La Hongrie, seule représentante de l’UE à Tripoli

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De toutes les ambassades des pays de l'UE en Libye, seule celle de la Hongrie possède une présence diplomatique à Tripoli et fournit des informations à l'UE. La Commission européenne a déclaré à EURACTIV que la situation sur place était « très difficile » et que l'UE « rendait hommage » à la présidence hongroise pour le travail qu'elle accomplissait.

Suite aux frappes aériennes de l'OTAN de la nuit du 30 avril qui auraient tué un des fils de Mouammar Kadhafi et trois de ses petits-enfants, les ambassades britannique et italienne ont été pillées et le personnel de l'ONU a quitté le pays.

L'OTAN a nié avoir visé Kadhafi en personne, affirmant que l'attaque visait une cible militaire.

La frappe a toutefois été suivie de scènes de haine à Tripoli et la foule s'est mise à attaquer les ambassades occidentales qui avaient déjà été fermées au cours des dernières semaines.

Les Nations unies ont décidé de retirer leur personnel international de Tripoli afin d'éviter des attaques physiques à leur encontre.

A la question de savoir comment l'UE parvenait à obtenir des informations de Tripoli dans des circonstances aussi difficiles, Maja Kociancic, porte-parole pour la responsable de la politique étrangère de l'UE, Catherine Ashton, a répondu que l'UE recevait encore de nombreuses informations de sources différentes.

M. Kociancic a notamment parlé de l'ambassade hongroise qui, selon elle, est la seule mission diplomatique d'un pays de l'UE encore présente à Tripoli et qui fournit encore des informations officielles. La Roumanie dispose également d'un service consulaire sur place, a-t-elle ajouté.

Même si elle fait partie de l'OTAN, la Hongrie, pays qui assume actuellement la présidence tournante de l'UE, ne participe pas aux opérations militaires visant à établir une zone d'exclusion aérienne en Libye.

Concernant l'importance des risques encourus par l'ambassade hongroise au vu de l'animosité contre l'OTAN, Mme Kociancic a déclaré que les Etats membres de l'UE prenaient leurs propres décisions à la lumière des évaluations de sécurité et des besoins sur le terrain.

« La situation est vraiment difficile et nous rendons hommage à la présidence hongroise pour le travail qu'elle accomplit », a-t-elle ajouté.

En ce qui concerne les autres sources d'informations de l'UE, elle a dit que Bruxelles pouvait obtenir des informations auprès d'agences de presse officielles, des acteurs de la société civile et des affaires, des représentants du Conseil national de transition et de la diaspora libyenne.

Apparemment, les relations diplomatiques entre Bruxelles et Tripoli sont maintenues, dans la mesure où Mme Kociancic a affirmé que l'exécutif de l'UE avait reçu un certain nombre de notes diplomatiques de la part des autorités libyennes.

« Nous recevons des rapports de nos Délégations dans la région et maintenons des liens étroits avec les Etats de la région, les partenaires internationaux et les organisations internationales s'agissant de leur évaluation de l'évolution de la situation », a-t-elle précisé.

La porte-parole de Mme Ashton a également déclaré qu'un certain nombre d'Etats membres prévoyaient de rétablir leur présence diplomatique à Tripoli « sous peu ».

Les autres ambassades toujours présentes à Tripoli sont celles de la Chine, de la Russie (au niveau du Chargé d'Affaires), de l'Ukraine, du Belarus, de la Serbie, de nombreux pays africains, de Cuba et du Vénézuela, entre autres, leur nombre total s'élevant à 40.

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