La Turquie pointée du doigt pour son « éloignement croissant » des valeurs européennes

Le président turc Recep Tayyip Erdogan. [EPA-EFE/TOLGA BOZOGLU]

Le Parlement européen a signalé mercredi que la Turquie « s’éloignait toujours plus » des valeurs et des normes de l’Union européenne, bien qu’elle soit candidate à l’adhésion à l’UE depuis 1999. Une situation qui a amené la relation entre Bruxelles et Ankara à « l’un des pires moments de son histoire ». Un article d’Euroefe.

Le Parlement européen a également manifesté sa « profonde inquiétude » face à la politique « belliqueuse » de la Turquie à l’égard de la Grèce et de Chypre – avec lesquelles elle se querelle à propos du contrôle des eaux territoriales – dans un rapport adopté mercredi 19 mai par 480 voix contre 64 et 150 abstentions. Le document a été rédigé par le député socialiste espagnol Nacho Sánchez Amor.

Les eurodéputés ont souligné que la détérioration des libertés fondamentales en Turquie avait commencé avant le coup d’État manqué de 2016 et que, bien que l’état d’urgence ait pris fin en 2018, nombre de ses caractéristiques avaient été intégrées dans la législation, de sorte que « son impact (…) demeur[ait] important ».

Pas de "terrain d'entente" trouvé à Genève sur la question chypriote

Aucun terrain d’entente n’a été trouvé pour relancer les négociations sur la question chypriote, après que la réunion non officielle qui s’est tenue à Genève pendant trois jours a abouti à une impasse, a annoncé l’ONU jeudi (29 avril).

Les députés européens ont également « fermement » condamné la récente décision du gouvernement turc de se retirer de la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes.

« Le rapport adresse des messages politiques au gouvernement turc. S’il veut retrouver un climat de confiance, il doit changer sa rhétorique envers l’UE, qui n’a de sens que sur le plan intérieur mais qui n’est pas comprise ici », a déclaré Nacho Sánchez Amor lors d’une conférence de presse.

« Et surtout, il doit prendre en compte le fait qu’être candidat signifie maintenir un esprit de réformes démocratiques que la Turquie a abandonné il y a quelques années », a-t-il ajouté.

La participation éventuelle de la Turquie à un projet militaire de l'UE serait-elle un "cheval de Troie" ?

En qualité de membre de l’OTAN, la Turquie a soumis une demande pour participer au projet européen sur la mobilité militaire, malgré les tensions avec Athènes. Si la requête est en cours d’examen, la participation éventuelle d’Ankara suscite des dissensions.

Néanmoins, l’auteur du rapport a déclaré que le Parlement européen laissait « la porte ouverte » à l’adhésion de la Turquie à l’UE, comme en témoignait le rejet des amendements d’extrême droite qui demandaient de mettre fin au processus d’adhésion, entamé en 2005.

Les députés européens ont également reconnu le « rôle important » de la Turquie au moment d’accueillir près de 4 millions de réfugiés – principalement des Syriens – et ont appelé l’UE à continuer à apporter « le soutien nécessaire » à ces personnes et aux communautés qui les accueillent dans le pays.

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