L’Allemagne va autoriser la livraison d’armes lourdes à l’Ukraine

« Ils fournissent des équipements de fabrication soviétique à l’Ukraine, et nous comblons leurs manques. On peut faire plus ici. Nous sommes prêts à le faire », a déclaré la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, lors de sa réunion avec les ministres de la Défense d’autres pays sur la base aérienne de Ramstein, en Allemagne. [RONALD WITTEK/EPA]

La coalition allemande de « feux tricolores » va intensifier ses efforts pour soutenir l’Ukraine en matière d’armement et a donné son feu vert à la livraison d’armes lourdes par l’industrie, marquant ainsi un net changement de stratégie dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Cette décision résulte des pressions exercées sur le chancelier allemand Olaf Scholz, qui hésitait à livrer des armes lourdes à l’Ukraine après son invasion par la Russie. Aujourd’hui, les trois partis de la coalition au Bundestag préparent une motion visant à accroître leur aide.

La motion parlementaire, obtenue par dpa, appelle le gouvernement allemand à « poursuivre et, si possible, accélérer la livraison des équipements dont l’Ukraine a besoin, y compris en étendant la livraison aux armes lourdes et aux systèmes complexes, comme dans le contexte de la boucle d’échange avec les pays partenaires de l’OTAN en Europe de l’Est, sans mettre en péril les capacités de défense de l’alliance allemande ».

La semaine dernière, la « boucle d’échange » avait été annoncé comme un compromis préliminaire entre les partis de la coalition. L’Allemagne ne devrait pas livrer d’armes lourdes directement, mais elle devrait aider les alliés de l’OTAN qui livrent des équipements soviétiques et russes en les remplaçant par des armes lourdes allemandes.

« Ils fournissent des équipements de fabrication soviétique à l’Ukraine, et nous comblons leurs manques. On peut faire plus ici. Nous sommes prêts à le faire », a déclaré aujourd’hui (26 avril) la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, lors de sa réunion avec les ministres de la Défense d’autres pays sur la base aérienne de Ramstein, en Allemagne.

Toutefois, selon les informations obtenues par dpa, le gouvernement allemand a donné son feu vert à la livraison d’un char antiaérien Gepard du fabricant d’armes allemand Krauss-Maffei Wegmann, marquant ainsi un revirement par rapport à l’approche de la boucle d’échange.

D’autres chars en perspective ?

Le gouvernement allemand a déclaré la semaine dernière que la livraison d’armes lourdes ne constituerait pas un « tabou », mais que les stocks de la Bundeswehr seraient épuisés, et qu’il n’y a pas d’armes lourdes — comme des chars ou des véhicules blindés — prêtes à être expédiées immédiatement.

À la place, le chancelier allemand a fourni à l’Ukraine une liste d’armes représentant un montant total d’un milliard d’euros qu’elle pourrait commander directement auprès des fabricants d’armes allemands.

Cependant, selon l’ambassadeur ukrainien à Berlin, Andriy Melnyk, la liste ne contenait « aucune arme lourde » à l’époque. « Les armes dont nous avons besoin ne figurent pas sur cette liste », a-t-il confié à la ZDF la semaine dernière.

Après avoir autorisé l’envoi de chars antiaériens Gepard, l’Allemagne pourrait maintenant autoriser d’autres fabricants d’armes à expédier leurs chars en Ukraine.

Le fabricant d’armes Rheinmetall a déjà annoncé, il y a quelques semaines, qu’il serait également en mesure d’expédier des chars de type Marder et Leopard 1, dont l’Ukraine dit avoir désespérément besoin, dans quelques semaines.

Liens entre Gerhard Schröder et Vladimir Poutine : les sociaux-démocrates allemands sous pression

Les sociaux-démocrates du chancelier allemand Olaf Scholz se trouvent aujourd’hui poursuivis par l’héritage de l’ancien chancelier Gerhard Schröder, qui entretenait une amitié étroite avec le président russe Vladimir Poutine.

La pression augmente sur le SPD

Le SPD était considéré comme le principal obstacle dans ce dossier controversé, car ses deux partenaires de coalition — le parti libéral FDP et les Verts — réclament depuis longtemps l’envoi d’armements lourds à l’Ukraine.

Samedi dernier, le parti libéral FDP a même pris les choses en main et a voté, lors du congrès de son parti, en faveur de la livraison d’armes lourdes.

L’opposition a également augmenté ses pressions sur le SPD, puisque le parti conservateur CDU/CSU a annoncé la semaine dernière sa propre motion parlementaire appelant à l’envoi immédiat d’armes lourdes.

« Le SPD ne sait pas ce qu’il veut, et le chancelier est en train de tourner en rond. Il faut maintenant clarifier les choses, et qui doit le faire si ce n’est l’opposition », a déclaré hier Friedrich Merz, chef de file de la CDU/CSU.

Subscribe to our newsletters

Subscribe