Le commerce, la fiscalité et la Syrie au programme du G8

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Le premier ministre britannique, David Cameron, accueillera aujourd’hui les dirigeants du G8 (l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie), qui représentent la moitié de l’économie mondiale, au Lough Erne Golf Resort en Irlande du Nord.

La crise en Syrie dominera inévitablement les discussions des deux premières journées (17 et 18 juin), mais les craintes persistantes à propos de l'économie mondiale seront également au cœur des pourparlers.

 

Les dirigeants des États membres de l'UE et des États-Unis annonceront probablement le début des négociations officielles sur un accord de libre-échange qui rapporterait plus de 100 milliards de dollars (75 milliards d'euros) par an à chaque économie.

 

Les négociateurs de l'UE et des États-Unis espèrent terminer leurs travaux d'ici la fin de l'année. Les ministres du commerce se sont réunis au Luxembourg la semaine dernière (14 juin) et ont approuvé le mandat de négociation de l’accord de l'UE. Du côté des États-Unis, la période légale de consultation de 90 jours prendra fin le 20 juin.

 

La fiscalité au sommet de l'ordre du jour

 

David Cameron a fait de la lutte contre l'évasion fiscale, qui coûterait environ 3 mille milliards de dollars (2,25 mille milliards d'euros) par an, l'un des éléments clés de l'ordre du jour officiel du sommet.

 

Il a appelé à une action ferme contre les flux monétaires secrets en incitant les paradis fiscaux britanniques extraterritoriaux à conclure un accord sur la transparence et en annonçant de nouvelles règles de publications d’informations pour les entreprises britanniques.

 

« Il est important que nous mettions de l'ordre dans nos affaires », a-t-il déclaré samedi (15 juin) après que les représentants des paradis fiscaux britanniques extraterritoriaux ont accepté de ratifier un protocole sur la transparence internationale.

 

Selon des militants, l'action de la Grande-Bretagne ne vaudra pas grand-chose si les autres membres du G8 ne font pas de même.

 

Les dirigeants du G8 n’adopteront probablement pas une mesure destinée à réfréner l'évasion fiscale, en mettant en évidence les transferts de bénéfices des entreprises vers des paradis fiscaux, accompagnée d'une autre proposition édulcorée, selon le projet de communiqué.

 

L'évasion fiscale mondiale fait les gros titres

 

La lutte contre l'évitement fiscal des entreprises est devenue un objectif politique international. La population s'est en effet indignée de voir ces dernières années que des entreprises comme Apple et Google ont utilisé des structures qui, selon des responsables politiques américains et européens, visaient à réduire le montant de leurs impôts.

 

Selon le projet de texte du sommet, il n’y aurait toutefois pas d'accord sur une règle qui obligerait les entreprises à publier leurs bénéfices, leurs recettes et leurs impôts payés dans chaque pays.

 

La fraude fiscale mondiale coûterait plus de trois 3 mille milliards de dollars (2,25 mille milliards d'euros) par an, selon des chercheurs du Réseau pour la justice fiscale. Quelque 32 mille milliards de dollars (24 mille milliards d'euros) seraient cachés dans des paradis fiscaux.

 

Le président américain, Barack Obama, tentera lundi d'obtenir l'aide de la Russie, l'allié le plus puissant de la Syrie; afin d'amener Bachar Al-Assad à la table des négociations et de mettre fin à la guerre civile qui dure depuis deux ans.

 

La Syrie reste un problème

 

Lors de leur première  rencontre privée depuis un an, Barack Obama essaiera de trouver un terrain d'entente avec Vladimir Poutine en marge du sommet du G8 en Irlande du Nord. Le président américain avait auparavant irrité le Kremlin en autorisant le soutien militaire des opposants au dirigeant syrien.

 

Lors des discussions avec le premier ministre britannique, David Cameron, à Londres la veille du sommet, M. Poutine a de nouveau critiqué à la surprise générale la position de l'Occident. Il a qualifié les adversaires de Bachar Al-Assad de cannibales.

 

« Je pense que vous ne nierez pas qu'il n'est pas réellement nécessaire de soutenir des personnes qui non seulement tuent leurs ennemis, mais les éventrent et mangent leurs intestins devant la population et les caméras », a expliqué le président russe lors d'une conférence de presse commune avec David Cameron.

 

« Voulez-vous soutenir ces personnes ? Voulez-vous leur fournir des armes ? »

 

M. Cameron a reconnu que les positions de Londres et de Moscou demeuraient très éloignées.

 

Le scandale PRISM

 

Le sommet international survient sur fond d'accusations embarrassantes selon lesquelles les ordinateurs de responsables politiques et de fonctionnaires étrangers qui avaient participé à deux sommets du G20 à Londres en 2009 avaient été surveillés et leurs appels téléphoniques interceptés sur ordre de gouvernement britannique, selon le Guardian.

 

Certains représentants ont été piégés par le biais de cybercafés créés par les services britanniques de renseignements pour lire leurs courriels, prétend le journal.

 

Cette situation devrait provoquer des tensions parmi les représentants. Ils demanderont au premier ministre britannique de préciser s’ils étaient des cibles en 2009 et si ces pratiques se répéteront cette semaine.

Les gouvernements de l'UE perdent environ mille milliards d'euros par an en raison de la fraude fiscale, selon des estimations.

 

La France, en particulier, entend afficher sa détermination à lutter contre la fraude fiscale.

 

Même si sa portée est limitée, la lutte contre la fraude fiscale à l'échelle européenne s'est avérée efficace. Dans le cadre de la directive européenne sur la fiscalité de l'épargne, par exemple, les États membres échangent des informations sur des contribuables non résidents jusqu'à une valeur de 20 milliards d'euros.

 

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