La France émet ses réserves face à la proposition de réforme de l’OTAN

View of the room [OTAN]

Mercredi 17 février, les ministres de la défense de l’OTAN ont discuté pour la première fois des propositions de réforme du secrétaire général Jens Stoltenberg. Certains membres, dont la France, ont toutefois laissé entendre qu’ils étaient plutôt sceptiques à l’égard de cette présentation.

Le nouveau rapport sur la réforme de l’OTAN, compilé par un groupe d’experts et présenté en décembre, a formulé des recommandations sur la manière dont l’alliance militaire devrait relever les nouveaux défis qui se présentent à elle.

Les propositions comprennent la mise à jour du document stratégique principal officiel de l’OTAN, son « Concept stratégique », qui pourrait prendre en compte les capacités militaires chinoises croissantes et la concurrence stratégique russe.

Trois d’entre elles se distinguent particulièrement : la réduction des blocages par pays, les « Coalitions de Volontaires » et l’accroissement des pouvoirs de médiation du secrétaire général.

Entre autres choses, il comprend également la proposition de financer les mesures de dissuasion et de défense au moins partiellement sur un budget communautaire.

« Renforcer notre engagement en matière de dissuasion et de défense, en incitant les Alliés à contribuer davantage aux capacités, et assurer un partage plus équitable des charges », a déclaré M. Stoltenberg aux journalistes à Bruxelles.

Les membres de l’Alliance n’auraient plus à supporter eux-mêmes tous les coûts si, par exemple, ils participent au stationnement de troupes dans les États baltes ou à des missions de surveillance aérienne.

Les propositions de réforme, que les dirigeants de l’OTAN devraient examiner lors d’un sommet à Bruxelles prévu pour la fin de cette année, peut-être en juin, visent à convaincre le successeur de Donald Trump, Joe Biden, de soutenir fermement l’OTAN et à apaiser les alliés frustrés par ce qu’ils considèrent comme l’échec de l’alliance à coordonner au niveau politique.

Réserves françaises

Mais selon certains diplomates de l’OTAN, la ministre française des forces armées, Florence Parly, avait reproché à Jens Stoltenberg d’avoir discuté en public de certaines de ses idées de réforme pour 2030 avant de les aborder lors d’une réunion avec les alliés.

La France avait mis en route le processus de révision de 2030 en premier lieu après que le président Emmanuel Macron a déclaré que l’OTAN connaissait une « mort cérébrale ».

Ministre : tout éloignement de l'OTAN creuserait les divisions au sein de l'UE

Toute tentative visant à distancer l’Union européenne de l’OTAN ne ferait que creuser les divisions entre les États membres de l’UE, a fait savoir le ministre portugais de la Défense, João Gomes Cravinho.

L’un des points critiques était le scepticisme de Paris à l’égard de l’idée d’un « nouveau » système de financement qui prendrait également en compte les emplois militaires, la participation aux missions et aux opérations, a déclaré un diplomate de l’OTAN à EURACTIV.

En tant que pays participant à des opérations militaires internationales, notamment en dehors de l’OTAN, il ne bénéficierait donc probablement pas beaucoup du nouveau système de financement.

En outre, le nouveau règlement pourrait signifier que les alliés doivent participer comparativement beaucoup aux opérations, même s’ils sont politiquement plus critiques et n’ont donné leur consentement que pour des raisons de cohérence politique de l’alliance.

[édité par Mathieu Pollet]

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