Le président bulgare estime que Poutine veut faire exploser l’UE de l’intérieur

Rosen Plevneliev. Londres, Mars 2014. [Chatham House/Flickr] [Chatham House/Flickr]

Lors d’une visite à Bruxelles, le président de la Bulgarie, un pays qui dépend à 90 % du gaz russe, a accusé Vladimir Poutine de vouloir détruire l’UE de l’intérieur.

Rossen Plevneliev, qui prenait la parole à une conférence organisée par le Centre of European Policy Studies (CEPS), a affirmé que la propagande de Poutine tentait de diviser les États membres de l’UE. 

Les chefs d’États qui dirigent par la force ont une chose en commun : ils ne respectent pas les règles, a assuré Rossen Plevneliev, selon Vesselin Zhelev, correspondant de ClubZ.

« Voyez comme M. Poutine nous submerge avec sa propagande aujourd’hui, une propagande qui pourrait faire exploser l’UE de l’intérieur », a martelé le président bulgare. « Toute crise est liée à un non-respect des règles. L’UE est un projet pour la paix, mais la paix, ce n’est pas seulement l’absence de guerre c’est aussi les droits de l’Homme et l’État de droit. Toutes les crises commencent avec la transgression de certaines règles. »

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Le dirigeant bulgare a comparé l’Ukraine et la Pologne, qui avaient des niveaux de vie et de développement économique similaires au moment de l’effondrement de l’Union soviétique, au début des années 1990.

« Aujourd’hui, la Pologne est 25 fois plus riche que l’Ukraine, grâce à l’État de droit », explique Rossen Plevneliev, qui rappelle que le rôle joué par la corruption dans l’éviction du président pro-russe Viktor Ianoukovitch, il y a un an.

Le Bulgare a également mentionné la splendeur extravagante de la maison du procureur général d’Ukraine, Viktor Pshonka, qu’il compare à l’empereur romain Caligula.

La Russie, une menace

Sous-entendant que Moscou souhaitait voir la Bulgarie dans la même situation que l’Ukraine sous Viktor Ianoukovitch, le président bulgare affirme que son pays préférerait faire le choix qu’a fait la Pologne 25 ans plus tôt.

Dans une autre référence à Vladimir Poutine, Rossen Plevneliev estime que « notre arme, c’est l’intégration. Nous devons continuer à nous intégrer, grâce à l’Union de l’énergie et à l’union bancaire. »« Notre arme, c’est la transparence », ajoute le Bulgare, saluant par là le projet de la Commission de proposer une nouvelle législation sur l’évasion fiscale des multinationales.

Sans donner de nom, Rossen Plevneliev a ensuite raillé ces « dirigeants qui montent à cheval, nagent dans des rivières ou volent avec les oiseaux », mais dont l’image si travaillée ne suffit pas à régler les problèmes de leur pays.

Pas de pitié pour la Grèce

Le président bulgare s’est également attaqué aux autorités grecques et à ce qu’il qualifie de populisme effréné de la part de Syriza. Sofia et Athènes ont pourtant jusqu’ici entretenu de bons rapports.

« Je suis alarmé de voir qu’il n’y a aucun débat en Grèce sur la façon dont ces 350 milliards d’euros ont été dépensés », souligne-t-il. Il ajoute que, selon lui, la dette grecque ne s’est pas accumulée à cause des jets américains ou des sous-marins allemands, très chers, mais à cause de « salaires et pensions artificiellement haut, au détriment des générations suivantes ».

Le seul pays qui trouve grâce à ses yeux est la Roumanie. En effet, Rossen Plevneliev voit dans ce voisin septentrional un exemple à suivre en termes de lutte contre la corruption.

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