L’UMP peine à afficher un front uni sur l’Europe

Nadine Morano, Jean-François Copé et Michèle Alliot-Marie, le 24 avril au siège de l'UMP / EURACTIV.fr

Le parti de Jean-François Copé a présenté son programme et certains de ses candidats pour les élections européennes. Les débats restent intenses au sein du parti, dont le programme évoque la sortie de l’espace Schengen.

L’UMP a – enfin — présenté son programme pour les élections européennes, jeudi 24 avril, à défaut de présenter des listes finalisées. Le parti de droite qui n’a encore choisi personne pour les DOM-TOM attend donc le dernier moment pour déposer ses listes, qui doivent être remises au ministère de l’Intérieur le 2 mai 2014 dernier délai. Soit trois semaines avant les élections.

La campagne express du principal parti de droite a fait l’objet d’une longue préparation, et a fait naître de nombreux débats au sein même du parti, qui peine à présenter un visage uni sur les sujets européens.

Le président du parti, Jean-François Copé, a néanmoins tranché jeudi : « quand on porte les couleurs de l’UMP, on ne peut pas dire n’importe quoi sur l’Europe » a-t-il répété.

Disenssions internes

Au sein même des listes UMP, les dissensions sont patentes. Rachida Dati, numéro deux sur la liste Paris Ile de France et maire du 7e arrondissement n’a d’ailleurs pas assisté au lancement de la campagne. Elle avait, il y a peu, soutenu les positions d’Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et député de Boulogne, qui avait déclaré qu’il ne voterait pas pour l’UMP aux élections européennes…en raison de la présence d’Alain Lamassoure en tête de liste. « Je ne voterai pas pour l’incarnation d’une ligne qui est à l’opposé de ce que je pense et de ce que je crois être dans l’intérêt de mon pays » avait-il assuré. Ce à quoi Rachida Dati avait répondu en montrant peu de solidarité avec son colistier, assurant qu’« Henri Guaino  est une voix qui compte à l’UMP ».

Autre électron libre sur le sujet européen, Laurent Wauquiez, maire du Puy-en-Velay et ancien ministre chargé des Affaires européennes ?assurait récemment qu’il fallait faire « exploser l’Europe » et plaider pour le protectionnisme. 

« Nous avons eu des débats intenses, et il y a des idées qui ont surgi certes…mais le parti ne peut pas les endosser. Par exemple, celle du protectionnisme…c’est Juppé qui a dit que c’était une idée stupide, et il a raison ! D’autres ont avancé l’idée d’une Europe à 6, sans le Luxembourg…tout cela est bien joli mais absurde, donc il faut dire stop : nous ne sommes pas un parti populiste, nous sommes un parti de gouvernement » a rappelé, le président du mouvement.

Les questions de frontières en première ligne

Dans le programme de l’UMP présenté jeudi, la première proposition porte sur une « Europe sûre de ses frontières ».

Le parti y prévoit de mettre en place « une discipline commune aux frontières et un gouvernement politique de Schengen en nommant un commissaire européen à l’immigration » et propose aussi de renforcer l’ensemble du dispositif.

« Sans progrès sérieux dans les 12 mois, nous pourrions suspendre la participation de la France aux accords de Schengen » assure le programme du parti.

Interrogé par EURACTIV sur les modalités de cette sortie de Schengen, Jean-François Copé a estimé que « Schengen ne marche pas bien et manque de pilotage politique, ce qui aboutit à ce que l’on ait des frontières poreuses. C’est aussi parce que la voix de la France ne se fait pas entendre en Europe » a assuré l’homme politique, qui reconnaît que faute d’être au pouvoir, l’UMP ne peut pas faire sortir la France de Schengen. Le parti veut en revanche faire des propositions au sein du Parlement européen pour faire bouger les lignes.

« Nous pourrions augmenter les capacités financières de Frontex comme le Traité de Lisbonne nous y autorise, et cela aurait déjà du être fait » suggère de son côté Michèle Alliot-Marie.

« Lorsque j’étais au gouvernement, j’avais demandé que l’on reporte l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Europe, et ça avait été fait. Mais aujourd’hui la France ne dit rien sur le sujet et au contraire se laisse déborder par les flux migratoires » rappelle Brice Hortefeux, tête de liste dans le Massif central. L’ancien ministre de l’Intérieur souligne que les reconduites à la frontière en France ont chuté de 25 % alors que les régularisations augmentaient de 30 % en 2013.

Small Business Act et Europe à géométrie variable

Le reste du programme de l’UMP est moins surprenant, avec notamment un projet des Small Business Act et de Buy European Act, qui permettrait aux sociétés dont l’outil de production est installé en Europe d’avoir un accès préférentiel aux marchés publics européens. Une riposte au Buy American Act qui limite l’accès des entreprises européennes aux contrats de l’administration américaine.

« Il est indispensable que l’action de la Banque centrale européenne, en plus de son rôle dans la lutte contre l’inflation et en faveur de la stabilité monétaire, soit davantage tournée vers le soutien à la croissance et à l’emploi, affirme également l’UMP, qui veut ?«la convergence fiscale et sociale au sein de l’Union ».

L’UMP plaide aussi pour une Europe à géométrie variable en fonction des compétences de chacun : avec la Finlande et le Royaume-Uni sur le nucléaire, avec les pays du Sud sur les questions d’immigration, ou encore sur les questions maritimes avec le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Irlande. 

L’UMP veut enfin inciter l’UE à se doter d’une politique et de moyens de défense communs.

 

L'UMP, principal parti de droite en France, est le dernier parti français à présenter son programme pour les élections européennes du 25 mai. Contrairement aux élections précédentes, l'UMP ne fera pas campagne avec les centristes du parti UDI, qui se sont rapprochés d'un autre mouvement centristes, le MoDem, et font campagne sous la bannière "Les Européens".

Le parti prévoit de faire campagne dans une période très courte, soit à peine à un mois. Une centainte de réunions sont prévues, et 6 millions de tracts et affiches vont être imprimés. La campagne se terminera par un grand meeting dans la capitale le 21 mai.

 

  • 21 mai : meeting final de l'UMP à Paris avant les élections européennes

Le site de l’UMP pour les élections européennes

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