La Commission européenne menacée par des jihadistes de retour de Syrie

Le Berlaymont, siège de la Commission européenne à Bruxelles (Credit: [eFesenko]/Shutterstock)

Deux personnes arrêtées en Belgique auraient planifié un attentat à Bruxelles. Cette arrestation pose la question du sort des jihadistes de Syrie de retour en Europe.

La Commission européenne figurait parmi les cibles possibles de jihadistes revenus de Syrie, a annoncé samedi la chaîne de radio-télévision néerlandaise publique NOS. Selon NOS, au moins deux des personnes arrêtées par les autorités belges venaient de La Haye. « Ils préparaient un attentat. L’une des cibles était le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles », indique NOS, citant des sources anonymes.

« Les commissaires n’étaient pas visés individuellement. L’action devait ressembler à l’attaque du Musée juif (…) avec pour objectif de tuer un maximum de personnes », a ajouté NOS.

« Nous sommes au courant de l’information », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la Commission. « Nous sommes sûrs que les autorités nationales suivent l’affaire de manière appropriée ».

Plusieurs attentats déjoués

Les bâtiments de la Commission à Bruxelles abritent plusieurs milliers de fonctionnaires dont les hauts responsables des responsables de la gestion au quotidien de l’Union et de ses 28 pays.

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Bruxelles abrite également le quartier général de l’OTAN et de plusieurs autres compagnies et organisations internationales, mais les mesures de sécurité y adoptent un profil bas et sont discrètes.

Le journal belge L’Echo a rapporté plus tôt dans la journée que les autorités belges avaient empêché plusieurs attentats de jihadistes revenus au pays après avoir combattu en Syrie et qui sont des sympathisants du groupe État islamique (EI).

400 Belges ont été se battre en Syrie

On estime à quelque 400 le nombre de personnes de nationalité belge qui sont allées se battre en Syrie, dont environ 90 sont rentrées, selon l’Echo. « Nous partons du principe que, parmi eux, un sur neuf a l’intention de commettre un attentat. C’est une évaluation conservatrice, quand on tient compte des gens qui peuvent leur venir en aide », a expliqué une source au journal.

Selon L’Echo, plusieurs personnes ont été arrêtées, mais les autorités ne veulent pas dévoiler quelles étaient les cibles potentielles, pour ne pas affoler le public. La Belgique, comme d’autres pays européens, s’inquiète du nombre croissant de ses ressortissants qui vont combattre en Syrie et en Irak et risquent de rentrer au pays encore plus endurcis et radicalisés.

En juin, un tribunal a ordonné un procès contre 46 personnes soupçonnées d’être membres de Sharia4Belgium, un groupe islamiste radical accusé de recruter de jeunes combattants pour la Syrie.

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Ces dernières années, les pays européens doivent faire face à un nombre croissant de jeunes recrutés par des mouvements idéologiques radicaux. Certains de ces citoyens s’engagent à commettre des actes terroristes au sein des États membres. D’autres rejoignent des groupes de combat dans des pays en guerre à l’extérieur de l'UE, on les appelle des« combattants étrangers ».

L'UE avait adopté une stratégie en 2005 afin de combattre la radicalisation et les recrutements au sein de groupes terroristes. La Commission a lancé le réseau européen de sensibilisation à la radicalisation (RAN) en septembre 2011. Ce réseau permet aux chercheurs européens, aux intervenants et aux ONG d'échanger des informations en vue d’endiguer au mieux le phénomène de radicalisation.

La communication de la Commission du 15 janvier 2014 vient s’inscrire dans ce processus. Elle entérine concrètement les progrès à réaliser dans l'organisation de la prévention contre ce fléau.  En janvier 2013, Cecilia Malmström, commissaire aux Affaires intérieures, avait publié un communiqué de presse, dans lequel elle mettait en garde les États membres envers une montée de la radicalisation au sein de l'UE

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