Les Européens pressent Israël de cesser d’accroître ses colonies

Suite à l’annonce d’une nouvelle audience dans le dossier des familles palestiniennes menacées d’éviction au profit de colons israéliens à Jérusalem-Est, de nouveaux heurts ont éclaté jeudi soir (6 mai) dans ce quartier de Jérusalem. La veille, Une vingtaine de Palestiniens avaient été blessés dans des affrontements avec la police israélienne. [EPA-EFE/ABIR SULTAN]

Paris, Berlin, Londres, Rome et Madrid demandent à Israël de « mettre un terme à sa politique d’extension des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés », qualifiées d’« illégales », et de cesser les expulsions à Jérusalem-Est, dans un communiqué commun publié jeudi (6 mai).

Les cinq pays européens prient notamment le gouvernement israélien de « revenir sur sa décision de procéder à la construction de 540 nouvelles unités de logements dans la colonie de Har Homa E en Cisjordanie occupée », fondée en 1997, et de « mettre un terme à sa politique d’extension des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés ».

La décision d’accroître les colonies à Har Homa « s’ajoute à l’accélération de la colonisation à Givat HaMatos et à la poursuite des expulsions à Jérusalem-Est, en particulier à Cheikh Jarrah », soulignent les chancelleries française, britannique, allemande, espagnole et italienne.

« Les colonies sont illégales au regard du droit international et font peser une menace sur les perspectives de règlement pacifique du conflit israélo-palestinien », déplorent les signataires du communiqué, en appelant Israéliens et Palestiniens à « s’abstenir de toute initiative unilatérale » et à « reprendre un dialogue crédible et véritable pour progresser sur la voie de la solution des deux États ».

La Cour suprême israélienne a fixé à lundi (10 mai) une nouvelle audience dans le dossier des familles palestiniennes menacées d’éviction au profit de colons israéliens à Jérusalem-Est, où des manifestations quotidiennes de soutien sont émaillées de heurts avec la police.

Suite à cette annonce, de nouveaux heurts ont éclaté jeudi soir (6 mai) dans ce quartier de Jérusalem. Le ténor de l’extrême-droite israélienne, Itamar Ben Gvir, député de la formation « Sionisme religieux », s’est rendu sur place pour soutenir une famille de colons, en répétant en hébreu « cette maison est à nous ».

Des Palestiniens ont lancé des projectiles sur une tente disposée devant une maison par des colons et ont échangé des injures avec le député Ben Gvir. Dans la foulée, la police israélienne a indiqué avoir arrêté sept personnes et jugé la situation « sous contrôle ».

Une vingtaine de Palestiniens avaient été blessés mercredi soir (5 mai) dans des affrontements avec la police israélienne, ont rapporté les services de secours palestiniens. La police a fait état de onze manifestants arrêtés « pour atteinte à l’ordre public et attaque contre des policiers ».

Au cœur de la dispute : la propriété foncière de terres sur lesquelles sont construites plusieurs maisons dans lesquelles vivent quatre familles palestiniennes.

Le tribunal de district de Jérusalem a rendu en début d’année une décision favorable aux familles juives qui revendiquent des droits de propriété dans ce quartier de Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé et annexé par Israël.

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