La Pologne lorgne le poste de chef de la diplomatie européenne

Catherine Ashton meets Radoslaw Sikorski. Warsaw, 2012. [ Ministry of Foreign Affairs of the Republic of Poland]

La Pologne proposera son ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, pour remplacer Catherine Ashton, la haute représentante pour les affaires extérieures.

Après cinq ans en tant que haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton se retire de sa fonction et ne compte pas rempiler pour un deuxième mandat. Ce poste est en quelque sorte du « ministre des Affaires étrangères de l’UE ».

Le premier ministre polonais, Donald Tusk, a déclaré que son ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, était le candidat « tout désigné ».

« Je l’affirmerai ouvertement : la Pologne a tellement gagné en influence en politique extérieure que le « haut représentant » s’inscrirait dans la lignée de nos intérêts ».

Radoslaw Sikorski, en fonction depuis 2007, a critiqué ouvertement la politique étrangère russe.

Le Polonais de 51 ans a adopté une position intransigeante dans la crise ukrainienne. Il a notamment appelé à une réponse européenne plus ferme vis-à-vis de l’intervention militaire russe en Géorgie et en Ukraine.

Il était également la figure de proue dans le cadre des actions diplomatiques internationales durant la crise ukrainienne en ce début d’année.

Accompagné de ces homologues allemands et français, il a par exemple négocié un accord de paix dans les derniers jours de la présidence de Viktor Ianoukovitch.

Parcours atypique

Radoslaw Sikorski a un parcours professionnel varié et atypique. Étudiant en Pologne avant la chute du mur de Berlin, il a organisé une grève contre les autorités communistes, une action qui à l’époque pouvait souvent se terminer par une arrestation.

Il a obtenu l’asile politique en Grande-Bretagne où il a étudié à l’université d’Oxford. Il est ensuite devenu journaliste. Il a d’ailleurs effectué des reportages en Afghanistan et en Angola.

Il est marié à Anne Applebaum, une auteure américaine vainqueur du prix Pulitzer 2004 pour son livre « Goulag » consacré aux camps soviétiques de détention pour les prisonniers politiques.

La nomination du Polonais a eu lieu à la suite du sommet du 27 mai. Les chefs d’État et de gouvernement y ont analysé les résultats des élections et donné au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, un mandat pour explorer toutes les options en vue de trouver le remplaçant de José Manuel Barroso.

 >> Lire : Doutes sur la présidence de la Commission

Le Belge entamera les négociations avec les présidents des groupes qui vont se constituer. Un compromis permettrait d’éviter tout conflit institutionnel et laisserait la porte ouverte à des candidats-surprises pour la présidence de la Commission. Mais Jean-Claude Juncker est toujours en lice : tout dépend de l’accord que les groupes parlementaires vont conclure au cours des prochains jours.

Les élections européennes ont eu lieu dans tous les États membres en mai 2014. Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE). Cette disposition s'applique pour la première fois dans le cadre des élections de 2014.

Le Parlement européen et de nombreux spécialistes ont incité les partis à désigner leur tête de liste pour les campagnes électorales. À la suite des élections, les chefs d'État européen se sont réunis le 27 à l'occasion d'un dîner informel pour discuter des résultats. Entre-temps, les groupes parlementaires ont entrepris les premières étapes en discutant de la formation de coalition pour que leurs candidats obtiennent la plus haute fonction des institutions européennes : la présidence de la Commission.

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a reçu un mandat pour analyser les différentes pistes au cours des prochaines semaines. Le Belge organisera les négociations avec les présidents des groupes qui vont se constituer. Un compromis permettrait d'éviter tout conflit institutionnel et laisserait la porte ouverte à des candidats-surprises à la présidence de la Commission. Mais Jean-Claude Juncker est toujours en lice : tout dépend de l'accord que les groupes parlementaires vont conclure au cours des prochains jours.

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