Le fils du Che demande à l’UE de faire pression face à l’embargo américain

Camilo Guevara, le fils du Che, lors d'une conférence de presse au Parlement européen le 30 novembre dernier. [@EFE/Rosa Jiménez]

Camilo Guevara, le fils du « Che », ainsi que d’autres personnalités cubaines,  demandent au Parlement européen de contrecarrer les effets du blocus des États-Unis. Un article d’Euroefe.

« Nous demandons à l’Union européenne de faire pression sur le caractère extraterritorial de cette loi [sur le blocus économique de Cuba par les USA] dans les différents forums internationaux. Car elle porte aussi préjudice aux pays de l’UE », a souligné lors d’une conférence de presse Oscar Luis Hung Pentón, le vice-président de la commission des affaires économiques du parlement cubain, présent à Bruxelles avec d’autres experts pour parler de l’embargo américain.

« Les Européens savent mieux que nous ce qu’ils peuvent faire pour aider. Cet événement par exemple est un pas dans la bonne direction : il permet de lever le voile sur la situation pour ensuite prendre des décisions. Il permet de sensibiliser les gens », a quant à lui ajouté Camilo Guevara, directeur du centre d’études dédié à son père.

La conférence, qui a réuni pendant deux jours divers experts au Parlement européen, a été organisée par le groupe parlementaire Gauche unitaire européenne, l’ambassade de Cuba en Belgique, au Luxembourg et auprès de l’UE.

Les 28 États membres, qui viennent de conclure le premier accord bilatéral avec Cuba afin de favoriser la coopération et le dialogue politique, ont expressément rejeté la politique d’embargo que Washington impose à La Havane depuis plus de 50 ans.

Par ailleurs, Cuba a condamné les mesures américaines entrées en vigueur le 9 novembre dernier pour entraver les voyages vers et les affaires avec l’île caribéenne, les qualifiant de « recul ».

L’économie et la santé, les secteurs les plus touchés

Pour Oscar Luis Hung Pentón, l’UE doit maintenant « identifier la portée de la politique de blocus ainsi que le caractère unilatéral et obsolète de cette loi ».

Quoi qu’il en soit « nous sommes fiers, malgré l’embargo, des réussites et conquêtes sociales », a assuré le parlementaire cubain, tout en rappelant que cette politique américaine affectait tous les secteurs de l’économie cubaine et toutes les familles du pays.

Il a surtout fustigé le « blocage extraterritorial » qui impose des « amendes à plus de 100 institutions bancaires » et « entrave les démarches administratives avec Cuba ».

« L’importation devient difficile et nos exportations ont un coût très élevé, car elles sont dirigées vers des marchés lointains », a-t-il assuré tout en se disant optimiste sur « l’ouverture de portes commerciales et financières pour notre pays ».

L’économie n’est pas la seule à souffrir des conséquences de l’embargo. Le secteur de la santé aussi, selon le directeur du centre de cardiologie infantile, Eugenio Selman-Hussein Sosa.

« Le blocus se maintient comme une politique militaire, en pleine recrudescence avec la nouvelle administration américaine », a-t-il commenté. Il « porte préjudice à la santé des patients cubains. » « Nous sommes venus au Parlement européen pour qu’il comprenne la situation, et avec l’espoir de trouver une solution », a-t-il expliqué.

Les socialistes européens veulent dégeler les relations avec Cuba

Le chef de file du groupe S&D a appelé l’UE à mettre rapidement en place l’accord avec Cuba et a accru la pression sur les États-Unis pour lever les sanctions contre le pays des Caraïbes. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Concrètement, le directeur du centre William Soler regrette que cette politique « limite l’accès aux médicaments et aux équipements médicaux », ce qui peut faire la différence entre la vie et la mort.

« Cette politique de recours à la force aggrave la situation d’enfants qui sont gravement malades », a-t-il souligné avant de s’adresser directement à Donald Trump en disant « les enfants cubains malades ne sont pas vos ennemis ».

Pour Eugenio Selman-Hussein Sosa, cette situation affect aussi « de nombreux entrepreneurs européens qui ont une relation avec Cuba dans le domaine médical », ou des citoyens européens qui pourraient tomber malades en visitant l’île, « qui devraient aller à l’hôpital où de nombreux médicaments et technologies sont indisponibles à cause du blocus. »

Camilo Guevara a finalement souligné l’importance « des relations avec les acteurs européens, qu’il s’agisse d’associations, de régions ou d’entreprises ». « Tous peuvent aider à adopter une position qui sera aussi bénéfique pour les Européens. »

Il a reconnu que « l’Europe entretient aussi une relation très forte avec les États-Unis », mais a appelé l’UE à « voir ce qu’il se passe à Cuba, et peut-être agir différemment.»