Les gilets jaunes provoquent une crise diplomatique entre la France et l’Italie

EPA-EFE/MASSIMO PERCOSSI

Une rencontre entre les gilets jaunes et le ministre du travail italien, Luigi Di Maio, a mis le feu aux poudres entre Paris et Rome, dont les relations se sont dégradés ces derniers mois.

Alors que la liste des candidats issus des gilets jaunes pour les élections européennes se fait attendre, certains représentants du mouvement ont rencontré le 5 février le vice-premier ministre du travail italien, Luigi Di Maio.

Le chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S) a rendu publique cette rencontre inattendue sur Twitter, en évoquant une rencontre avec des candidats de la liste « Ralliement d’initiative citoyenne » (RIC), dont seuls quelques candidats ont été annoncés sur les 79 nécessaires pour se présenter au scrutin européen de mai 2019.

Tweet de Luigi Di Maio: «Aujourd’hui avec @ale-dibattista nous avons fait un saut en France et rencontré le leader des gilets jaunes, Christophe (sic) Chalençon et les candidats aux Européennes de la liste RIC d’Ingrid Levavasseur. Le vent du changement a traversé les Alpes. »

La rencontre s’est cependant déroulée sans Ingrid Levavasseur, tête de liste RIC et figure phare du mouvement. Selon Le Monde,  Ingrid Levavasseur a affirmé être opposée à toute rencontre politique avant la constitution définitive de la liste de candidats.

Les listes « gilets jaunes » se multiplient à l'approche des élections européennes

Avec l’annonce d’une troisième liste de gilets jaunes pour les élections européennes, la division semble guetter le mouvement. Qui a cependant réussi à faire de la fiscalité un des sujets centraux du scrutin de mai 2019 auprès des Français.

Pour autant, plusieurs membres du RIC ont participé à la rencontre avec le ministre italien, dont Christophe Chalençon, une des figures médiatiques, mais contestées, du mouvement des gilets jaunes. Cette rencontre officialisée par les Italiens s’ajoute au soutien déjà affiché par Luigi Di Maio aux gilets jaunes dès le début du mois de janvier.

Le ministre dont le parti s’est allié à l’extrême droite pour gouverner l’Italie avait alors comparé les gilets jaunes au Mouvement 5 étoiles italien. Et critiquer par la même occasion le gouvernement français, l’accusant de mener des politiques « dommageables non seulement pour les citoyens français, mais aussi pour l’Europe ».

Le ministre italien Luigi Di Maio soutient les Gilets jaunes

Luigi Di Maio, ministre du Travail et des Affaires sociales et leader du mouvement 5 étoiles qui s’est allié à l’extrême-droite pour gouverner, assimile les Gilets jaunes à son propre mouvement. Et critique ouvertement le gouvernement français.

Le mouvement populiste italien siège déjà au Parlement européen depuis les dernières élections européennes, aux côtés des Britanniques de l’UKIP au sein du groupe EFDD. Le Mouvement 5 étoiles devra cependant remplacer  ses alliés britanniques lors de la prochaine mandature du Parlement, à l’aune du Brexit.

Clash diplomatique

Côté Français, la rencontre a soulevé la colère du gouvernement. À tel point que l’ambassadeur français en Italie a été rappelé à Paris « pour consultation » a précisé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué le 7 février.

« Les dernières ingérences constituent une provocation supplémentaire et inacceptable. Elles violent le respect dû au choix démocratique, fait par un peuple ami et allié. Elles violent le respect que se doivent entre eux les gouvernements démocratiquement et librement élus. » a asséné le Quai d’Orsay.

« La campagne pour les élections européennes ne saurait justifier le manque de respect de chaque peuple ou de sa démocratie », détaille le communiqué.

Les relations entre l’Italie et la France se sont crispées depuis plusieurs mois avec l’entrée au gouvernement de l’extrême-droite italienne. Matteo Salvini, patron de la Ligue et homme fort du gouvernement italien, a régulièrement critiqué en public Emmanuel Macron, une pratique habituellement proscrite entre chefs d’État et de gouvernement européens.

Autre pomme de discorde, le refus italien d’accueillir les réfugiés rescapé de la Méditerranée avait été pointé du doigt par la France, et envenimé les relations transalpines.

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Steeve Banon en embuscade

Les gilets jaunes ont aussi attiré l’attention de Steeve Banon, l’ancien conseiller du président Donald Trump. Embarqué dans une campagne visant à fédérer les forces populistes en Europe, le conseiller s’essaye depuis plusieurs mois aux rapprochements avec diverses formations politiques anti-européennes ou d’extrême droite.

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«  Au pays de la Révolution française, le mouvement des gilets jaunes mène aujourd’hui la mère des batailles. Ils sont une inspiration pour le monde entier », a déclaré Steeve à l’hebdomadaire L‘Express.

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