Le ministère slovaque sème la confusion sur le respect des sanctions russes dans les projets européens

Strabag est une entreprise basée à Vienne et active dans plusieurs États membres de l’UE. L’oligarque russe Oleg Deripaska était impliqué dans l’entreprise par le biais de la holding d’investissement Rasperia, qui détient 27,8 % du géant de la construction. [Shutterstock/Roman Babakin]

Une mise en garde contre le non-respect des sanctions après les contrôles effectués par le ministère du Développement régional sur plusieurs projets financés par l’Union européenne et impliquant le géant autrichien de la construction Strabag a semé la confusion parmi les municipalités slovaques.

Strabag est une entreprise basée à Vienne et active dans plusieurs États membres de l’UE. L’oligarque russe Oleg Deripaska était impliqué dans l’entreprise par le biais de la holding d’investissement Rasperia, qui détient 27,8 % du géant de la construction.

Après que M. Deripaska a été sanctionné par l’UE en avril dernier, l’assemblée générale de Strabag a exclu Rasperia du conseil de surveillance de l’entreprise le 5 mai, ce qui aurait eu pour effet de geler les paiements de dividendes destinés à l’oligarque russe.

Malgré les garanties de Strabag et l’absence d’avertissement préalable, le ministère slovaque des Investissements et du Développement régional, responsable des fonds européens, a récemment demandé aux municipalités de lui fournir des informations sur les projets impliquant Strabag et a effectué des contrôles sur plusieurs d’entre eux.

Dans la communication finale de ces contrôles, le ministère a informé les municipalités que « si elles identifient une personne ou une entreprise sanctionnée impliquée dans leurs projets, elles doivent en informer l’autorité de gestion et s’assurer qu’aucune dépense inéligible n’est soumise à un remboursement par l’autorité de gestion ».

Lenka Kukučková, de la région autonome de Trenčín, a confié à EURACTIV que la communication du ministère suscitait des inquiétudes quant à l’éligibilité des dépenses de Strabag. Cette semaine, plusieurs municipalités ont exprimé leurs inquiétudes dans les médias.

Lorsqu’EURACTIV a demandé au ministère pourquoi Strabag posait encore problème, le ministère a répondu qu’il « ne voit aucune raison pour que les bénéficiaires s’inquiètent de l’inéligibilité des paiements » et que les informations fournies dans la communication aux municipalités ne concernaient pas Strabag.

En ce qui concerne la demande de renseignements, le ministère a fait valoir qu’il ne fait que se préparer à un éventuel renforcement des sanctions.

« La vérité est qu’aucune communication officielle n’a été adressée aux municipalités. En mars de cette année, Mme Remišová a déclaré que Strabag pourrait payer pour Deripaska, mais malheureusement, aucune déclaration publique n’a été faite pour dire que ce ne serait pas le cas », a ajouté Mme Kukučková.

« Nous avons déjà examiné cette question en mars et n’avons trouvé aucune raison de mettre Strabag à l’écart », a déclaré le ministre des Transports Andrej Doležal.

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