Le sommet du G5 Sahel s’ouvre alors que la région s’enfonce dans la crise

Le président français Emmanuel Macron (au centre) est accueilli par le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani (troisième à d.) à son arrivée à l'aéroport international de Nouakchott en Mauritanie, ce 30 juin 2020.

Le sommet du G5 Sahel s’est ouvert ce mardi 30 juin en Mauritanie, en présence du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, venus manifester leur soutien à la région en ces temps difficiles.

L’alliance du G5, constituée de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Tchad et du Burkina Faso, principalement fondée dans le but de lutter contre le terrorisme, connaît des problèmes financiers depuis sa création. Mais ceux-ci se sont aggravés avec la pandémie de coronavirus, qui a littéralement ravagé l’économie de l’une des régions les plus pauvres du monde.

Le président mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani, qui assure actuellement la présidence tournante du G5, a accueilli ce mardi 30 juin ses homologues sahéliens, ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, et les dirigeants français et espagnol.

Premier point de l’ordre du jour : l’état d’avancement des engagements pris à Pau en janvier dernier en présence des cinq chefs d’État africains, qui incluent notamment la création de la Coalition pour le Sahel.

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Initiatives pour soutenir le développement au Sahel

Cette coalition devait normalement être créée au mois d’avril dernier et rassembler une quarantaine de membres, principalement des pays africains et européens, ainsi que des organisations internationales. Mais entretemps, le monde entier a été touché par le coronavirus.

Après ce sommet qui réunit les intervenants à Nouakchott, une seconde réunion se tiendra par vidéoconférence. Les dirigeants de l’Allemagne, de l’Italie, de l’ONU et du Conseil européen y seront conviés.

La coalition vise à regrouper toutes les initiatives internationales de soutien au Sahel pour les rendre plus efficaces autour de quatre piliers : la lutte contre le terrorisme, le renforcement des armées nationales, l’aide au développement, et le renforcement de la présence de l’État sur les territoires où il n’est plus présent, comme au Mali.

Mais sur le terrain, ces initiatives n’ont abouti à aucun résultat concret, tandis qu’Al-Qaïda, l’État islamique et leurs alliés locaux restent très actifs contre les forces internationales, les armées locales et même la population civile.

Parallèlement, les groupes terroristes se servent des conflits ethniques d’ordre structurel — tantôt raciaux, tantôt liés au contrôle des terres — pour monter les communautés les unes contre les autres et ainsi miner l’autorité de l’État. C’est notamment ce qui se passe actuellement au Mali.

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Le président sortant de la Commission européenne a souligné que l’armée française défend  seule l’honneur et la sécurité de l’Europe, dans un message assez direct à l’Allemagne.

Le 3 juin dernier, la mort du chef de la « branche sahélienne » d’Al-Qaïda, Abdelmalek Droukdel, tué par les forces françaises, a porté un coup sévère à l’organisation, mais elle ne provoquera pas la chute du groupe terroriste.

L’action de la force conjointe du G5, créée en 2017 avec un premier effectif de 5 000 hommes, n’a pas donné de résultats sur le terrain. Son inefficacité est principalement due à un manque de moyens militaires et financiers.

La dette des pays africains, un obstacle au développement

Le même problème se pose dans le domaine du développement. Les 40 projets transfrontaliers qui devaient être concrétisés entre 2019 et 2021 dans le cadre du Programme d’investissements prioritaires (PIP) sont encore en attente à cause du manque de fonds : sur les 2 milliards d’euros promis, seuls 249 millions d’euros (12 %) ont été déboursés.

Le Sahel reste donc confronté aux mêmes défis, que le COVID-19 n’a fait qu’aggraver.

Selon les observateurs présents à Nouakchott, le président mauritanien souhaiterait profiter du sommet pour appeler une fois de plus à l’annulation de la dette africaine, nécessaire pour faire face aux conséquences les plus graves de la pandémie.

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