La Russie ne frappera pas l’Ukraine avec des armes nucléaires, déclare Sergueï Lavrov

Dans cette interview, M. Lavrov a déclaré que l’« opération militaire » de la Russie est entrée dans une nouvelle phase et qu’elle se poursuivra. [EPA-EFE/EVGENIA NOVOZHENINA / POOL]

La Russie n’utilisera que des armes conventionnelles en Ukraine, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en réponse à une question sur l’utilisation éventuelle d’armes nucléaires dans cette guerre.

Le ministre a fait ce commentaire lors d’une interview mardi (19 avril) avec la télévision India Today, bien qu’il ne soit pas directement responsable de la prise de décisions militaires.

Les responsables des services de renseignement occidentaux ont averti que le Kremlin pourrait se tourner vers les armes tactiques, chimiques ou nucléaires de son arsenal s’il continue à ne pas parvenir à ses fins concernant son invasion de l’Ukraine ou en cas de sentiment d’affront envers le président Vladimir Poutine.

L’opinion publique occidentale est de plus en plus sensible à la menace d’une guerre nucléaire, perçue comme la fin de la civilisation humaine. À l’inverse, l’intérêt de la Russie semble être d’exploiter ces craintes pour mettre un terme à la distribution d’armes occidentales à l’Ukraine et formuler d’autres exigences.

Toutefois, la déclaration de M. Lavrov doit être prise avec prudence. Une attaque russe avec des armes nucléaires tactiques pourrait viser une cible en dehors de l’Ukraine. Les propagandistes de l’État russe ont déclaré que la Russie pourrait frapper la Pologne, membre de l’OTAN, avec des armes nucléaires.

Ukraine : nouvelles sanctions contre Moscou, accusé d'avoir commis des « crimes de guerre »

Après l’onde de choc provoquée par les découvertes faites à Boutcha, l’Union européenne et Washington ont intensifié leur pression économique et diplomatique sur Moscou, déjà visé par un épais mille-feuilles de sanctions décidées à travers le monde.

Une telle stratégie mettrait à l’épreuve la détermination de Washington à riposter, avec le risque pour les États-Unis de subir des frappes nucléaires russes sur leur territoire. Si les États-Unis ne répondent pas de manière décisive, la crédibilité de l’OTAN en tant qu’alliance de défense serait mise en péril.

Dans cette interview, M. Lavrov a déclaré que l’« opération militaire » de la Russie est entrée dans une nouvelle phase et qu’elle se poursuivra.

Il a ajouté que les raisons d’entrer en guerre découlaient de « la complaisance de la plupart des pays après la Seconde Guerre mondiale ».

« Ils ont violé leurs promesses envers les dirigeants russes et ont commencé à déplacer l’OTAN vers l’est après la disparition de l’Union soviétique. Ils ont dit que c’était une alliance défensive et non une menace pour la sécurité de la Russie. »

Niant les allégations de crimes de guerre commis par l’armée russe, M. Lavrov a déclaré : « Notre armée n’a visé que l’infrastructure militaire et non les civils. L’armée ukrainienne a utilisé des civils comme boucliers humains ».

Ses déclarations semblent refléter un récit en totale contradiction avec les constatations sur le terrain.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti vendredi (15 avril) que la Russie pourrait utiliser des armes nucléaires, en cas de « menace existentielle ». La doctrine militaire russe comprend le principe « escalader pour désescalader », qui consiste à lancer un missile nucléaire de faible ampleur afin de reprendre l’initiative dans la guerre.

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