L’UE va presser Ankara d’en faire plus contre l’État islamique

Federica Mogherini, la nouvelle Haute Représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité à Bruxelles

Federica Mogherini, la nouvelle Haute Représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité à Bruxelles

Trois hauts responsables de l’Union européenne sont attendus les 8 et 9 décembre  en Turquie pour appeler Ankara à coopérer plus étroitement dans la lutte contre l’organisation État islamique.

Une délégation constituée de Federica Mogherini, la nouvelle Haute Représentante de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité commune ainsi que les commissaires à l’Élargissement, Johannes Hahn, et à l’Aide humanitaire, Christos Stylianides, va se rendre en Turquie en début de semaine (8 et 9 décembre) pour aborder la question de la lutte contre l’Etat islamique.

Les trois membres de la Commission européenne devraient également insister pour que la Turquie n’aide pas la Russie à se soustraire aux sanctions que lui ont imposé les Vingt-Huit.

Signal fort

« Cette visite est un signal fort de l’importance stratégique de la relation entre l’UE et la Turquie et de notre désir d’intensifier notre engagement », souligne Mogherini dans un communiqué.

Les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE, qui ont officiellement débuté en 2005, se heurtent à des obstacles politiques, à commencer par la question chypriote, et à de vives résistances de certains États européens.

Mais la nouvelle Commission européenne, en place depuis novembre, espère relancer un dialogue bilatéral régulier avec Ankara sur leurs intérêts stratégiques communs.

>> A lire aussi : Le commissaire en charge du voisinage juge la Turquie prioritaire

De sources européennes, on souligne que la lutte contre les djihadistes de l’État islamique sera au cœur des entretiens avec le président Recep Tayyip Erdogan et le premier ministre Ahmet Davutoglu.

Avec ses 1.200 km de frontière commune avec la Syrie et l’Irak, la Turquie est en première ligne et les milliers d’Européens qui se sont rendus en Syrie pour rejoindre l’État islamique ou d’autres groupes islamistes armés ont transité par son territoire.

L’UE souhaite que la Turquie l’aide à identifier les candidats au djihad, explique un responsable européen.

Les représentants de Bruxelles, qui se rendront également dans un camp de réfugiés, annonceront aussi un accroissement de l’aide européenne à la Turquie pour l’aider à faire face à l’afflux de populations en provenance de Syrie et d’Irak.

>>Lire : La Turquie affirme être prête à combattre Daesh auprès des Européens

Sur le volet russe, Ankara ne s’est pas associé aux sanctions occidentales imposées à Moscou en réaction à sa politique ukrainienne.

Mais les Européens ne désespèrent pas de rallier la Turquie à leur cause ou, à tout le moins, de ne pas tirer avantage de la situation en se substituant aux exportations européennes affectées, ajoute ce même responsable.

La venue de cette « troïka » européenne survient une semaine après la visite de Vladimir Poutine lors de laquelle la Russie a annoncé l’abandon du projet de gazoduc South Stream et présenté la Turquie comme partenaire préférentiel d’un projet alternatif.

>>Lire : L’UE veut instaurer un « cordon sanitaire » autour de l’État islamique

Les relations entre la Turquie et la Communauté économique européenne (CEE) remontent à 1959. Il a toutefois fallu attendre de nombreuses années, jusqu'au Conseil européen d'Helsinki de décembre 1999, avant que le pays n'obtienne le statut de pays candidat à l'adhésion à l'UE.

L'UE a ouvert les négociations d'adhésion en octobre 2005, mais de nombreux obstacles de taille ralentissent les progrès d'Ankara, en particulier en ce qui concerne les relations de la Turquie avec Chypre, les droits de l'Homme et des minorités, ainsi que la liberté d'expression.

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