Les eurodéputés déplorent le faible rôle de l’Europe dans la crise en Syrie

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Le Parlement européen vient de lancer un appel en faveur d'une résolution internationale contraignante pour éviter tout recours à l'arme chimique en Syrie. Les ministres américains et russes des affaires étrangères devraient organiser un deuxième cycle de négociations sur la crise à Genève. 

Les eurodéputés condamnent fermement le massacre de civils par armes chimiques du 21 août 2013 dans la périphérie de Damas. Ils appellent à des mesures urgentes en vue d’empêcher l’utilisation d’armes chimiques en Syrie ou ailleurs.

Selon eux, le Conseil de sécurité de l’ONU doit obtenir dès que possible le rapport de son équipe d'inspection de l’ONU. Ils souhaitent par ailleurs que la communauté internationale détruise l'arsenal d'armes chimiques.

Ils saluent le projet russe visant à sécuriser et à détruire les armes chimiques en Syrie, ce qui implique « une réaction claire, forte, ciblée et commune, sans exclure d'éventuelles mesures de dissuasion ».

Le Parlement a aussi estimé que la Russie et la Chine devaient faire face à leurs responsabilités en tant que membres permanents du Conseil de sécurité afin de parvenir à une position commune et une solution diplomatique à la crise syrienne. En cas d'impasse du Conseil de sécurité, l'Assemblée générale des Nations-Unies devrait se saisir de la question, ajoutent les députés.

Au cours d'un débat préliminaire au vote, Catherine Ashton, la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, a expliqué aux eurodéputés que la communauté internationale se rapprochait d'un consensus sur la Syrie, et ce pour la première fois depuis longtemps.

Elle a ajouté que le régime syrien devait donner son accord à une action internationale et suivre les règles « rapidement, complètement et sans condition ».

Le chef du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a de son côté estimé que l'UE et les États-Unis ne devaient pas se laisser berner par des tactiques dilatoires syriennes.

Il a aussi condamné le faible rôle de l'UE. Selon lui, Catherine Ashton devrait se rendre aux réunions avec les ministres américains et russes à Genève pour trouver une solution.

L'eurodéputée socialiste française Catherine Trautmann indique dans un communiqué : « L'utilisation d'armes chimiques en Syrie est non seulement un crime de guerre, mais surtout un crime contre l'humanité. C’est pourquoi nous avons défendu et voté une résolution qui appelle une réaction claire, forte, ciblée et commune, sans exclure d'éventuelles mesures de dissuasion »
 
« Bachar al-Assad ne comprend que le rapport de force. Pour mettre fin à la violence et véritablement aider les Syriens et les réfugiés, nous devons être prêts à intervenir », souligne l’élue.
 
« La proposition russe sur l'arsenal d'armes chimiques du gouvernement syrien va dans le bon sens. C’est pour cette raison que nous devons maintenir la pression, notamment via une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies, prévoyant l’usage de tous les instruments prévus dans la Charte des Nations unies. La résolution appelle également au départ du dictateur Bachar al-Assad : c’est seulement par cette voie que la communauté internationale sera en mesure de construire une solution politique durable », conclut Catherine Trautmann.

Le conflit syrien constitue non seulement une menace pour la stabilité de la région, mais a coûté la vie à de nombreuses personnes ces deux dernières années.

Jusqu’au début du mois de septembre, deux millions de réfugiés syriens, dont la moitié d'enfants, ont cherché refuge dans un autre pays, selon l'ONU. Avant la fin de l'année, près de 3,5 millions de Syriens seront sûrement partis en exil.

L'UE consacre plus de 300 millions d'euros en financement destiné à résoudre la crise humanitaire dans le pays. Les eurodéputés ont également soutenu le déploiement de 19,5 millions d'euros en nourriture, abris et fournitures médicales.

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