Le Donbass organise des élections jugées illégales par l’Europe

La décision d’organiser des élections dans les républiques populaires de Donetsk (DNR) et de Lougansk (LNR), à l’est de l’Ukraine, a été prise suite à la mort du dirigeant de la DNR, Alexander Zakhartchenko.

Le 11 novembre, les républiques populaires de Lougansk et de Donetsk organisent des élections jugées illégales en Occident, mais soutenues par la Russie.

La décision d’organiser des élections dans les républiques populaires de Donetsk (DNR) et de Lougansk (LNR), à l’est de l’Ukraine, a été prise suite à la mort du dirigeant de la DNR, Alexander Zakhartchenko, tué le 31 août lors d’une explosion à Donetsk, l’un des bastions des rebelles prorusses.

La tenue des élections est condamnée par Kiev, qui les considère contraires au droit ukrainien et aux accords de Minsk.

Sur la même ligne, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Suède, les Pays-Bas et la Pologne ont enclenché le 30 octobre des discussions sur le sujet, lors d’une session du Conseil de sécurité de l’ONU, qualifiant les élections d’« illégales ».

« Les prétendues ‘élections locales’ prévues le 11 novembre prochain dans les deux territoires séparatistes de Donetsk et Lougansk porteraient atteinte à la souveraineté de l’État ukrainien et iraient à l’encontre des engagements pris dans le cadre des accords de Minsk », a rappelé la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères avant la réunion.

Pas de représentants du Donbass

Lors de la réunion, les diplomates de ces pays occidentaux ont refusé de donner la parole à la présidente de la commission électorale centrale de la République populaire de Lougansk, Elena Kravchenko.

Une décision rejetée par l’envoyé spécial de l’ONU pour la Russie, seul pays à avoir voté en faveur de l’invitation de l’Ukrainienne. Vassili Nebenzia s’est en effet dit surpris par le fait qu’aucun des pays n’ayant convoqué la réunion sur la situation en Ukraine « n’ait même daigné penser à inviter ceux qui sont au centre de la discussion, c’est-à-dire les représentants de ces régions ».

L’Ukraine allume des contre-feux face à la propagande russe

Les chaines de télé doivent désormais diffuser les trois quarts de leurs programmes en ukrainien. Une mesure qui intervient après le blocage de certains sites Internet.

Cité par TASS, l’agence de presse russe, le dirigeant par intérim de la République populaire de Donetsk, Denis Pouchiline s’est dit stupéfait par le fait que le Conseil de sécurité de l’ONU n’ait jamais initié de discussions « quand les civils dans le Donbass meurent sous les bombardements des forces armées ukrainiennes, quand la région se fait asphyxiée par un blocus, ou quand des agents des services de sécurité ukrainien tuent lâchement Alexander Sakhartchenko, par exemple ».

Le représentant suédois présent lors du Conseil de sécurité a rappelé qu’Elena Kravchenko ne représentait pas un gouvernement mais « une entité séparatiste illégale » et a prévenu qu’en lui permettant de s’exprimer, le Conseil créerait un précédent dangereux.

Accord de Minsk

Négociés sous l’égide de Paris et de Berlin en février 2015 dans la capitale Biélorusse, les accords de Minsk étaient censés faire cesser les combats et mener vers la paix grâce à une feuille de route complexe.

Mais 10 000 morts plus tard, Kiev et les autorités rebelles continuent de se livrer bataille, sans aucune volonté des deux côtés de trouver une solution politique. Les séparatistes prorusses et les troupes du gouvernement ukrainien se tiennent chacun pour responsables de violer le cessez-le-feu.

Vive dégradation de la situation militaire dans l’est de l’Ukraine

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères s’est dit très inquiet lundi 30 janvier de « l’intensification des forces terroristes russes dans le Donbass ». D’autres rapports parlent quant à eux d’une escalade du côté des forces ukrainiennes, qui cherchent à « changer la donne sur le terrain ».

Paris « déplore l’absence de progrès sur les questions de sécurité dans le Donbass et exprime sa vive préoccupation quant à la situation humanitaire », avait déclaré la porte-parole française. Commencé en 2014, suite à la révolution ukrainienne et l’annexion de la Crimée par la Russie, le conflit affecte des millions de civils, dont la plus grande proportion de personnes âgées au monde selon l’ONU, soit plus de 30 %.

Lors de la réunion onusienne, le représentant ukrainien s’est dit déçu de la position russe vis-à-vis de la région du Donbass « déchirée par la guerre » et a dénoncé entre autres le transfert continu d’armes lourdes par la Russie ainsi que les violations des droits humains en Crimée. Selon lui, « organiser de prétendues élections anticipées à Donetsk et Lougansk revient à placer des chefs de gangs armés dans des organes représentatifs illégitimes. »

Vide de pouvoir

Les Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk soutiennent quant à elles que l’organisation de ces élections vise à éviter un vide de pouvoir et à garantir la sécurité des habitants dans les deux républiques.

« Le principal argument avancé par nos ‘amis occidentaux’ est que les élections contredisent les accords de Minsk, mais un tel argument est non fondé », a déclaré Denis Pouchiline, soutenu par Moscou qui pense également que les élections du 11 novembre ne violent pas les accords.

« Nous partons du fait que les élections n’ont rien à voir avec le paquet de mesures de Minsk du 12 février 2015, qui mentionne les élections municipales », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole officielle du ministère russe des Affaires étrangères, également cité par l’agence de presse russe.

Les autorités du Donbass assurent donc que les élections prévues, qui permettront de nommer un nouveau chef de la république et un chef du parlement ne sont pas incluses dans l’accord de Minsk et peuvent donc être organisées pour assure la continuité de la gouvernance.

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« Il est évident que dans les circonstances actuelles, les élections prévues pour le 11 novembre sont conditionnées par l’importance de combler le vide de pouvoir laissé après la mort du dirigeant de la RPD Alexandre Zakhartchenko et d’empêcher l’escalade de la situation. »

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