Le Président ukrainien pourrait bien ne plus être en vie dans les prochaines 48 heures

« Il y a de quoi frémir car cet homme qui demande de l’aide et du soutien pourrait ne plus être en vie dans les prochaines 48 heures », a déclaré le Président bulgare. [Georgi Gotev]

Les dirigeants de l’Union européenne sont sous le choc après leur dernier appel vidéo avec le Président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui s’est adressé à eux comme s’il s’agissait d’un adieu, selon le Premier ministre bulgare Kiril Petkov.

Kiril Petkov a rapporté la conversation des dirigeants de l’UE avec le Président ukrainien aux journalistes en marge du sommet extraordinaire de l’Union européenne qui a eu lieu vendredi (25 février).

« Ce fut une conversation très émouvante. Le Président Zelensky, qui se trouvait dans un bunker, est arrivé et a dit : “Je ne sais pas si je vous reverrai parce que je suis sur la liste [russe] des personnes à abattre”. »

« Il y a de quoi frémir car cet homme qui demande de l’aide et du soutien pourrait ne plus être en vie dans les prochaines 48 heures. Cela a ébranlé tous les dirigeants, car c’est une chose de voir les victimes à la télévision sous forme de statistiques, mais c’est une autre chose de regarder dans les yeux quelqu’un pour qui la survie n’est qu’une question d’heures », a poursuivi M. Petkov.

Le Premier ministre bulgare a continué en disant qu’aucun État membre de l’UE n’était véritablement préparé à une invasion massive de l’Ukraine par la Russie.

L’enregistrement d’une déclaration du Président russe Vladimir Poutine annonçant le début d’une « opération militaire spéciale » dans le Donbass a été diffusé très tôt jeudi matin (heure locale) et fixait comme objectifs la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine tout en traduisant ses dirigeants devant une supposée justice.

Un tiers de l’armée ukrainienne a été détruite

« Aucun dirigeant européen ne s’attendait à une attaque aussi massive », a confié M. Petkov. « On s’attendait à ce que les chars russes entrent dans les provinces [de Donetsk et Lougansk], mais personne ne s’attendait à une attaque aussi massive avec autant de victimes. Un tiers de l’armée ukrainienne a déjà été détruite », a-t-il souligné.

« S’il y avait eu une incursion limitée, nous aurions peut-être imposé des mesures légères. Mais avec une telle incursion, personne autour de la table ne s’est prononcé en faveur de mesures légères. J’ai dit que la Bulgarie soutient d’une seule voix ces opinions, notre opinion ne sera pas évasive », a affirmé M. Petkov.

Il a ajouté que la Bulgarie avait été « suffisamment audacieuse » pour faire pression en faveur de sanctions. « Certains États voulaient des mesures liées aux exportations de pétrole que nous ne pouvons pas nous permettre en tant que tels. Mais nous avons soutenu les mesures contre les personnes qui ont décidé [du sort] de l’Ukraine », a poursuivi M. Petkov.

Selon lui, les sanctions européennes affecteront sans aucun doute de larges secteurs de l’économie russe, et elles auront un impact sur ceux qui ont décidé de suivre la voie de l’agression.

Entre-temps, les discussions concernant les sanctions se poursuivent.

Le Premier ministre bulgare a également déclaré que les troupes russes envoyées en Ukraine n’étaient pas au courant de l’opération et pensaient qu’il s’agissait d’une sorte d’exercice.

« De jeunes gens des deux côtés meurent à cause d’un seul dirigeant qui est assis à une table et prend les décisions. Ces sanctions ne feront pas de mal à Poutine, mais nous ne pouvons pas rester les bras croisés », a affirmé M. Petkov, notant que la Russie « n’est absolument pas intéressée par ce que fait l’Europe ».

Il a également commenté les propos du ministre bulgare de la Défense, Stefan Yanev, qui avait dit un jour plus tôt qu’il fallait éviter de décrire la situation comme une « guerre » car « Poutine ne fait rien de tel », qu’il ne fallait pas utiliser la « carte de la guerre » et qu’il ne fallait pas effrayer les gens. Le Premier ministre a clairement fait savoir qu’il était déconcerté par les commentaires de M. Yanev.

« Quelle carte de guerre  ? Ils ont détruit un tiers de l’armée [ukrainienne], et ici la seule chose que l’on [utilise], ce sont des missiles et le bombardement par la Fédération de Russie d’un État indépendant. On ne peut pas parler d’équilibre des forces dans ce cas, ces gens viennent d’envahir l’Ukraine », a affirmé M. Petkov.

« C’est ce qui arrive quand on ne vit pas dans une démocratie. Un seul dirigeant et ce qui lui passe par la tête détermine la vie des citoyens dans toute l’Europe », a-t-il continué, notant qu’il s’était également entretenu avec son homologue grec Kyriakos Mitsotakis pour parler de la sécurité énergétique de la Bulgarie, car « l’interconnexion gazière grecque devient un problème majeur ».

Une entreprise grecque s’occupe actuellement de la construction linterconnexion gazière IGB (également connue sous le nom de Stara Zagora-Komotini ou ICGB). Depuis plus de dix ans, les entreprises et les hommes politiques de Sofia et d’Athènes font des déclarations optimistes sur cette interconnexion, mais sa construction est toujours en cours à ce jour.

La Bulgarie s’insurge contre la société grecque en charge de la construction du gazoduc IGB

Le ministre de l’Énergie bulgare Alexander Nikolov a expliqué que la Bulgarie se trouve toujours privée de revenus en raison des retards persistants dans la construction de l’interconnexion gazière avec la Grèce.

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