Liban : l’UE prépare « le bâton et les carottes »

Les dirigeants libanais ne manquent jamais une occasion de se prononcer en faveur de réformes, notamment après l'explosion meurtrière et dévastatrice du 4 août au port de Beyrouth. Mais neuf mois plus tard, absorbés par des marchandages interminables, ils n'arrivent toujours pas à doter le pays d'un nouveau gouvernement. [Hiba Al Kallas]

L’Union européenne a déploré lundi l’impasse politique au Liban et prépare des sanctions individuelles contre les dirigeants politiques jugés responsables du blocage, a annoncé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

« Nous travaillons sur le bâton et les carottes. Toutes les options sont examinées pour mettre la pression sur les membres de la classe politique qui empêchent de sortir de l’impasse », a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles.

« Nous avons été informés de la situation par Jean-Yves le Drian, qui s’est rendu vendredi dernier au Liban », a-t-il précisé.

Le ministre français a brandi à Beyrouth la menaces de sanctions contre les responsables de l’impasse politique, afin de prévenir un « suicide collectif » pour le pays en plein effondrement.

Liban : la France demande à l'UE d'actionner des "leviers" contre des responsables politiques

Le gouvernement actuel, qui gère les affaires courantes, a démissionné en août après l’explosion dévastatrice du port de Beyrouth (plus de 200 morts, des milliers de blessés).

Paris a récemment adopté des restrictions d’accès au territoire français à l’encontre de personnalités libanaises jugées responsables du blocage, sans dévoiler leur identité.

La France a été très claire sur ce qui peut être fait, a souligné un diplomate européen. Toutes les options sont étudiées et si cela se passe bien, l’UE est disposée à aider le Liban, a-t-il expliqué.

« Mais pour le moment, l’impasse demeure. L’UE étudie donc des pressions individuelles a exercer sur les dirigeants politiques qui empêchent la formation d’un gouvernement et l’adoption des réformes », a-t-il précisé.

Les dirigeants libanais ne manquent jamais une occasion de se prononcer en faveur de réformes, notamment après l’explosion meurtrière et dévastatrice du 4 août au port de Beyrouth. Mais neuf mois plus tard, absorbés par des marchandages interminables, ils n’arrivent toujours pas à doter le pays d’un nouveau gouvernement. Le Liban connaît une dépréciation historique de sa monnaie. Plus de la moitié de ses habitants vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, selon l’ONU.

Liban: le gouvernement démissionne six jours après l'explosion à Beyrouth

Le Premier ministre libanais Hassan Diab a annoncé lundi 10 aout dans la soirée la démission de son gouvernement, après le départ de plusieurs membres de son équipe sous la pression de la rue qui accuse la classe politique d’être responsable de l’explosion dévastatrice au port de Beyrouth.

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