L’UE autorise l’envoi d’armes aux Kurdes d’Irak

Kurdish peshmerga troops battling Islamic State forces patrol Nineveh province in northern Iraq (Reuters: Ari Jalal)

Les ambassadeurs européens n’ont pas trouvé de position commune concernant la fourniture d’armes aux Kurdes d’Irak afin de lutter contre l’État islamique. Mais les gouvernements qui le souhaitent ont le feu vert pour envoyer des armes en prenant contact avec Bagdad.

À défaut d’accord à l’échelle de l’UE, les États membres ont le droit d’initiative : chaque pays choisira s’il enverra ou non des armes aux Kurdes d’Irak. La Commission européenne a aussi annoncé une aide supplémentaire de cinq millions d’euros pour les personnes déplacées en Irak, ce qui porte l’enveloppe globale à 17 millions d’euros.

Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a demandé à la communauté internationale le 10 août de fournir aux Kurdes des armes pour les aider à repousser les djihadistes.

Le feu vert a été donné mardi par les ambassadeurs des Vingt-Huit, qui ont tenu une réunion exceptionnelle sur l’Irak, l’Ukraine et Gaza.

« Les [ambassadeurs] ont noté la demande urgente des autorités régionales kurdes à certains États membres d’un soutien militaire et souligné la nécessité de considérer cette demande en étroite coordination avec les autorités irakiennes », a déclaré un porte-parole de la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Catherine Ashton.

Pas tous sur la même longueur d’onde

Selon des diplomates, certains États de l’UE se sont opposés à l’envoi d’armes, en faisant valoir qu’il n’y avait pas d’accord général au niveau de l’UE pour le faire, mais qu’ils ne pouvaient empêcher les pays qui le souhaitent de le faire.

Parmi les pays favorables à l’envoi d’armes figurent la France, l’Italie et la République tchèque, indiquent les diplomates. Ils n’ont pas toutefois dit qu’ils allaient mettre leur souhait à exécution, souligne-t-on.

La Commission européenne a par ailleurs activé le Centre de coordination de la réaction d’urgence (CCRU), pour coordonner l’aide pour le compte des 28 États membres, ce qui permettra une distribution plus efficace de l’aide aux réfugiés à l’intérieur de l’Irak.

Le service diplomatique de l’UE va discuter avec les voisins de l’Irak pour voir ce qu’il convient de faire pour la suite, a déclaré le porte-parole de Catherine Ashton, Sébastien Brabant.

De retour d’un déplacement en Irak dimanche, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a demandé à Catherine Ashton de réunir les ministres des Affaires étrangères de l’UE.

>> Lire : Paris incite l’UE à envoyer des armes aux Kurdes d’Irak

L’Italie, qui assure actuellement la présidence de l’UE, a elle aussi appelé à une réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères.

Les ambassadeurs ne se sont pas prononcés mardi au sujet d’une telle réunion. Selon certains diplomates, elle pourrait avoir lieu la semaine prochaine.

Le premier ministre britannique, David Cameron, a jusqu'à présent refusé de soutenir militairement les États-Unis. La Grande-Bretagne préfère envoyer une aide d'urgence dans les monts du Sinjar, refuge pour des milliers de personnes de la secte minoritaire des Yazidi.

Richard Shirreff, commandant suprême délégué des forces alliées en Europe jusqu'en mars 2014, a expliqué au Times of London que les mesures entreprises par la Grande-Bretagne étaient insuffisantes.

« Nous avons des politiciens qui souhaitent pendre position, qui font beaucoup de bruit, mais qui n'osent rien. […] Ce gouvernement est terrifié par toute forme d'intervention qui impliquerait l'envoi de soldats au sol, à l'approche des élections de l'année prochaine », a-t-il déclaré.

Les insurgés de l'État islamique veulent recréer un califat féodal qui s'étendrait de l'Irak à la Syrie. Ces islamistes radicaux ont progressé dans le nord de l'Irak ces dernières semaines. Ils ont ainsi repoussé les forces régionales kurdes en dépit des attaques aériennes américaines.

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