La presse internationale pleure Charlie Hebdo

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La presse internationale rend un hommage unanime à la liberté d’expression qui a été frappée au coeur lors de l’attentat parisien du 7 janvier. 

Les médias du monde entier rendent hommage depuis mercredi au journal français Charlie Hebdo dont 8 journalistes ont été assassinés le 7 janvier. De l’Afrique du Sud à l’Argentine en passant par l’Australie ou les États-Unis, les chaînes de télé, radio et sites web ont montré en boucle les dessins du journal satirique, dont 5 dessinateurs ont trouvé la mort.

En France, les quotidiens ont tous une référence à Charlie Hebdo en Une, qu’il s’agisse de fonds noirs, de dessins, de brassards, ou du slogan « Je suis Charlie », souvent en manchette des journaux.

La France et la presse française en deuil

Le directeur de Libération souligne « Ils ont tué Cabu ! », en référence au « ils ont tué Jaurès » de 1914. Le Figaro proclame sur fond noir « La liberté assassinée ». À l’Humanité, le député européen Patrick Le Hyaric, qui est aussi directeur de la rédaction, estime que la République indivisible, tolérante, laïque et sociale, doit plus que jamais s’affirmer ». Le quotidien 20 Minutes évoque la « Barbarie »  et le journal catholique La Croix évoque « La France meurtrie » avec un dessin de Deligne représentant un encrier renversé sur la liberté.

Le quotidien Les Échos titre « face à la barbarie », alors que le journal La Tribune a publié une édition numérique émaillée des Unes de Charlie Hebdo.

La presse internationale unanime

Un choix souvent repris par la presse internationale, à l’instar du Berliner Zeitung qui titre « Vive la liberté ».

Ethique à géométrie variable

Le Guardian déplore « Une attaque contre la démocratie » en Une, alors que le quotidien « The Independant » affiche le dessin d’un doigt ensanglanté. Le journal danois Politiken a laissé une page blanche à l’exception d’un crayon cassé. Das Bild déplore un « meurtre lâche » en Une, et le New-York Times illustre sa Une d’une photo du meurtre d’un policier en titrant « Des terroristes frappent au cœur de Paris ».

Les médias américains ont en revanche choisi de ne pas publier des caricatures du journal français, en se référant à leurs règles éthiques. Ils n’ont en revanche pas hésité à publier la photo de l’achèvement du policier français par un terroriste, que les médias français ont à l’inverse boycotté. « Après mûre réflexion, la direction du (New York) Times a décidé qu’une description des caricatures donnerait suffisamment d’éléments aux lecteurs pour comprendre la situation » a expliqué le quotidien américain à l’AFP.

La presse japonaise titre aussi sur le sujet, dont le Yomiuri Shimbun,  qui tire à 10 millions d’exemplaires ce qui en fait le journal le plus lu de la planète.

Au total, au moins 72 Unes ont été consacrées à la fusillade ce 8 janvier.

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Deuil national en France

En France, le Président de la République a annoncé une journée de deuil national ce jeudi, et appelé à l’union nationale. Il doit rencontrer le chef de l’opposition, Nicolas Sarkozy, jeudi matin à l’Élysée. De nombreuses manifestations ont été annulées dont les cérémonies traditionnelles de vœux. Dans la nuit, des rassemblements ont réuni plus de 100.000 personnes en France, une mobilisation qualifiée d’ « extraordinaire » par le Premier ministre Manuel Valls.

La mobilisation a aussi été forte à Sydney, New-York, Washington, Bruxelles.  La traque des trois criminels recherchés suspectés continue, mais deux d’entre eux ont été identifiés. Il s’agit de deux frères, Chérif et Saïd Kouachi, dont l’un a abandonné sa carte d’identité dans un des véhicules empruntés juste après le carnage.

Une attaque contre le journal satirique Charlie Hebdo a fait douze morts mercredi, dont les dessinateurs Cabu et Wolinski, déclenchant une vaste traque pour retrouver trois suspects.

Un avis de recherche a été lancé mercredi soir auprès des forces de l'ordre contre ces trois hommes, dont deux frères de 32 et 34 ans nés à Paris et de nationalité française, selon une source proche du dossier. L'un des deux frères, un jihadiste connu des services antiterroristes, avait été condamné en 2008 pour avoir participé à une filière d'envoi de combattants en Irak.

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