Les dirigeants du G7 se concentrent sur le chômage et l’énergie

Family photo at G7 in Brussels (5 June 2014)

Soutenir la croissance et l’emploi reste la priorité numéro un du G7 qui réunit les sept premières économies du monde. Début juin, les dirigeants ont aussi condamné le chantage politique sur l’énergie.

L’ordre du jour du dernier G7 a été particulièrement chargé. Les dirigeants de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l’Italie, et du Japon, ainsi que le président du Conseil européen et de la Commission, se sont penchés une multitude de thèmes : économie, énergie, la lutte contre le changement climatique et politiques d’aides au développement. La première journée avait été était entièrement dédiée à la crise ukrainienne.

Le communiqué final met en avant la reprise économique au niveau mondial au cours de l’année dernière. Pour autant, les responsables politiques restent prudents, car les risques économiques ne sont pas définitivement écartés.

« Les économies avancées se rétablissent, mais il est nécessaire d’avoir une croissance continue et soutenue afin de renverser la courbe du chômage, en particulier chez les jeunes et les chômeurs de longue durée », ont déclaré les dirigeants.

Lors de la presse de conférence après le sommet, le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a expliqué qu’en dépit de la crise ukrainienne, les dirigeants ont pu aborder un grand nombre de questions internationales. Le sommet a été « bien rempli », a-t-il conclu.

Il s’est d’une part félicité de l’augmentation du PIB européen de 2 % grâce notamment à la hausse de la demande intérieure. Mais le président du Conseil européen a également indiqué que le taux de chômage restait bien trop élevé. Cependant, il a immédiatement ajouté 1,5 million de citoyen européens trouveront un emploi entre 2013 et 2015.

« L’emploi reprend, mais il augmentera seulement d’un peu plus d’1 % entre 2013 et 2015 », a-t-il ainsi commenté.

Gloire à la BCE

Les efforts doivent porter sur la suppression des obstacles qui entravent la croissance, comme la pénurie de crédit. Le premier front de lutte de la Banque centrale européenne (BCE) est la faible inflation, selon Herman Van Rompuy, car elle dessert les économies frappées par des dettes privées et publiques élevées.

Le président François Hollande a été souligné le même problème lors de sa déclaration à la presse :

« Nous ne sommes plus dans la crise. Il y a encore une stagnation dans un certain nombre de pays. Il y a même un ralentissement de la croissance qui était particulièrement vigoureuse chez les pays émergents. Il y a eu des signes encourageants venant des États-Unis depuis déjà plusieurs mois. »

Il a aussi souligné que l’économie européenne était encore dans une situation incertaine. C’est la raison pour laquelle le G7 cherche à stimuler la croissance et l’emploi, a-t-il poursuivi. La croissance pourra être d’autant plus vigoureuse que les investissements dans les nouvelles technologies et la transition énergétique seront élevés, a ajouté le président. (VIDEO – 2 :50)

Selon lui, la croissance sera plus forte si elle est tirée par la demande intérieure dans les pays qui connaissent un excédent commercial. La croissance serait plus forte si les politiques de taux de change étaient plus équilibrées et si les politiques monétaires prenaient en compte le risque de déflation qui menace dans certaines parties du globe, a-t-il expliqué.

Le rôle de la banque centrale européenne est crucial, a-t-il précisé. Il a ainsi salué la décision de la BCE d’abaisser les taux d’intérêt afin de soutenir la croissance et d’éviter la déflation.

Sur le partenariat transatlantique, le président français a souligné que les négociations avaient des chances d’aboutir tant que celles-ci étaient fondées sur le principe de réciprocité et si elles permettent la fixation de « hauts standards », qui devraient devenir à terme la référence pour toute relation commerciale.

Conférence de Paris sur le climat

Sur les points relatifs à l’énergie et le climat, le président François Hollande a expliqué qu’il importait que la France obtienne le soutien du G7 afin que la conférence de 2015 sur le climat à Paris  soit couronnée de succès. Le président américain a déjà fait des déclarations très fortes favorables à la réduction de l’utilisation du charbon dans les centrales électriques aux États-Unis ainsi qu’à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’UE est déjà mobilisée sur la question et le prochain sommet européen d’octobre sera consacré en priorité à l’énergie et au climat, a poursuivi François Hollande. Il a par ailleurs ajouté que la Chine pourrait contribuer au succès de la conférence.

En effet, la Chine et le premier pays émetteur en gaz à effet de serre, suivi par les États-Unis. À eux deux, ils représentent 40 % des émissions mondiales.

Le document final du G7 met en exergue la ferme détermination des dirigeants à adopter en 2015 « un accord mondial, un nouveau protocole ou un autre instrument légal sur la base d’un résultat consensuel qui aurait une force légale en vertu d’une convention applicable à toutes les parties, qui soit ambitieux, universel et reflète l’évolution de la situation mondiale ». Ils ont aussi décidé de communiquer leurs contributions nationales « bien en amont » de la conférence de Paris.

La sécurité énergétique et les objectifs climatiques

Le président américain, Barack Obama, aux côtés du premier ministre britannique, David Cameron, ont abordé la question de la sécurité énergétique, lors de la conférence de presse. La situation ukrainienne a montré qu’il était nécessaire de mener une action concertée dans ce domaine, a-t-il dit.

« Au G7, nous nous sommes mis d’accord pour prêter main-forte à l’Ukraine afin que le pays réduise ses risques énergétiques, notamment grâce à la diversification de ses sources d’approvisionnement. Nous aiderons également les pays en Europe centrale et orientale à renforcer leur sécurité énergétique », a déclaré le président américain.

Les dirigeants n’ont en revanche pas réussi à s’accorder en vue d’assurer l’indépendance énergétique tout en conservant une énergie peu coûteuse, ce qui permettrait à l’industrie de l’UE de renouer avec la compétitivité.

 >> Lire : La dépendance énergétique de l’UE a un prix

Le président français a fait écho à Herman Van Rompuy en affirmant que le principe de sécurité énergétique n’était pas en contradiction avec la lutte contre le changement climatique. D’après lui, l’enjeu est de trouver la méthode pour garantir que l’énergie devienne une source de croissance économique grâce à la transition énergétique qui permettrait d’atteindre les objectifs climatiques.

Les dirigeants ont adopté une série de mesures afin d’élaborer un plan d’urgence en matière d’énergie pour l’hiver prochain dans certaines régions de l’Europe. L’une des mesures consiste en la promotion d’un marché plus intégré en matière de gaz naturel liquéfié (GNL), notamment grâce à de nouvelles sources d’approvisionnement. Cependant, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a précisé que la hausse de l’approvisionnement en GNL en provenance des États-Unis n’était pas envisageable sur le court terme.

En matière de politiques de développement, les dirigeants du G7 se sont engagés à tout mettre en œuvre afin de fixer une stratégie ambitieuse et universelle après 2015, et ce à l’aide d’objectifs mesurables. Cette stratégie devrait remédier à certains échecs essuyés dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement. Elle sera plus centrée sur les gens et vouée à l’éradication de l’extrême pauvreté, à la promotion de l’aide au développement et à la mise en place d’un cadre social, économique et environnemental équilibré, ainsi qu’à la lutte contre le changement climatique. >> Lire : Le G7 accélère la cadence sur l’aide au développement (http://www. euractiv. fr/sections/aide-au-developpement/le-g7-accelere-la-cadence-sur-laide-au-developpement-302656)

François Hollande a insisté sur la nécessité d’exploiter l’intégralité des fonds destinés aux politiques d’aide au développement. Il a souligné en effet que l’Afrique serait le continent de l’avenir. La France l’a toujours dit et « le monde doit en prendre conscience », a-t-il soutenu. La communauté internationale doit faire en sorte que l’Afrique poursuive son développement dans les meilleures conditions et empêcher que ce continent soit frappé de plein fouet par les catastrophes naturelles et sanitaires, a-t-il poursuivi.

Enfin, François Hollande a souligné que la lutte contre les inégalités était un point prioritaire pour la France lors du G7. 

Natalia Alonso, la directrice du bureau européen d'Oxfam, a indiqué :« Les chefs d’État et de gouvernement du G7 n’ont pas su profiter de la crise énergétique avec la Russie pour engager l’Europe et le monde sur la voie d’une énergie propre qui permette à l’Europe de réaliser des économies et qui évite les conséquences les plus graves du changement climatique sur son territoire comme à l’étranger.

Ils accordent d’une main ce qu’ils reprennent de l’autre, en s’engageant de manière constructive en faveur de l’efficacité énergétique et des sources d’énergie renouvelables, pour lutter contre le changement climatique, mais en continuant à préconiser les ressources locales d’hydrocarbures qui sont onéreuses, polluantes et n’ont pas fait leurs preuves, comme le gaz de schiste.

La dépendance de l’Europe vis-à-vis des énergies polluantes entraîne les prix du pétrole à la hausse et contribue à accélérer le changement climatique qui, à son tour, fait grimper les prix alimentaires, en Europe et dans le reste du monde. Si les responsables politiques ne se défont pas de leur habitude de recourir aux carburants fossiles, les populations pauvres de l’Europe risquent de devoir choisir entre se chauffer et manger.

En vue du sommet de Ban Ki-moon sur le changement climatique, en septembre, l’Europe et le G7 devraient prendre des mesures vigoureuses pour nous sevrer des combustibles polluants et engager les fonds nécessaires pour financer le nouveau Fonds vert mondial pour le climat, destiné à permettre aux pays les plus pauvres de lutter contre le changement climatique. 

Les chefs d'État et de gouvernement des États-Unis, du Canada, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie, et du Japon ainsi que l'Union européenne se sont retrouvés les 4  et 5 juin à Bruxelles, pour un sommet du G7 consacré en grande partie à la politique, et notamment à la crise en Ukraine. Au menu des chefs d'État: l'économie mondiale, l'énergie, le changement climatique et l'aide au pays en développement.  

La rencontre des chefs d’État devait initialement avoir lieu à Sotchi, mais l'annexion de la Crimée par la Russie en a changé la donne et le président russe Vladimir Poutine a été exclu du G8, redevenu G7 depuis mars. 

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