La Grèce annonce des peines plus sévères pour les délits sexuels

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a également annoncé le lancement d'une nouvelle plateforme de signalement [EPA/MENAHEM KAHANA]

Le code pénal grec sera modifié afin de prévoir des peines plus sévères pour les délits sexuels, a déclaré le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis dans un discours parlementaire jeudi (25 février) lors du débat sur la qualité de la démocratie et du discours public, ajoutant que « pour les mineurs, la prescription est suspendue jusqu’à ce que la victime atteigne l’âge adulte, avec de nouvelles limites d’âge ».

Se référant à l’émergence du mouvement grec #MeToo, le premier ministre a annoncé le lancement d’un portail web central appelé metoo.gov.gr, qui acceptera les plaintes déposées en temps réel.

« Nous mettons en place un registre spécial pour tous les professionnels qui sont en contact avec des enfants et des adolescents. Ce registre, dont disposent tous les pays sérieux, fonctionnera en coopération avec le ministère de la justice, la police grecque, les autorités policières. La Convention sur la violence et le harcèlement de l’Organisation internationale du travail sera bientôt ratifiée par le Parlement. Des codes de conduite obligatoires sont en train d’être établis dans chaque entreprise », a-t-il expliqué.

Violences sexuelles : l'omerta se brise en Grèce

Un nombre croissant d’artistes grecs signalent depuis quelques jours des cas de harcèlement sexuel dans le monde du sport, de la télévision et du théâtre, révélant ainsi le secret bien caché de la Grèce.

Le PM a également demandé à l’opposition de donner une réponse cohérente contre des phénomènes tels que les abus sexuels ou le viol, et a soutenu l’idée d’une ligne commune entre les partis politiques.

M. Mitsotakis a également manifesté son soutien à la ministre de la Culture, Lina Mendoni, accusée de ne pas avoir réagi à temps aux cas de harcèlement sexuel dans le secteur artistique. « Je pense que Mme Mendoni est une ministre très efficace. Grâce à elle, d’importants projets progressent, tels que le développement de l’ancien aéroport d’Elliniko, le métro de Thessalonique, la Galerie nationale, tandis que l’Acropole a été rendue accessible aux personnes handicapées », a fait savoir le Premier ministre grec.

En réponse, Alexis Tsipras, principal chef de l’opposition, a déclaré que le Premier ministre était « politiquement responsable de la façon dont Mendoni a traité les accusations portées contre l’ancien directeur artistique du Théâtre national ».

« Une tentative de dissimulation n’a-t-elle pas eu lieu sous nos yeux ? N’y a-t-il pas eu un effort pour présenter le scandale Lignadis comme un désagrément pour rien ? N’a-t-on pas essayé de présenter les accusations comme une violation de la présomption d’innocence ? Je ne crois pas qu’un ministre fasse du chantage au Premier ministre. La seule supposition dont on doute aujourd’hui est celle de votre innocence politique », a déclaré M. Tsipras.

[édité par Mathieu Pollet]

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