L’Otan restreint l’accès de son siège aux diplomates du Bélarus

"Nous avons décidé de limiter l'accès du personnel bélarusse au quartier général de l'Otan", à Bruxelles, a déclaré son secrétaire général, Jens Stoltenberg, au cours d'une conférence de presse. [OLIVIER HOSLET / EPA]

L’Otan a décidé de restreindre l’accès de son siège aux diplomates du Bélarus, pays membre du partenariat euro-atlantique, pour sanctionner la décision de Minsk de détourner un avion de ligne européen afin d’arrêter un opposant, a annoncé lundi l’organisation.

« Nous avons décidé de limiter l’accès du personnel bélarusse au quartier général de l’Otan », à Bruxelles, a déclaré son secrétaire général, Jens Stoltenberg, au cours d’une conférence de presse.

La mesure concerne cinq diplomates, dont l’ambassadeur du Bélarus auprès de l’Otan, qui seront autorisés à se rendre au siège de l’Alliance avec le statut de « visiteur » après avoir obtenu une autorisation et qui seront accompagnés durant leur déplacement, a-t-on précisé de source interne.

« Les Alliés ont fermement condamné une violation des règles internationales et une attaque contre la liberté d’expression » par les autorités du Bélarus, a-t-il rappelé.

« Nous saluons les sanctions prises par les alliés de l’Otan, y compris les restrictions d’accès imposées à la compagnie du Bélarus et nous demandons la libération immédiate des personnes arrêtées », a-t-il ajouté.

Les émissions explosent alors que les compagnies aériennes évitent l'espace aérien du Belarus

Les détours empruntés par les compagnies aériennes pour éviter de pénétrer dans l’espace aérien du Belarus à la suite de l’atterrissage forcé d’un avion de Ryanair sont responsables d’environ 250 000 kg supplémentaires d’émissions de CO2 par jour.

Le Bélarus a contraint le 23 mai un avion de la compagnie Ryanair en provenance d’Athènes et à destination de Vilnius à se dérouter pour se poser à Minsk, arguant d’une alerte à la bombe. Deux passagers, le journaliste dissident bélarusse Roman Protassevitch et son amie russe Sofia Sapega, ont été arrêtés.

L’UE, dont 22 pays sont membres de l’Otan, a décidé d’interdire son espace aérien et ses aéroports aux avions du Bélarus et a recommandé aux compagnies européennes d’éviter l’espace aérien de ce pays.

Les dirigeants européens ont également demandé la préparation de sanctions économiques sectorielles afin de frapper le régime du président bélarusse Alexandre Loukachenko au portefeuille. Elles devraient être soumises aux ministres des Affaires étrangères de l’UE lors de leur réunion le 21 juin à Luxembourg.

Le Bélarus a ouvert une mission diplomatique auprès de l’Otan en avril 1998, six ans après avoir adhéré au Conseil de coopération nord-atlantique, devenu en 1997 le Conseil de partenariat euro-atlantique, un forum qui réunit tous les pays alliés et partenaires de la zone euro-atlantique.

La coopération bilatérale a débuté en 1995, lors de l’adhésion du Bélarus au programme du Partenariat pour la paix. Il permet à des ressortissants du Bélarus de suivre des formations dans des pays de l’Otan pour « la préparation civile, la gestion des crises, la maîtrise des armements, la défense aérienne, le contrôle de la circulation aérienne, les télécommunications, le traitement de l’information, ainsi que la formation linguistique et la formation militaire », précise l’Otan.

Journaliste bélarusse arrêté : Loukachenko chez son allié Poutine

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko, sous pression des Occidentaux depuis l’interception d’un avion et l’arrestation d’un journaliste à bord, doit s’entretenir vendredi (28 mai) en Russie avec son allié Vladimir Poutine.

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