Le Parlement européen prend le parti de l’opposition vénézuélienne

Juan Guaido

Le Parlement européen a reconnu Juan Guaidó comme président par intérim du Venezuela puisque Nicolás Maduro « a refusé publiquement d’organiser de nouvelles élections présidentielles ».  Un article d’Euroefe.

Dans une résolution, proposée par les quatre grands partis du Parlement européen, et adopté à 439 voix pour, 104 contre et 88 abstentions, le Parlement reconnaît Juan Guaidó comme président du Venezuela « en accord avec la Constitution » et exprime son « soutien absolu à sa feuille de route ».

« C’est un plaisir d’annoncer que le Parlement européen reconnaît Juan Guaidó comme président légitime du Venezuela. Nous sommes la première institution européenne à le faire et nous demandons donc aux États membres et à la Commission européenne de faire de même au plus vite pour avoir une position forte et unie », a déclaré Antonio Tajani, président du Parlement européen, en plénière.

Le texte appelle aussi la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et les États membres de l’UE à reconnaître le président par intérim « jusqu’à l’organisation de nouvelles organisations présidentielles libres, transparentes et crédibles pour restaurer la démocratie. »

L'Europe souhaite des élections au Venezuela

Alors que les présidents d’Amérique latine reconnaissent un à un le président autoproclamé au Venezuela, le leader de l’opposition Juan Guaidó, l’UE reste réticente à emboiter le pas des États-Unis et appelle plutôt à des élections libres et crédibles.

Dans un amendement déposé à la dernière minute, le Parlement exige la libération immédiate des journalistes arrêtés dans le pays, dont une équipe de l’agence de presse espagnole EFE et deux journalistes de l’émission Quotidien.

Antonio Tajani a rappelé lors d’une conférence de presse que lui-même était journaliste de formation et a affirmé qu’il partageait personnellement la position du Parlement européen, qui « est la voix officielle, qui reconnaît le président de l’Assemblée nationale [vénézuélienne] comme président par intérim et qui demande la libération des journalistes emprisonnés par le régime de monsieur Maduro. »

Le porte-parole du Parti populaire espagnol au Parlement européen, González Pons, a réclamé la libération immédiate des journalistes détenus et a averti : « la première chose que font les tyrans c’est d’éteindre les caméras, d’écraser les stylos et de couper les micros. »

L’eurodéputé de Podemos, Miguel Urbán, a aussi demandé la libération des reporters et du « respect » pour leur travail, qu’il qualifie de « pilier fondamental de la démocratie ».

« Nous constatons, malheureusement, que trop de partenaires européens séquestrent ou enferment des journalistes et personne ne dit rien. Nous autres nous le disons, en toute circonstance, et à n’importe quel gouvernement », a-t-il affirmé.

Les eurodéputés réclament une meilleure protection des journalistes

Les eurodéputés veulent une véritable enquête sur le meurtre du journaliste slovaque Jan Kuciak et de sa compagne, ainsi qu’une meilleure protection du journalisme d’investigation.

L’eurodéputé libéral, Beatriz Becerra, a quant à elle signalé qu’il s’agissait « de la réaction typique d’un régime acculé ». Par conséquent, « il ne se contente plus d’arrêter et de torturer des enfants, mais il se met à persécuter des journalistes, qui sont ceux qui diffusent au monde l’information de ce qui se passe réellement. »

Côté français, le vote du Parlement européen a été dénoncé par Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de La France Insoumise.

Les autorités vénézuéliennes ont arrêté le mercredi 30 janvier le journaliste espagnol, Gonzalo Domínguez Loeda, la journaliste colombienne, Mauren Barriga Vargas, le photographe colombien, Leonardo Muñoz, ainsi que leur conducteur vénézuélien, José Salas. Ces quatre personnes font partie d’une équipe de l’agence EFE qui s’est rendue sur place depuis Bogota pour couvrir la crise.

Côté français, il s’agit Pierre Caillet et Baptiste des Monstiers, journalistes pour l’émission Quotidien, qui filmaient le palais présidentiel lors de leur interpellation, le 29 janvier. Depuis, le contact a été perdu. Deux journalistes chiliens ont également été expulsés.

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