La Hongrie et la Slovaquie relient leurs réseaux gaziers

Viktor Orbán and Robert Fico

Viktor Orbán and Robert Fico. [Shutterstock]

La Hongrie et la Slovaquie ont raccordé leurs réseaux gaziers. Cette connexion s’inscrit dans l’effort européen pour diminuer la dépendance de l’Union européenne vis-à-vis de la Russie.

La connexion du réseau gazier hongrois avec le réseau slovaque a eu lieu le 27 mars dans la ville hongroise de Szada, à 28 km de Budapest. La connexion permettra à la Hongrie de réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie en s’approvisionnant via d’autres sources gazières en Europe, une fois le gazoduc opérationnel.

Le nouveau gazoduc de 111 km possède une capacité de 5 milliards de mètres cubes par an (bcm/y) et devrait être en fonctionnement à partir de 2015.

La Hongrie importe environ 80 % de son gaz de la Russie. L’interconnexion des réseaux de gaz entre la Hongrie et la Slovaquie fait partie du corridor nord-sud, un projet européen dont l’objectif, à terme, est de réduire la dépendance vis-à-vis de l’Est.

Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a déclaré en compagnie de son homologue slovaque Robert Fico, devant un parterre de journaliste que ce projet était une opportunité pour la Hongrie de diversifier ses sources d’approvisionnement en gaz. L’opérateur Eustream, responsable du transport de gaz, a déclaré que le tronçon du gazoduc en Slovaquie était terminé et a précisé qu’il était déjà rempli de gaz à des pressions permettant son opérationnalité. Le pays espère pouvoir commencer à tester la nouvelle interconnexion en juillet prochain, a annoncé le premier ministre slovaque.

Eustream a indiqué que la nouvelle interconnexion permettra à l’avenir à la Slovaquie de s’approvisionner en gaz naturel liquide (GNL) auprès de la Croatie.

« [Le gazoduc] permettra à la Slovaquie de se raccorder au projet de corridor gazier du sud ou au terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) croate. La Hongrie aura un nouvel accès au réseau gazier occidental, » a ajouté Eustream dans un communiqué.

Le conflit russo-ukrainien

Suite à la crise sur les prix du gaz entre la Russie et l’Ukraine en 2009, l’UE a un intérêt renouvelé pour densifier son réseau gazier. Le désaccord entre Kiev et Moscou avait eu pour conséquence de stopper le transit gazier par l’Ukraine, privant l’Europe centrale et sud-orientale de gaz en pleine saison hivernale.

Les États d’Europe centrale et orientale, dont l’Autriche, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, ont tous fait de grands progrès dans la mise en connexion de leurs réseaux gaziers.

Une connexion gazière entre la Pologne et la Slovaquie avec une capacité de 5 milliards de mètres cubes par an devrait voir le jour en 2017. Ce projet fait partie d’un gazoduc proposé en dernier lieu qui s’étendrait du nord de la Pologne à la Croatie. Ce gazoduc permettrait approvisionnement en gaz à la fois en provenance du nouveau terminal de GNL sur la Baltique et du futur terminal méthanier de l’île croate de Krk.

Contexte

Au cours du sommet européen des 20-21 mars, les chefs d’Etats et de gouvernement des Etats membres ont chargé la Commission européenne de présenter un plan pour réduire la dépendance énergétique de l'Union européenne vis-à-vis de la Russie, suite à la crise en Crimée.

Le président du Conseil, Herman Van Rompuy a également abordé la nécessité de développer les interconnexions nationales et régionales de réseau de gaz, en précisant que ceux-ci devraient inclure la péninsule ibérique et la région méditerranéenne.

Prochaines étapes

  • 26-27 juin: le sommet européen discutera des propositions de la Commission européenne visant à réduire la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.