Les États-Unis prennent de nouvelles sanctions contre la Biélorussie

Un an après l’élection qu’il juge « frauduleuse » du président de la Biélorussie, Joe Biden va signer un décret qui durcit le régime de sanctions américaines en vigueur depuis 2006, en l’élargissant à plusieurs secteurs clé de l’économie de ce pays frontalier de la Russie, selon cette même source. [EPA-EFE/YURI GRIPAS]

L’administration de Joe Biden s’apprête à durcir les sanctions contre le régime d’Alexandre Loukachenko en Biélorussie. Des personnalités, des entreprises, des entités dont le comité olympique national vont être visées. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Les États-Unis vont dévoiler lundi une volée de sanctions contre des personnalités, entreprises et entités de Biélorussie, faisant monter la pression sur le régime autoritaire d’Alexandre Loukachenko, a fait savoir à l’AFP un haut responsable de la Maison Blanche.

Un an après l’élection qu’il juge « frauduleuse » du président de la Biélorussie, Joe Biden va signer un décret qui durcit le régime de sanctions américaines en vigueur depuis 2006, en l’élargissant à plusieurs secteurs clé de l’économie de ce pays frontalier de la Russie, selon cette même source.

L’annonce américaine intervient peu après la conférence de presse annuelle du président biélorusse, qui a proclamé une fois de plus sa victoire lors d’un scrutin «totalement transparent» face à une opposition qui préparait un « coup d’État ».

Mettant directement en application ce nouveau décret présidentiel, le département du Trésor américain va, d’après le haut responsable, prendre ses « plus importantes sanctions à ce jour » contre des entreprises, personnalités et entités de Biélorussie.

Parmi elles, le Comité national olympique de Biélorussie. L’institution est visée peu après que la sprinteuse Krystsina Tsimanouskaya dit avoir été victime d’une tentative de rapatriement forcé des Jeux olympiques de Tokyo, pour avoir critiqué des responsables sportifs de son pays.

La jeune femme, qui dit craindre la prison, est désormais en Pologne, voisine de la Biélorussie et fervent soutien de l’opposition exilée.

En plus de ce scandale qui illustre « l’incapacité (de cette institution) à protéger les athlètes de la répression politique », les États-Unis accusent le Comité olympique biélorusse de « faciliter le blanchiment d’argent ».

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La fermeté est la seule réponse face à la dictature d’Alexandre Loukachenko. Outre les sanctions strictes, ceux qui s’opposent à l’oppression ont besoin de notre aide : soutien psychologique et bourses d’études pour les jeunes militants désormais exilés ; soutien aux médias et hébergement des journalistes.

Nouvelles sanctions

Washington va également sanctionner l’entreprise publique Balruskali OAO, l’un des plus gros producteurs d’engrais à base de potasse du monde, « source d’enrichissement illégal du régime », selon la même source.

Seront aussi visés «des responsables économiques de premier plan soutenant le régime», ainsi que quinze entreprises avec lesquelles ces personnes sont liées, dont la banque privée Absolutbank, et enfin des « entités » actives dans l’industrie du tabac, dans le BTP, l’énergie et les transports.

Ces sanctions sont la conséquence de « l’offensive continue contre les aspirations démocratiques et les droits du peuple de Biélorussie », mais aussi des «violations des règles internationales» et de la « corruption » du régime, a indiqué le haut responsable américain.

Les États-Unis appellent Alexandre Loukachenko, entre autres, à « libérer immédiatement tous les prisonniers politiques » et à engager un « dialogue » avec l’opposition en vue d’organiser une élection présidentielle libre, faute de quoi, indique la source, « l’administration américaine continuera à faire usage » de son pouvoir de sanctions.

Ces sanctions américaines interviennent par ailleurs dans un moment de grande tension entre les États-Unis et la Russie de Vladimir Poutine, principal allié du président biélorusse.

Joe Biden avait reçu le 28 juillet à la Maison Blanche l’opposante biélorusse en exil Svetlana Tikhanovskaïa, une marque appuyée de soutien à celle qui affirme avoir remporté la présidentielle de 2020.

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Répression en hausse

Le président de Biélorussie exerce depuis cette élection une répression qui va crescendo contre toute forme d’opposition politique et de critique émanant de la société civile.

La semaine écoulée a par exemple été marquée par l’ouverture du procès d’une des grandes figures de la contestation en 2020, Maria Kolesnikova, et par la mort suspecte du militant Vitali Chychov, retrouvé pendu en Ukraine.

Le président biélorusse a démenti lundi toute implication dans ce décès, en lançant lors de sa conférence de presse annuelle : « Chychov, mais c’est qui pour moi ou pour la Biélorussie ? […] c’est personne pour nous, qui serait allé le pendre ? ».

Il s’en est aussi pris à la sprinteuse Krystsina Tsimanouskaya : « Elle n’aurait jamais fait ça (critiqué les entraîneurs biélorusses, ndlr) seule, elle a été téléguidée par ses potes polonais », a-t-il dit.

Ces affaires viennent après des mois d’arrestations massives, exils forcés d’opposants et liquidation de nombre d’ONG et médias indépendants.

Le régime biélorusse est aussi accusé d’avoir détourné en mai un vol commercial en prétextant une alerte à la bombe, afin d’arrêter le dissident et journaliste Roman Protassevitch qui se trouvait à bord.

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