Les socialistes européens soutiennent Federica Mogherini au poste de haute représentante

Federica Mogherini. Athènes, février 2014. [GreeceMFA/Flickr]

Les premiers ministres socialistes se réunissent ce 16 juillet pour appuyer la candidature de Federica Mogherini au poste de haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Mais au moins quatre pays d’Europe de l’Est devraient s’opposer à la candidature de l’Italienne.

Gianni Pittella, le chef du groupe S&D au Parlement européen, a indiqué le 15 juillet que les socialistes européens appuyaient la candidature de Federica Mogherini au poste de haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères.

Sergueï Stanichev, président du Parti socialiste européen (PSE), a organisé une réunion avant le sommet européen à Bruxelles. De nombreux premiers ministres de la famille socialiste y participeront : Matteo Renzi (Italie), Helle Thorning-Schmidt (Danemark), Elio Di Rupo (Belgique), Werner Fayman (Autriche), Joseph Muscat (Malte), Plamen Orecharski (Bulgarie) et Zoran Milanovi? (Croatie).

L’ancien premier ministre bulgare Sergeï Stanichev a expliqué avoir envoyé une lettre aux chefs d’État et de gouvernement socialistes leur demandant de soutenir les candidatures socialistes à la Commission.  Un appel contre la candidature de Kristalina Georgieva, l’actuelle commissaire en charge de l’aide humanitaire, qui semble être la favorite aux yeux du président de la Commission, Jean-Claude Juncker. L’ancienne vice-présidente de la Banque mondiale n’est officiellement membre d’aucun parti politique, mais elle a été désignée il y a cinq ans par le premier ministre de l’époque, Boïko Borissov du parti GERB, affilié au PPE.

>> Lire : La commissaire bulgare favorite de Juncker pour diriger la diplomatie de l’UE

Federica Mogherini, 41 ans, part en pole position pour occuper cette haute fonction européenne, même si la Pologne et les pays baltes ont des appréhensions quant à son manque d’expérience et à son attitude trop favorable à la Russie dans la crise ukrainienne.

Les dirigeants du Parti populaire européen (PPE) se réuniront également avant le sommet européen. Douze chefs d’État et de gouvernement ont confirmé leur présence.

Le sommet européen prendra la forme d’un dîner. Les leaders politiques devraient très certainement discuter d’une nouvelle phase de sanctions contre la Russie dans le contexte de la crise ukrainienne. Des sources diplomatiques ont toutefois prévenu que la mise en place de sanctions économiques globales était improbable.

Selon un diplomate français, les chefs d’État européens discuteront d’un certain nombre de désignations, dont celles du successeur du président du Conseil Herman Van Rompuy, mais aussi de la présidence de l’Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro. À l’issue du sommet, seul le nom du  prochain haut représentant aux affaires étrangères devrait être connu, même si la France n’écarte pas l’idée de négocier un « paquet » comprenant les trois nominations. 

« Je ne m’attendrais pas à un accord sur l’ensemble des postes », a relativisé un proche des négociations. « Je pense qu’ils vont s’accorder sur le haut représentant [aux affaires étrangères], une pièce cruciale du puzzle. L’objectif est de finaliser l’accord d’ici la fin du mois de juillet. »

Répartition homme/femme

La sélection des candidats commissaires n’est pas aisée étant donné les disparités entre les 28 États membres de l’UE. Les eurosceptiques britanniques veulent par exemple quitter l’Union et, en Grèce, on a évité de justesse ce scénario.

D’autres postes importants doivent être distribués : le portefeuille des affaires économiques, de la concurrence, du commerce, marché intérieur et politique énergétique.

Confirmé hier par le Parlement, Jean-Claude Juncker se rendra au sommet en tant que président élu de la Commission européenne. Il constituera ensuite son équipe au début du mois d’août en fonction des propositions des gouvernements nationaux.

Les compétences, les orientations politiques et l’expérience détermineront le choix que posera le Luxembourgeois. Il devra également tenir compte des répartitions homme/femme, des partis politiques des candidats et de la taille des pays.

La Grande-Bretagne a des difficultés à garantir un poste important pour son candidat, Jonathan Hill, un député peu connu du grand public. Il soutient la stratégie du premier ministre, David Cameron, visant à renégocier le statut du Royaume-Uni dans l’UE avant la tenue d’un référendum prévu en 2017 sur le maintien ou non dans l’UE.

David Cameron, qui n’a pas réussi à éviter la nomination de Jean-Claude Juncker, a remanié son gouvernement le 15 juillet. Il y introduit plus d’eurosceptiques, dont le nouveau ministre des Affaires étrangères, Philip Hammond. David Cameron aurait en grande partie choisi Jonathan Hill, car il veut éviter d’organiser des élections partielles. En effet, Jonathan Hill fait partie de la Chambre des Lords, dont les membres ne sont pas élus, mais désignés.

La Grande-Bretagne pourrait crier victoire si la première ministre danoise sociale-démocrate, Helle Thorning-Schmidt, devient la prochaine présidente du Conseil européen. En effet, elle entretient de bonnes relations avec David Cameron, ce qui pourrait être à son avantage lors des sommets européens.

Alors qu’elle bénéficie d’un large soutien, la France pourrait s’opposer à sa candidature, car le Danemark ne fait pas partie de la zone euro.

« Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient trouver une proposition courageuse et désigner une personnalité forte au poste de haut représentant et de vice-président de la Commission. À la lumière des crises diplomatiques récentes avec la Russie et le Moyen-Orient, l'UE a plus que jamais besoin d’un «ministre des affaires étrangères» expérimenté et accompli. La proposition des sociaux-démocrates de désigner la ministre italienne des Affaires étrangères, qui n’a occupé son poste que quelques mois, ne remplit pas ces exigences » a déclaré Michael Gahler, porte-parole du PPE à la commission sécurité et défense du Parlement européen. 

Le Parlement élit à la majorité le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil européen votée à la majorité qualifiée. Le choix du candidat à la présidence de la Commission devrait prendre en compte les résultats des élections du Parlement européen.

Ensemble avec le futur président de l'exécutif, le Conseil adopte ensuite la liste des autres membres du collège des commissaires. Ce sont les États membres qui proposent leur candidat commissaire. L’ensemble de la Commission est également soumis à l'approbation du Parlement européen. Le collège des commissaires est ensuite officiellement désigné par le Conseil européen à la majorité qualifiée.

 >> Lire notre LinksDossier hautes fonctions européennes : à qui le tour ? et notre page sur la nouvelle Commission

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