Le président albanais Ilir Meta destitué

Président de la République d'Albanie Ilir Meta lors d'une interview avec la télévision russe en 2017. [Truba7113/Shutterstock]

Le Parlement a destitué le président Ilir Meta pour « violations graves » de la Constitution pendant la campagne électorale d’avril. Sur les 140 sièges du Parlement, 105 députés ont voté en faveur de la destitution de M. Meta, tandis que sept ont voté contre et trois se sont abstenus.

« Ilir Meta a trahi la mission du président de […] l’Albanie », a déclaré le Premier ministre Edi Rama dans son discours avant le vote, ajoutant qu’« Ilir Meta a humilié la constitution ».

C’est la première fois dans l’histoire de l’Albanie qu’un président est destitué par le parlement, a rapporté exit.al.

La présidence albanaise est essentiellement cérémoniale, mais elle exerce une certaine autorité sur le pouvoir judiciaire et les forces armées. Le rôle est aussi généralement considéré comme apolitique, mais M. Meta est régulièrement entré en conflit avec le gouvernement socialiste du Premier ministre Edi Rama.

Toutefois, la Cour constitutionnelle aura le dernier mot sur la question dans un délai de trois mois en approuvant ou en rejetant la révocation. Pour que la révocation soit officielle, cinq des six membres de la Cour constitutionnelle devront soutenir la révocation de M. Meta, dont au moins deux juges proposés par ce dernier.

Pendant la campagne électorale d’avril, M. Meta a accusé le gouvernement d’être impliqué dans des préparatifs visant à truquer les élections, d’être de connivence avec des bandes criminelles pour acheter des votes, et a appelé les gens à défendre leur vote. M. Meta a accusé M. Rama de diriger un « régime kleptocratique » et de concentrer tous les pouvoirs législatifs, administratifs et judiciaires entre ses mains.

La majorité a demandé la destitution de M. Meta pour « violations graves » de la Constitution, qui est l’une des deux conditions possibles pour destituer le président albanais — l’autre étant de « commettre un crime grave ». Ils ont allégué qu’il avait violé l’unité du peuple en attaquant le parti socialiste et le gouvernement pendant la campagne électorale, incité à la violence et attaqué des diplomates étrangers.

L’UE a réagi dans une courte déclaration mercredi à la décision du Parlement de ne pas autoriser les travaux des sessions parlementaires.

« Les auditions publiques et l’accès des médias au Parlement pour couvrir les travaux de sa plénière et de ses commissions sont des caractéristiques importantes d’une démocratie libérale. Nous regrettons le manque de consultations avec les médias avant l’adoption de nouvelles règles par le Parlement. Ces règles ne répondent pas aux orientations ou aux conseils de l’UE fournis dans le cadre de l’assistance IPA, lancée dans ce contexte dès 2014 », écrit le communiqué.

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