La vidéo d’un passage à tabac par la police dans une prison provoque l’indignation en Italie

La ministre italienne de la Justice, Marta Cartabia, pendant l’heure des questions à la Chambre basse du Parlement, Rome, Italie, 24 mars 2021. [ANGELO CARCONI/EPA]

La publication par le journal Domani, mercredi 30 juin, d’une vidéo de surveillance de la prison de Santa Maria Capua Vetere, dans le sud de l’Italie, montrant des policiers brandissant des matraques et frappant violemment des détenus, a déclenché une énorme controverse en Italie.

Les passages à tabac ont eu lieu le 6 avril 2020, lors du premier confinement du pays.

Dans les semaines précédant l’incident, les détenus avaient protesté contre la surpopulation, la peur de la contagion et le manque d’équipement de protection. 283 policiers ont participé à ce que les juges italiens — qui ont enquêté sur 117 personnes — ont qualifié d’« horrible massacre ».

La ministre italienne de la Justice, Marta Cartabia, a annoncé mercredi la suspension de 52 agents pour lesquels les juges avaient demandé des mesures de précaution, exprimant « une condamnation plus forte pour les violences et les humiliations infligées aux détenus, qui ne peuvent trouver ni justification ni excuses. » L’espoir est que de tels événements ne se reproduisent plus, a ajouté M. Cartabia.

Les images sont « une offense et un outrage à la dignité des détenus et aussi à cet uniforme que chaque femme et chaque homme de la police pénitentiaire doit porter avec honneur, pour la tâche difficile, fondamentale et délicate qu’il est appelé à accomplir. Face à des faits d’une telle gravité, une condamnation en paroles n’est pas suffisante, mais il est nécessaire d’agir pour comprendre et supprimer les causes », a ajouté le ministre de la Justice.

Entre-temps, le parti démocrate de centre-gauche a demandé au gouvernement de présenter un rapport urgent au Parlement, tandis que les partis de droite de la Ligue du Nord et des Frères d’Italie — ainsi que les syndicats de police — ont exprimé leur solidarité avec les agents visés par l’enquête.

Le chef de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, a annoncé une manifestation en faveur des agents devant la prison de Santa Maria Capua Vetere. Je connais « ces pères de famille accusés » et je suis « convaincu qu’ils ne feraient rien de mal », a ajouté M. Salvini.

Les conditions de vie difficiles dans les prisons sont un problème qui touche l’Italie depuis des années, avec de nombreux arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui ont condamné le pays pour surpopulation et manque de protection des droits des prisonniers.

Selon le rapport « Espace » du Conseil de l’Europe, publié en avril, les prisons italiennes sont les plus surpeuplées d’Europe, avec 120 détenus pour 100 places disponibles.

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