Les enjeux de la visite d’Emmanuel Macron au Vatican

Vatican_Rome_CREDIT[Aurelien Guichard_Flickr]

Entretien avec le pape, déjeuner à l’ambassade, visite au Latran. La journée romaine du président français sera classique, ce mardi, mais le climat dans lequel elle a lieu beaucoup moins. Un article de notre partenaire, Ouest-France

Le Saint-Siège étant un État internationalement reconnu depuis les accords du Latran de 1929, et le pape étant un pasteur à la vocation universelle, la visite au Vatican d’un président français a toujours une saveur particulière.

Le catholicisme français a une longue et prestigieuse histoire. La laïcité à la française est une singularité que l’Église a fini par apprécier. Les diplomaties des deux États sont projetées sur de nombreux terrains communs, en Afrique comme au Moyen-Orient.

Beaucoup de choses à se dire

Le pape François et Emmanuel Macron vont donc avoir beaucoup de choses à se dire, ce mardi 26 juin. Pour se connaître, tout d’abord, car c’est leur première rencontre. L’un aime la fonction et est accusé d’être le président des riches, l’autre a passé trente ans dans les bidonvilles de Buenos Aires et se fait un honneur d’être le pape des pauvres. Certains souligneront le contraste.

D’autres pourraient être tentés de relever, au contraire, une certaine familiarité intellectuelle. Emmanuel Macron a étudié chez les jésuites et dit se faire une « haute idée des catholiques » ; le pape François est le premier pontife issu de la Compagnie de Jésus.

Les dirigeants européens recherchent l'inspiration auprès du pape

Les chefs d’État européens rencontreront le Pape François le 24 mars à Rome, avant le sommet qui devrait donner à l’UE une nouvelle direction à l’UE post- Brexit.

Mais attention aux conclusions hâtives. « Le président revendique sa formation jésuite », explique un proche de l’Élysée, « mais ce n’est pas un catholique pratiquant. C’est quelqu’un qui se définit comme agnostique ». Un agnostique nourri à l’humanisme chrétien et trop soucieux de ne pas réduire l’histoire de France aux deux derniers siècles pour confiner les relations entre l’Église et l’État au seul respect de la loi de 1905.

« Réparer le lien abîmé »

On l’a bien compris, le 9 avril, dans le discours prononcé au collège des Bernardins. Sa volonté affichée de « réparer » le lien « abîmé entre l’Église et l’État » avait parfois choqué, à droite comme à gauche. Le discours, très travaillé, récusait la tentation dogmatique de la laïcité. « Reconnaître les uns n’est pas diminuer les autres, et je considère que la laïcité n’a certainement pas pour fonction de nier le spirituel au nom du temporel, ni de déraciner de nos sociétés la part sacrée qui nourrit tant de nos concitoyens ».

Il ajoutait, quant à son rôle. « Je suis, comme chef de l’État, garant de la liberté de croire et de ne pas croire, mais je ne suis ni l’inventeur ni le promoteur d’une religion d’État substituant à la transcendance divine un credo républicain ».

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