Les ministres de l’UE envisagent des mesures en réponse à la répression de manifestants au Kazakhstan

Le ministre français chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, s’adresse aux journalistes à son arrivée à une réunion des Affaires générales à Luxembourg, le 22 juin 2021. [Pool/EPA/EFE]

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE discuteront cette semaine des éventuelles mesures à prendre pour répondre à la répression des manifestations antigouvernementales qui ont eu lieu au Kazakhstan la semaine dernière. C’est ce qu’a annoncé un ministre français dimanche (9 janvier).

« [Ils discuteront] des mesures que pourrait prendre l’Europe afin de faire comprendre que l’on ne peut pas réprimer un peuple et des manifestants qui se rebellent face au coût de la vie», a expliqué le ministre français chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, à CNEWS.

Dimanche, les autorités du Kazakhstan ont déclaré que la situation se stabilisait dans le pays, après que ce dernier ait connu les plus importants troubles politiques depuis son indépendance il y a 30 ans. Les autorités kazakhes ont également indiqué que les troupes d’une alliance militaire dirigée par la Russie gardaient les infrastructures clés.

La France, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’UE, accueillera une réunion ministérielle informelle des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’Union à Brest les 13 et 14 janvier.

Les dirigeants de Nursultan et du bloc ne sont pas d’accord sur l’analyse à faire de la crise au Kazakhstan.

Au total, 7 939 personnes ont été arrêtées et des bâtiments publics ont été incendiés lors des manifestations antigouvernementales de masse de la semaine dernière. Le Président Kassym-Jomart Tokayev a donné l’ordre de tirer sur les manifestants pour mettre fin à  l’agitation. Ces violences ont suscité des interrogations quant à l’existence d’un clivage au sein même de l’élite au pouvoir, M. Tokayev luttant pour consolider son autorité après avoir renvoyé des fonctionnaires clés et démis l’ancien Président Noursoultan Nazarbaïev de son poste crucial de chef du Conseil de sécurité. Le limogeage de plusieurs hauts fonctionnaires a été annoncé sur le site Internet du Président.

Le ministère des Affaires étrangères du Kazakhstan a reproché à « certains médias étrangers » de présenter la situation comme de la violence policière dirigée contre des manifestants pacifiques qui sont descendus dans les rues en raison de la hausse du prix du gaz.

« Des rassemblements pacifiques ont eu lieu dans la région de Mangystau et dans toutes les grandes villes du pays. Les demandes des manifestants ont été pleinement satisfaites. Cependant, les manifestations pacifiques ont été détournées par des groupes terroristes, extrémistes et criminels dans le but d’accroître les tensions et la violence. À cet égard, l’état d’urgence a été déclaré dans le pays », a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié dimanche.

Les autorités kazakhes attribuent ces troubles à des terroristes formés à l’étranger, sans pour autant préciser qui ils sont, d’où ils viennent et qui les finance.

« Le Kazakhstan a été victime d’une agression armée par des groupes terroristes bien organisés et entraînés à l’étranger. Selon les informations recueillies jusqu’à présent, les responsables de ces attaques comptent parmi eux des individus possédant une expérience en zone de combat militaire dans les rangs de groupes islamistes radicaux. Actuellement, les forces de l’ordre et les forces armées du Kazakhstan sont confrontées à des terroristes et non à des “manifestants pacifiques” comme certains médias étrangers le décrivent à tort », a expliqué le ministère.

Les forces de l’ordre kazakhes auraient reçu l’ordre de mener une enquête à grande échelle sur les origines de la crise actuelle, et leurs résultats devraient être présentés à la communauté internationale par la suite.

Le Kazakhstan souligne également qu’il maîtrise la situation et que les troupes de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), qui est dirigée par la Russie, se trouvent sur son territoire à titre temporaire.

La Russie envoie des militaires au Kazakhstan pour réprimer un soulèvement antigouvernemental

Jeudi (6 janvier), la Russie a envoyé des unités de parachutistes au Kazakhstan pour réprimer un soulèvement populaire après que des violences meurtrières se soient propagées dans cet ancien État soviétique étroitement contrôlé.

« Il est important de noter que les principales opérations de lutte contre les groupes terroristes sont menées par les forces de l’ordre et les forces armées du Kazakhstan. La force de maintien de la paix de l’OTSC est présente au Kazakhstan à titre temporaire uniquement et quittera le pays dès que la situation se sera stabilisée, et ce à la demande du Kazakhstan », ont déclaré les autorités kazakhes.

Les médias russes et d’État ont rapporté que 164 personnes avaient été tuées lors des affrontements, en se référant à un message du gouvernement sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, le 10 janvier 2022 est déclaré jour de deuil national dans le pays.

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