Les ministres européens se rendent à Kiev avant d’éventuelles sanctions

smoke_at_maidan.jpg

La visite en Ukraine de chefs de la diplomatie européenne a finalement eu lieu, malgré la poursuite des affrontements. Les ministres des Affaires étrangères doivent s'accorder dans la journée sur d'éventuelles sanctions à l'encontre des responsables de ces violences. 

Les violents affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre dans la capitale ukrainienne ont failli avoir raison de la visite des ministres français, allemand et polonais des Affaires étrangères en Ukraine.

« La rencontre a été annulée pour des raisons de sécurité. Il n'y a plus d'endroit sûr dans le centre de Kiev »,  indiquait ce matin à l'AFP une responsable occidentale. Le voyage diplomatique a finalement été maintenu, selon le Quai d’Orsay.

Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française, et ses homologues allemand Frank-Walter Steinmeier et polonais Radoslaw Sikorski sont arrivés aujourd’hui à Kiev pour une rencontre éclaire avec le président ukrainien Viktor Ianoukovitch avant de revenir à Bruxelles pour un conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne.

Visite éclaire

Les ministres des Vingt-Huit devraient évoquer de possibles sanctions ciblées contre les responsables des violences du 18 février.

Selon des responsables de l'UE, Viktor Ianoukovitch ne sera pas visé par ces sanctions, et ce afin de laisser des possibilités de dialogue. En revanche, les avoirs de certains responsables pourraient être gelés, de même que leurs facultés à voyager seraient limitées.

Aux États-Unis, où Barack Obama a mis en garde sur les « conséquences » des violences et demandé à ce que « l'armée ukrainienne n'intervienne pas dans un ensemble de problèmes qui devraient être résolus par les civils », un responsable du département d'État a indiqué que l'administration était prête à imposer des restrictions de visa à vingt hauts responsables du gouvernement ukrainien et à examiner d'autres sanctions en coordination avec les Européens.

Les affrontements se poursuivent

La trêve négociée entre pouvoir et opposition à l’issue des affrontements meurtriers qui ont fait au moins 26 morts et plus de 600 blessés le 18 février a échoué.

Les manifestants hostiles au président ukrainien Viktor Ianoukovitch ont repris aujourd'hui (20 février) le contrôle de la place de l'Indépendance à Kiev après de nouveaux affrontements avec la police anti-émeutes à l'issue desquels des corps recouverts de couvertures gisaient à même le sol.

Un photographe de Reuters a vu 15 cadavres sur ou à proximité de la place, surnommée Maïdan, occupée par des manifestants depuis que Viktor Ianoukovitch a renoncé en novembre à un accord d'association avec l'Union européenne au profit d'un rapprochement avec la Russie.

Sur des images de la télévision ukrainienne, on a pu voir des policiers emmenés de force par des hommes en tenue de combat.

Lançant des pierres et des bombes incendiaires, des manifestants ont chargé en direction de secteurs de la place proches de la présidence et du parlement occupés par les forces de l'ordre depuis un assaut mardi soir.

Selon une déclaration des services de la présidence ukrainienne les manifestants « passaient à l'offensive. Ils travaillent en groupes organisés. Ils utilisent des armes à feu, y compris des fusils de sniper. Ils tirent pour tuer ».

Angela Merkel et François Hollande indignés

« Les images que nous recevons depuis hier sont choquantes », a dit la chancelière Angela Merkel à l'issue du conseil des ministres franco-allemand le 19 février à l'Élysée. « Il se produit en Ukraine des actes inqualifiables, inadmissibles, intolérables », a estimé pour sa part François Hollande

La Russie a promis quant à elle d'utiliser son influence pour ramener la paix chez un « État frère » et a dénoncé des violences qui sont selon elle le fait « d'extrémistes » tentant de fomenter un coup d'État.

Le gouvernement ukrainien a annoncé le 21 novembre 2013 qu'il avait décidé de ne pas ratifier l'accord d'association avec l'UE.

À la suite de l'annonce du rejet de l'accord d'association par le président ukrainien, des centaines de milliers d'Ukrainiens ont battu le pavé et réclamé la démission du président, évènement connu sous le nom de « manifestations d’Euromaidan ».

Dans le même temps, Viktor Ianoukovitch a préféré un renflouement de 15 milliards de dollars (11 milliards d'euros) accordé par la Russie.

Le 18 février, au moins 26 personnes ont perdu la vie lors de ce qui a été les plus durs affrontements depuis le début des manifestations. Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a accusé les dirigeants de l'opposition proeuropéenne d'essayer de s'emparer du pouvoir.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.