L’opposition roumaine juge le plan de relance déséquilibré

"Le but d'un tel plan est d'assurer une certaine forme d'équilibre entre les régions et de construire une Europe harmonisée", Marcel Ciolacu a souligné [Bureau de Marcel Ciolacu]

Lors d’une interview pour EURACTIV.com, le chef de la principale opposition en Roumanie, le Parti social-démocrate (PSD), Marcel Ciolacu est revenu sur le plan de relancé proposé par le pays. Il le juge déséquilibré économiquement et biaisé politiquement car il se concentre sur les investissements dans les régions riches tout en négligeant les zones plus pauvres dirigées par les autorités locales de gauche.

« Les projets les plus importants inclus dans ce plan visent uniquement les autorités locales qui ont été remportées aux élections locales par le Parti national libéral« , a déclaré Marcel Ciolacu.

« C’est un fait bien connu que la principale source de migration en provenance de Roumanie provient de certaines régions, comme celles du sud de la Moldavie ou de Munténie, et le plan de résilience a tendance à ignorer ces zones« , a-t-il dit, ajoutant que sans un soutien sérieux, la migration ne sera pas stoppée à partir de ces zones.

« Le but d’un tel plan est d’assurer une certaine forme d’équilibre entre les régions et de construire une Europe harmonisée« , a-t-il souligné, ajoutant que pour cette même raison, la Commission européenne a rejeté à deux reprises le projet de plan de relance de la Roumanie.

En début de semaine, Marcel Ciolacu s’est entretenu avec le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, également social-démocrate, et son collègue Nicolas Schmit, responsable du portefeuille de l’emploi.

Selon lui, les deux commissaires ont pu constater qu’aucun dialogue social n’avait eu lieu avant l’élaboration du plan de la Roumanie.

« Ce plan n’appartient pas à un certain gouvernement, il doit fournir une vision globale pour la Roumanie« , a-t-il insisté, précisant que sa proposition au président roumain Klaus Iohannis de réunir toutes les forces politiques et de discuter de la question avait été rejetée.

La Roumanie n’est pas prête pour la zone euro

Interrogé sur les espoirs de Bucarest dans la zone euro, Marcel Ciolacu s’est montré pessimiste, affirmant que le pays ne remplit actuellement pas les critères.

« Il serait très difficile de soutenir une telle revendication, car la Roumanie a actuellement la plus grande dette publique de l’histoire, 50% du PIB, et le déficit le plus élevé, à 10%, après 1989 et le traité de Maastricht« , a-t-il déclaré.

[édité par Mathieu Pollet]

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer