La Commission remonte ses manches face à la propagande russe

Johannes Hahn, commissaire européen à la politique européenne de voisinage et aux négociations d'élargissement.

La Commission est consciente de l’intensification de la propagande russe dans le contexte de la crise ukrainienne. Et sait comment y faire face, a assuré le 1er décembre Johannes Hahn, le commissaire européen à la politique européenne de voisinage et aux négociations  d’élargissement.

Johannes Hahn a rencontré la presse à son retour d’une visite en Ukraine les 27 et 28 novembre, lors de la première session du nouveau parlement ukrainien et de la réélection au poste de premier ministre d’Arseni Iatseniouk. À cette occasion, EURACTIV a demandé au commissaire comment il comptait réagir face à la propagande russe, qui s’attaque non seulement à l’Ukraine, mais aussi aux pays occidentaux.

« Nous sommes tout à fait conscients de l’intensification de ces ‘efforts de communication’, appelons-les comme ça, de la part de la Russie et nous avons des pistes pour y faire face », a-t-il répondu, prenant soin de remplacer le mot « propagande » par un équivalent moins négatif. Le commissaire au voisinage a expliqué qu’il était difficile de réagir à cette campagne de propagande parce que, contrairement à leurs équivalents russes, les médias européens sont indépendants. « Nous allons néanmoins les contacter », assure Johannes Hahn.

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Durant sa visite en Ukraine, le commissaire a pu rencontrer les représentants des principaux médias du pays, avec qui il a évoqué le sujet. « En Ukraine, ce genre de propagande n’aura probablement pas de réel impact. Les événements de l’année dernière ont sans aucun doute contribué à ce que l’Ukraine et les Ukrainiens se définissent comme une nation à part entière », ajoute le commissaire, laissant échapper le mot qu’il se refusait de prononcer.

Le nouveau gouvernement ukrainien devrait être approuvé dès le 2 novembre, a expliqué Johannes Hahn, ajoutant que l’orientation pro-européenne du nouveau gouvernement est évidente et celui-ci devrait être approuvé par le parlement avec une « écrasante majorité ». Selon lui, « tout le monde », à la fois les citoyens et l’UE, souhaite voir les promesses des dirigeants pro-européens se réaliser.

Un « investisseur amical »

Le FMI aurait déjà mené à bien une évaluation dans le but de délivrer ses deux tranches d’aide suivantes, qui représentent quelque 2,16 milliards d’euros. Le commissaire européen était d’ailleurs en mesure de confirmer que la deuxième tranche d’aide macro-financière à l’Ukraine serait versée très prochainement, et que le commissaire aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, ferait une déclaration à ce sujet dans la semaine.

L’UE n’est pas un donateur, selon l’Autrichien, mais se place plutôt dans la position d’un « investisseur amical ». « [L’Union] veut quelque chose en retour, explique-t-il, non seulement de manière concrète, mais également en ce qui concerne l’offre de perspectives aux Ukrainiens, ou la transformation de l’exode des compétences en « circulation des compétences ». L’Ukraine ne devrait pas seulement être le bénéficiaire de l’aide, mais aussi un pays où l’investissement est possible. Johannes Hahn a aussi annoncé qu’au début de l’année prochaine la Commission organiserait un événement non pas baptisé « conférence des donateurs », mais conférence de réforme.

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Le commissaire s’est par ailleurs personnellement engagé à se rendre en Ukraine au moins une fois par trimestre. Il est important que l’Ukraine s’attèle aux problèmes que l’UE considère prioritaires, selon lui, comme par exemple « tout ce qui a trait à l’État de droit, afin de combattre la corruption ».

Cela ne se résume pas à l’adoption de mesures légales, avertit cependant le commissaire. « Il s’agit aussi d’appliquer ces mesures. Nous devons pouvoir juger de résultats visibles et durables pour déterminer le succès de la lutte contre la corruption. Même chose pour la décentralisation : il faut mettre en œuvre, former les gens, composer des équipes adéquates, etc. » Les dirigeants ukrainiens se sont engagés à décentraliser le pouvoir suite aux reproches qui leur étaient adressés par certaines régions.

Bruxelles souhaite à présent voir une feuille de route des réformes incluant des échéances et les premiers résultats obtenus. « Il s’agit d’une sorte de mesure de restauration de la confiance », souligne Johannes Hahn.

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