L’UE participe au financement du sarcophage de Tchernobyl

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Aujourd'hui (19 avril), l'Ukraine se tourne vers l'extérieur et demande davantage d'argent afin de pouvoir limiter les conséquences du pire accident nucléaire de l'histoire. L'UE, qui a déjà versé la plus grande partie des fonds alloués aux projets de Tchernobyl et s'est engagée à payer 110 millions d'euros supplémentaires pour un nouveau sarcophage afin de protéger le réacteur endommagé au moins jusqu'à la fin du siècle.

Les dirigeants du Groupe des huit pays les plus industrialisés et de l'Union européenne se rassemblent à Kiev pour une conférence, 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl alors que la crise nucléaire de Fukushima au Japon a récemment recentré l'attention sur cet évènement historique.

Un projet soutenu par l'Europe prévoit la construction d'une nouvelle chape pour isoler le réacteur n°4, qui avait explosé à Tchernobyl en avril 1986, afin de contenir la radioactivité s'échappant de cet abri de fortune qui renferme encore des centaines de tonnes de matière radioactive.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré lundi que la Commission allouerait 110 millions supplémentaires au financement de projets de réhabilitation du site de Tchernobyl.

« Nous espérons que nos partenaires clés augmenteront également leurs contributions afin que l'abri puisse être terminé d'ici 2015 », a-t-il expliqué.

Toutefois, un fonctionnaire de la Commission, qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat, a affirmé que la somme des fonds serait sans doute bien inférieure aux 740 millions d'euros demandés par l'Ukraine.

« Si nous obtenons plus de 500 millions d'euros, ce sera un succès », a déclaré le fonctionnaire, ajoutant que la contribution du Japon, un des principaux donateurs habituels pour Tchernobyl, n'était pas encore définie.

« Ils essayent d’estimer la somme d'argent dont ils disposent pour régler leurs propres problèmes », a-t-il précisé.

Semaines de commémorations

La conférence des donateurs de mardi a lancé une semaine de commémorations en Ukraine en souvenir de l'explosion de la centrale de Tchernobyl située au nord du pays près de la frontière avec le Belarus.

Un vent dominant du sud-est avait emporté un nuage radioactif vers le Belarus et la Russie ainsi que dans certaines parties d'Europe du nord.

Le bilan humain officiel à court terme de l'accident était de 31 morts, mais de nombreuses personnes sont décédées des suites de maladies liées aux radiations, comme des cancers. Le nombre total de personnes décédées et de personnes qui subissent encore les effets des radiations fait toujours l'objet d'un vif débat.

Prypyat, la ville la plus proche du site, est à présent une sinistre ville fantôme au centre d'une zone d'exclusion presque totalement inhabitée dans un rayon de 30 km. 

L'abri de fortune ou « sarcophage », qui fut érigé pour protéger le réacteur endommagé au cours des huit mois qui ont suivi l'accident, comporte aujourd'hui des fissures et des brèches et n'est donc plus considéré comme fiable.

Les nouveaux projets de conteneur prévoient la construction d'une structure convexe de plus de 100 mètres de faut qui recouvrira le réacteur endommagé afin de le protéger au moins jusqu'à la fin du siècle.

Pendant ce temps, l'actuel abri pourra être démantelé et la matière radioactive sera déplacée vers un endroit plus sûr.

Parmi les dirigeants qui ont participé à la conférence se trouvaient le premier ministre français, François Fillon, dont le pays préside actuellement le G8, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Certains dirigeants pourraient visiter le site de Tchernobyl, situé à environ 110 km au nord de la capitale.

L'accident de Tchernobyl affectera de nombreuses générations et il faudra encore 575 ans avant que le territoire puisse être débarrassé de toute radiation, a déclaré le ministre de l'économie adjoint de l'Ukraine lors d'un entretien exclusif accordé à EURACTIV.

 (EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)

Le 26 avril 1986 au matin, le réacteur quatre d'une centrale nucléaire soviétique située à Tchernobyl (Ukraine) a explosé. L'accident a suscité la panique en Europe de l'Est comme en Europe occidentale dans les semaines suivantes et a entraîné des retombées politiques sur le secteur nucléaire lorsque, quelques années plus tard, plusieurs pays ont décidé de mettre un terme au développement de nouvelles centrales nucléaires et ont mis en place des programmes d'abandon progressif du nucléaire.

Cependant, depuis que le phénomène de changement climatique et que la récente montée en flèche des prix du pétrole figurent parmi les priorités de l'agenda nucléaire, le sombre avenir du secteur nucléaire s'est éclairci, celui-ci redevenant une source éventuelle du futur bouquet énergétique de l'Europe.

Jusqu’à présent, la Commission européenne a versé 470 millions d'euros (la plus grande part des fonds) an faveur des projets de réhabilitation de la zone de Tchernobyl, principalement pour la sécurité nucléaire, mais aussi pour des programmes voués à aider la population locale et à fournir un accès à des soins médicaux de qualité aux familles affectées.

Toutefois, la récente catastrophe qui a eu lieu à la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, suite à un tremblement de terre de magnitude 9,1 et à un tsunami géant le 11 mars, a changé la donne.

Selon les experts, la crise nucléaire au Japon accélèrera l'abandon du nucléaire dans les pays européens et rendra de nombreux projets trop risqués, ce qui pourrait bien accroître la dépendance de l'Europe face au gaz.

Les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et Fukushima sont au plus niveau maximum sur l'Echelle internationale des évènements nucléaires (INES)

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