L’UE envisage de protéger les réfugiés syriens

Syria protests small.jpg

Quelque 115 000 réfugiés syriens ont fui les combats dans leur pays. Les organismes d'aide doivent élaborer un plan pour gérer cette urgence humanitaire, ont déclaré des fonctionnaires de l'UE lundi (23 juillet).

« La situation est horrible sur place et change d'heure en heure », a déclaré à la presse Cécilia Malmström, la commissaire européenne aux affaires intérieures, à l'issue d'une réunion à Chypre avec les responsables de l'aide humanitaire.

 

Chypre, qui assume la présidence tournante du Conseil de l'UE, est l'Etat membre le plus proche de la Syrie et en est séparé par un bras de mer de 170 km.

 

Les ministres européens de la justice et de l'intérieur, réunis pour une session informelle, ont pu entendre de la part de l'agence d'aide des Nations unies (HCR) que 115 000 Syriens avaient déjà fui vers la Turquie, la Jordanie, le Liban et l'Irak.

 

En consultation avec l'UE, Chypre a élaboré des plans de secours pour l'évacuation de quelque 200 000 personnes (des détenteurs de passeports de l'UE et des citoyens de pays tiers) dans le cas où la situation viendrait encore à empirer, ont annoncé les fonctionnaires.

 

Les Chypriotes ont souligné que ces plans de secours ne serviraient qu'à faciliter le rapatriement des personnes fuyant la violence et non pas à accueillir des réfugiés syriens.

 

Programme de protection régionale

 

Mme Malmström a quant à elle déclaré que les ministres européens avaient discuté de la mise en place d'un « programme spécial de protection régionale » qui se concentrerait sur l'aide humanitaire, le retour des personnes déplacées, l'intégration et la réinstallation.

 

« Il s'agit d'une réunion informelle, c'est la première fois que nous discutons de la situation en Syrie dans ce contexte, donc c'est un début », a-t-elle expliqué.

 

« C'est une situation que nous observons de près et nous y reviendrons, car, malheureusement, ce conflit ne risque pas de prendre fin dans les semaines à venir », a-t-elle affirmé.

 

Selon les estimations du HCR, 42 000 Syriens ont fui vers la Turquie, entre 30 000 et 34 000 personnes ont fui vers la Jordanie et le Liban respectivement et 8000 vers l'Irak, a déclaré Eleni Mavrou, la ministre chypriote de l'intérieur.

 

L'UE renforce ses sanctions

 

Ces plans sur la protection des réfugiés ont été élaborés alors que les ministres européens des affaires étrangères ont renforcé leur embargo sur les armes et élargi d'autres sanctions ce lundi, dans le but d'accélérer la fin du conflit entre le président Bachar al-Assad et les rebelles qui se transforme en guerre civile.

 

Conformément aux nouvelles règles de l'embargo, les pays de l'UE devront dès mercredi fouiller les avions et les navires qu'ils suspecteraient de transporter des armes, des biens à double usage ou des équipements pouvant servir à la répression en Syrie.

 

« Ces sanctions sont importantes, car elles permettront de fouiller les navires pour en vérifier la cargaison, ce qui pourra, je l'espère, éviter l'acheminement d'armes vers la Syrie », a déclaré la haute responsable de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, lors d'une réunion avec les ministres européens des affaires étrangères à Bruxelles.

 

La décision de l'UE creuse encore un peu plus le fossé avec la Russie qui a fourni des armes au gouvernement syrien et bloqué les tentatives de l'Occident d'adopter une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU menaçant la Syrie de sanctions.

 

Ces nouvelles sanctions comprennent une interdiction pesant sur la compagnie aérienne nationale syrienne qui l'empêche d'atterrir dans les aéroports de l'UE, bien qu'elle soit toujours autorisée à survoler les Etats membres et à y faire des arrêts d'urgence.

 

Les ministres ont ajouté 26 personnes, pour la plupart des militaires, à la liste de celles sujettes à des interdictions de voyager dans l'UE et à des gels d'actifs. L'Union a déjà imposé des sanctions à 49 organisations et à 129 personnes en Syrie.

 

Les détails de ces mesures devraient être rendus publics ce mardi (24 juillet).

 

Les manifestations en Syrie ont commencé à la mi-mars 2011 et ont été inspirées par les soulèvements qui ont eu lieu en Egypte et en Tunisie. Bien que le président Bachar al-Assad ait proposé des concessions et des réformes, le régime poursuit ses actes de répression.

 

L'UE a imposé des sanctions économiques au régime syrien peu après le début des soulèvements. Les sanctions contre la Syrie ont été élargies pour inclure un embargo sur le pétrole, un gel d'actifs et une interdiction de voyager pour les Syriens liés aux actes de répression.

 

Les sanctions ont été renforcées à plusieurs reprises, mais sans réel effet sur la répression.

Council of the European Union:

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.