La Syrie peut encore être sauvée selon Kofi Annan

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Même s'il a quitté hier (2 août) son poste d'Envoyé spécial pour la Syrie, l'ancien secrétaire général des Nations unies a déclaré que le pays pouvait encore être sauvé, mais que cela demanderait du courage et du leadership.

 

Aujourd'hui (3 août), dans les tribunes du Financial Times, M. Annan a offert quelques « conseils de départ » sur la gestion de la situation en Syrie, tout en soulignant la gravité de la situation.

 

Bien que ce prix Nobel ait admis qu'il était difficile de savoir comment le gouvernement syrien pourrait être renversé par la force seule, il a expliqué que les mouvements de masse, nés de la volonté de jouir de droits politiques et civils, avaient manqué l'opportunité de surmonter les divisions internes de la Syrie, ce qui avait mené à l'escalade de la violence.

 

Il a ajouté que la communauté internationale devrait se montrer unie pour garantir une transition pacifique, citant le cessez-le-feu du 12 avril à titre d'exemple positif. Il a toutefois déploré le manque d'appui international soutenu en faveur du passage à un organe de pouvoir de transition avec tous les pouvoirs exécutifs.

 

M. Annan a déclaré que ses efforts pour promouvoir l'unité avaient été déjoués par des accusations et des insultes au Conseil de sécurité. Il a appelé les dirigeants à « surmonter l'attrait destructeur des rivalités nationales », précisant qu'une action conjointe requérait des efforts collectifs de la part de tous les pays.

 

« La Chine, la Russie et l'Iran, les pays qui soutiennent le régime syrien, doivent s'allier pour convaincre le pouvoir syrien d'opérer une transition politique », peut-on lire dans cet article d'opinion.

 

Quant aux pays qui soutiennent l'opposition, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Turquie et l'Arabie saoudite, M. Annan pense qu'ils devraient convaincre l'opposition de suivre un processus politique ouvert.

 

Il est clair que Bachar al-Assad doit quitter ses fonctions, mais il ne doit pas être le seul centre d'attention, il est encore plus important de prendre des mesures et de mettre en place des structures pour assurer une transition pacifique, a-t-il expliqué.

 

« Rien de tout cela ne sera possible sans un compromis entre toutes les parties », a-t-il martelé.  La Syrie peut encore être sauvée si le plan de paix en six points est mis en oeuvre et si les membres permanents du Conseil de sécurité, dont Vladimir Poutine et Barack Obama, font preuve de courage et de leadership.

 

L'UE déplore la démission de Kofi Annan qui a investi beaucoup de temps et s'est dévoué à cette mission difficile et dangereuse, a déclaré la haute responsable des affaires étrangères de l'UE, Catherine Ashton.

 

Mme Ashton a rappelé que le plan en six points demeurait le meilleur espoir pour le peuple syrien et que toute militarisation supplémentaire du conflit par l'une ou l'autre des parties ne pourrait qu'entraîner plus de souffrance pour la Syrie, ses citoyens et la région dans son ensemble. 

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