La République tchèque reste muette sur l’embargo sur le gaz russe

Les ministres tchèque et ukrainien des Affaires étrangères, Jan Lipavsky et Dmytro Kuleba, se sont entretenus par téléphone jeudi (9 juin) au sujet du septième paquet de sanctions de l’UE contre la Russie. [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a félicité la République tchèque pour son soutien sans faille à l’Ukraine sur la voie de l’adhésion à l’Union européenne, mais l’État membre de l’UE étant très dépendant du gaz russe, il ne faut pas s’attendre à ce que le même soutien se manifeste lors de l’adoption du prochain paquet de sanctions.

Les ministres tchèque et ukrainien des Affaires étrangères, Jan Lipavsky et Dmytro Kuleba, se sont entretenus par téléphone jeudi (9 juin) au sujet du septième paquet de sanctions de l’UE contre la Russie et des possibilités de renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays, a écrit M. Kuleba sur Twitter.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé à l’adoption d’un nouvel ensemble de sanctions dans son discours prononcé par vidéoconférence devant les participants à la conférence GLOBESEC à Bratislava début juin. Les Ukrainiens souhaitent de nouvelles sanctions sectorielles dans les domaines de l’énergie, de la finance et du commerce.

L’Union européenne aurait déjà commencé à travailler sur le nouveau paquet de sanctions, qui devrait introduire de nouvelles restrictions sur les banques et affecter les importations de gaz, un sujet très sensible pour de nombreux États membres du bloc.

M. Lipavsky et M. Kuleba n’ont pas donné de détails sur leur conversation sur les sanctions, mais il est peu probable que la République tchèque soutienne une large interdiction du gaz russe car elle en est fortement dépendante.

Le sixième paquet de mesures, adopté début juin, prévoyait déjà l’interdiction de la majorité des importations de pétrole russe à partir de l’année prochaine, même si l’interdiction ne s’appliquera pas immédiatement à l’oléoduc Druzhba, qui achemine le pétrole russe vers la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie.

Contrairement aux autres États membres de l’UE, la République tchèque sera autorisée à importer des produits pétroliers russes provenant de raffineries situées dans d’autres pays de l’Union jusqu’à la fin 2023.

M. Lipavsky a confirmé à M. Kuleba que la République tchèque soutient la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine ainsi que ses aspirations européennes. Lors de ses récents entretiens avec le ministre moldave des Affaires étrangères, Nicolae Popescu, M. Lipavsky avait également déclaré que la perspective européenne de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie figurerait parmi les priorités de la présidence tchèque de l’UE.

M. Kuleba a indiqué sur Twitter qu’il était reconnaissant que la prochaine présidence tchèque du Conseil de l’UE ait fait de l’intégration de l’Ukraine au bloc communautaire l’une de ses priorités.

Pour rappel, Kiev a déposé une demande d’adhésion à l’UE peu après avoir été attaquée par la Russie le 24 février, et la Commission européenne s’occupe actuellement de cette demande.

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