L’autorité de santé hongroise invoque la pandémie pour contourner ses obligations en matière de transparence

La directrice de l'autorité de santé hongroise reçoit le vaccin Pfizer-Biontech le 13 janvier 2021 [EPA-EFE/Zoltan Balogh]

La pandémie peut-elle servir d’excuse ? La directrice de l’autorité de santé hongroise a cité la situation sanitaire pour prolonger son temps de réponse à une demande d’accès à l’information concernant un projet financé par l’UE.

En s’appuyant sur un décret spécialement apparu avec la pandémie, le médecin en chef hongroise Cecília Müller a prolongé son délai de réponse après que le député indépendant Ákos Hadházy a demandé à accéder aux informations concernant un projet financé par l’UE à hauteur de 45 millions d’euros, le média Telex rapporte. Dans sa réponse officielle, elle allonge ce délai de 15 à 45 jours, invoquant qu’il lui faudrait davantage de temps pour ne pas compromettre la gestion épidémiologique.

Plus loin dans son e-mail, cependant, et alors qu’elle avait visiblement laissé Ákos Hadházy accidentellement en copie, on peut lire : « On n’a pas un autre texte pour ça ? Pourquoi doit-on nécessairement invoquer que ça puisse compromettre’notre gestion ? Pourquoi ne pas simplement se référer à la loi pour étendre la période de réponse à 45 jours et c’est tout ? »

Le gouvernement a étendu la période de réponse aux demandes d’accès à l’information par décret en novembre. Selon Ákos Hadházy, l’e-mail « révele dans un échange officiel comme le gouvernement abuse de ce texte exceptionnel en évoquant l’épidémie. »

« Il faut noter que Cecília Müller ne s’est pas seulement exposée elle-même mais a également montré ce pour quoi le gouvernement avait besoin du plein pouvoir et comment il en abuse, » le député a ajouté dans une publication Facebook.

La députée indépendante Bernadett Szél a déclaré qu’elle porterait plainte contre Cecília Müller pour abus de pouvoir.

[Edité par Mathieu Pollet]

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