La guerre dans l’espace a déjà commencé, la Russie espionne la France

Avec les satellites CERES, la France se dote du nec plus ultra dans le renseignement militaire. [DR]

Le satellite russe Luch-Olymp a espionné le satellite de télécoms militaire franco-italien Athena-Fidus. Explications de notre partenaire, La Tribune.

Quel coup de canon de Florence Parly ! Dans le cadre de la militarisation de l’espace, la ministre des Armées a pour la première fois donné officiellement un exemple précis d’espionnage d’un satellite de télécoms franco-italien, Athena-Fidus par le satellite russe Louch-Olymp. Ce qui se savait dans les cercles d’initiés a été révélé au grand public lors d’un discours de Florence Parly prononcé dans le site du CNES à Toulouse. Au-delà de cette opération d’espionnage, la ministre souhaite renforcer la politique spatiale française dans le domaine et de revoir sa gouvernance.

« Je voudrai vous raconter une histoire, a commencé la ministre. Un satellite au nom latin, Athena-Fidus. Un satellite précieux puisqu’il permet des communications militaires sécurisées. Un satellite qui depuis 2014 nous permet d’échanger des informations, de planifier des opérations, de garantir notre sécurité. Mais voilà. Alors qu’Athena-Fidus continuait sa rotation tranquillement au-dessus de la terre, un satellite s’est approché de lui, de près, d’un peu trop près. De tellement près qu’on aurait vraiment pu croire qu’il tentait de capter nos communications. Tenter d’écouter ses voisins, ce n’est pas seulement inamical. Cela s’appelle un acte d’espionnage. Et ce satellite aux grandes oreilles s’appelle Luch-Olymp, satellite russe bien connu, mais un peu… indiscret. Nous l’avions vu arriver, et avons pris les mesures qui s’imposaient. Nous le surveillons attentivement, nous avons d’ailleurs observé qu’il a continué de manœuvrer activement les mois suivants auprès d’autres cibles, mais demain, qui dit qu’il ne reviendra pas auprès d’un de nos satellites? »

Ces actes d’espionnage dans l’espace ne sont pas nouveaux. L’armée de l’air française a reconnu avoir identifié en 2012, puis 2013 et, enfin, en 2015, des engins spatiaux qui se sont approchés de satellites militaires français. Ces satellites sont d’ailleurs restés à leur contact pendant une période relativement longue. Très certainement pour les écouter. Il détecte également les vols en formation de satellites.

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Une prise de conscience

Face à la militarisation de l’espace, Florence Parly a regretté que la France n’ait pas fait les efforts nécessaires. « Depuis quelque temps, alors que nos voisins changeaient en partie la nature de l’espace, qu’avons-nous fait ? Pas grand-chose », a-t-elle affirmé. « Pas assez en tous cas. Non, nous ne sommes pas protégés contre ces menaces. Non, l’espionnage et les actes offensifs, ça n’arrive pas qu’aux autres. Oui, nous sommes en danger, nos communications, nos manœuvres militaires comme nos quotidiens sont en danger si nous ne réagissons pas ». Pour les Armées, l’enjeu est très simple : « il s’agit de conserver notre liberté d’appréciation, d’accès et d’action dans l’espace demain comme aujourd’hui », a rappelé Florence Parly

Depuis un an, la France a décidé de mettre la question du spatial militaire au centre de la stratégie du ministère des Armées. Ainsi, la Revue stratégique a étudié en détail la question de l’espace. La loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 va lancer le renouvellement de toutes les capacités spatiales (télécoms, observation). Elle prévoit un budget de 3,6 milliards d’euros pour le spatial, qui permettront notamment de financer le renouvellement des satellites d’observation (CSO) et de communication (Syracuse), ainsi que la modernisation du radar de surveillance spatiale Graves.

« La France est et sera une puissance spatiale, a affirmé Florence Parly. Cela signifie que nous allons garder notre liberté d’accès à l’espace. Cela signifie que nous nous donnerons les moyens d’agir et de surveiller. Cela signifie que nous construirons une véritable autonomie stratégique spatiale. »

Le ministère a également mis en place une équipe dédiée pour réfléchir à une nouvelle doctrine pour le spatial militaire. Elle a une consigne simple : « ne vous interdisez rien », a souligné la ministre. Elle rendra ses conclusions « dans quelques semaines » à Florence Parly. Et d’ici à la fin de l’année, la ministre pourra présenter au président de la République une stratégie spatiale de défense.

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