dessus. Les événements actuels en Ukraine sont incompatible avec la démocratie, le respect des droits de l’homme et des libertés individuelles. La communauté internationale doit prendre toute les mesures en son pouvoir pour restaurer la paix en Ukraine »

Le Président du Groupe PPE au Parlement européen, Joseph Daul, a appellé le Président Ianoukovitch à arrêter de s'en prendre à son propre peuple. « Je suis profondément choqué par les images terribles en provenance de Kiev. Monsieur le Président, il faut arrêter cela tout de suite! Je vous lance un appel: ordonnez aux forces de sécurité de cesser les violences et de se retirer. J'appelle le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso et la Haute Représentante Catherine Ashton à organiser au plus vite une réunion extraordinaire, au plus haut niveau, pour prendre les mesures nécessaires et soutenir le peuple ukrainien. L'Union européenne doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher une guerre civile en Ukraine » a déclaré Joseph Daul. 

Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national à l'Europe et à l'international du PS a affirmé que « la police ukrainienne reconnaît la mort d'au moins cinq civils tués aujourd'hui par les forces de l'ordre lors d'une manifestation à Kiev appelant à la démission du président Viktor Ianoukovich. Le Parti socialiste […] note que cette escalade de la violence est le résultat de la politique du Président ukrainien lequel reste sourd aux aspirations européennes et légitimes de son peuple ».

Philippe Juvin, député européen UMP a pointé les réactions insuffisantes des responsables européens : « Les morts s'amoncellent à Kiev. Pendant ce temps-là, François Hollande pense à son remaniement, Catherine Ashton cause et c’est tout, et Laurent Fabius se contente d’appeler les parties à « la plus grande retenue » avec une autorité dont on voit l'efficacitéCette absence des Européens alors qu'on s'égorge à leur porte montre notre totale inexistence diplomatique. Que faire ? Au moins, y aller, se montrer, témoigner par sa présence physique sur place, son soutien aux manifestants violentés.

Elisabeth Guigou, présidente (PS) de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, a recommandé la convocation d'un Conseil européen au sujet de l'Ukraine. « Je me demande si les deux chefs d'État et de gouvernement (François Hollande et Angela Merkel) ne devraient pas demander la convocation d'un conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement pour que toutes les options soient examinées au niveau le plus élevé », a-t-elle déclaré sur France Info. « On a maintenant le risque d'une guerre civile, il faut absolument tout faire pour que ces violences s'arrêtent. »

La Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton  « Je suis profondément inquiète par l’escalade de la violence à Kiev, et par le nombre de victimes annoncées. J’appelle les gouvernants ukrainiens à régler la crise, et ses causes. Les leaders politiques doivent maintenant assumer leurs responsabilités partagées et rétablir la confiance, afin de créer les conditions réelles à la résolution de la crise politique. Une des solutions proposées devrait inclure la formation d’un nouveau gouvernent avec de nouvelles figures politiques. Il faudrait également songer à une réforme constitutionnelle, et à la préparation d’élections transparentes et plus démocratiques. L’UE se tient prête à soutenir l’Ukraine dans ce processus ».

Le gouvernement ukrainien a annoncé le 21 novembre qu'il avait décidé d'arrêter ses préparations à la signature d'un accord d'association avec l'UE.

À la suite de l'annonce du rejet de l'accord d'association par le président ukrainien, des centaines de milliers d'Ukrainiens ont battu le pavé et réclamé la démission du président. Les manifestations pro-européennes continuent jusqu'à ce jour.

Le 16 janvier, les soutiens du président Viktor Ianoukovitch ont fait passé des lois précipitemment au parlement ukrainien en vue de limiter les manifestations antigouvernementales. La Commission a qualifié ces lois de « choquantes » et de peu respectueuses des principes démocratiques.

Les nouvelles lois, qui font plus d'une centaine de pages, semblent avoir pour but direct de préparer le terrain en vue de faire cesser les manifestations. EURACTIV a pu consulter un résumé en anglais du nouveau paquet législatif ukrainien. Le 28 janvier, le Parlement révoquait ce train de mesures. Au même moment, le premier ministre Mykola Azarov remettait sa démission. Serhiy Arbuzov, un proche allié de Viktor Ianoukovitch, l'a remplacé depuis.

Les combats de rue entre les manifestants anti-Ianoukovitch et la police ont été particulièrement violents, surtout après un durcissement du côté gouvernemental. On décompte six décès et une centaine de blessés. Le nombre a été porté à sept depuis la mort d'un agent de police le 5 février.

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