La Russie impassible face aux sanctions occidentales

putin_paralympics.jpg

L'UE et les États-Unis ont annoncé des sanctions visant certains représentants russes et ukrainiens. De son côté,  le président Poutine vient de signer un décret reconnaissant l’indépendance de la Crimée, faisant fi des représailles occidentales.

Les sanctions de l'UE à l'égard de la Ruisse et de l'Ukraine semblent laisser de marbre Vladimir Poutine. Les ministres européens des Affaires étrangères ont convenu de restreindre l’octroi de visas et de geler des avoirs de 21 représentants russes et ukrainiens pour leur rôle joué dans les évènements en Ukraine et l’annexion de la Crimée par la Russie.

Des commandants militaires russes figurent sur cette liste, mais aucune trace de Vladimir Poutine.

Les États-Unis ont également prévu des sanctions à l’encontre de 11 Ukrainiens et Russes, dont l’ancien président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, et deux collaborateurs de Vladimir Poutine.

Poutine impassible

Lors d’une cérémonie de remise de médailles aux athlètes paralympiques de Sotchi, Vladimir Poutine semblait rester de marbre face aux sanctions occidentales. Il devrait s’adresser aujourd’hui au Parlement russe. Les membres de la Douma devraient statuer aujourd’hui sur l’annexion de la région à majorité russophone.

Une officialisation de l'annexion devrait déclencher d’autres sanctions, un porte-parole de la Maison-Blanche n’a d’ailleurs pas exclu d’ajouter Vladimir Poutine à la liste de persona non grata.

Le sommet européen des 20 et 21 mars devrait être l’occasion de discuter de la possibilité de nouvelles sanctions. Parallèlement, les dirigeants européens et les autorités ukrainiennes pourraient signer un accord d’association à cette occasion.

« Toute étape supplémentaire entreprise par la Fédération de Russie visant à déstabiliser la situation en Ukraine aurait d’autres conséquences considérables dans une vaste gamme de domaines économiques entre l’UE et ses États membres d’une part et la Fédération de Russie d’autre part », ont indiqué les ministres européens dans un communiqué.

Craintes de répercussion

De nombreux pays européens fortement dépendants en gaz russe craignent des représailles de Moscou.

Le ministre bulgare des Affaires étrangères, Kristian Vigenin, a expliqué hier à la presse que la liste de l’UE était « le seul compromis possible » alors que d’autres États membres souhaitaient l’allonger. Les autorités lettones affirment pour leur part que l’UE devrait compenser tout pays affecté par les sanctions à l’égard de la Russie.

À la suite des discussions entre ministres européens, ni Alexei Miller , le PDG de Gazprom, ni Igor Sechin ; le PDG de Rosneft, n’a été ajouté à la liste.

Certains craignent que la Russie n’entreprenne le même type d’action qu’en Crimée dans les pays européens où se trouvent des communautés russophones. Dans ce contexte, le président américain, Barack Obama, a prévenu que de nouvelles provocations isoleraient davantage Moscou et endommageraient son économie.

Barack Obama devrait se rendre à Bruxelles les 25 et 26 mars. Son vice-président, Joe Biden, est en mission aujourd’hui en Europe de l’Est pour rencontrer les dirigeants polonais, lettons, lituaniens et estoniens. Il va aborder la question russe avec les représentants des trois pays baltes, anciens satellites soviétiques où se trouvent des minorités russophones.

Proposition russe

Moscou souhaite répondre à la pression occidentale en établissant un « groupe de contacts » pour jouer le rôle d’arbitre dans la crise. Cette initiative sera une plateforme défendant la reconnaissance du référendum en Crimée et permettrait d’établir une Constitution pour « l’Ukraine fédérale ».

Selon une source occidentale citée par Reuters, le président ukrainien par intérim n’accepte pas l’annexion de la Crimée. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a pour sa part affirmé que son pays s’opposait à la proposition russe.

Les chefs d'État se sont réunis lors d'un sommet extraordinaire le 6 mars dernier. Ils ont condamné l'intervention russe en Crimée et ont menacé Moscou de sanctions si Vladimir Poutine ne faisait pas en sorte de désamorcer la crise.

Les chefs d'États européens ont fermement condamné la violation par la Fédération de Russie, sans qu'il y ait eu provocation, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Ils appellent la Russie à « ramener immédiatement ses forces armées », ainsi qu'un « accès immédiat [au territoire de la Crimée] à des observateurs internationaux ».

Si Vladimir Poutine ne se met pas en conformité avec les demandes européennes, les chefs d'État de l'Union menaceront le Kremlin de sanctions, dont l'interdiction d'octroi de visa et le gel des avoirs, ce qui pourrait également toucher le président russe.

  • 20-21 mars :  possible ratification de l'accord d'association UE-Ukraine et possibles sanctions à l'encontre de la Russie lors du sommet européen

  • 26 mars :  sommet UE-États-Unis à Bruxelles

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer